A l’invitation de notre ami François Laurent, Président de l’Adetem, voici le compte-rendu (en images grâce à Yves Duron et son iPHONE, merci Orange
) de la réunion de ce matin, à la Résidence Maxim’s, près du Théâtre Marigny et des Champs Elysées. Le sujet en était la présentation par LH2 (alias Louis Harris) et AMI d’un nouvel outil de pilotage stratégique s’appuyant sur l’analyse de la « blogosphère ». Présentation fort intéressante car les présentateurs se sont livrés à des descriptions détaillées d’exemples concrets, et notamment Société Générale et l’Aspartam (voir compte-rendu ci-après).
Mais la question fondamentale fut posée par Grégory Pouy de Buzzparadise qui a insisté sur la nécessité de mesurer en profondeur et de façon plus qualitative les billets et les humeurs. Toutes les rumeurs ne sont pas équivalentes. Gilbert Réveillon de l’Echangeur a quant à lui insisté sur le fait que nombre de rumeurs se transmettent par bouche à oreille sur des médias encore plus réactifs que les blogs (l’IM par exemple et MSN/Live messenger en particulier, particulièrement prisé des jeunes, sans parler de Twitter et surtout Facebook).
Pour ma part j’ai relevé la nécessité de faire intervenir une notion supplémentaire, qui est l’autorité du média. Le Monde par exemple peut publier un article qui ne sera lu que d’une élite, mais qui fera néanmoins parler de lui – à cause de cette élite justement – et qui générera un buzz et des commentaires (qualitatif, non quantitatif). Ainsi, beaucoup des blogs cités dans la réunion sont des supports qui ne font que reprendre l’information des médias et l’amplifier, la déformer. Ceci est-il à rapprocher de la remarque de LH2 que – en prenant l’exemple de la SG – les clients ne sont pas inquiets ? Pourquoi pas. D’ailleurs, la rumeur Kerviel n’est pas venue des blogs.
Je vois en conclusion, sur la nécessité de suivre les blogs et de mesurer le buzz, plus une dimension positive qu’une dimension négative. L’importance des rétro-liens, Grégory a raison, prouve peut-être que les bloggueurs se lisent entre eux, mais pas que les non bloggueurs ni quels non bloggueurs les lisent (en bref, les dindes qui votent pour Noël). Mais j’ai la sensation que cette dimension de rapport – ambiguë – entre médias d’autorité et médias de liberté n’est pas complètement analysée.
Les blogs se nourrissent en effet plus de la presse que l’inverse aujourd’hui. Les 2 sont donc complémentaires, mais je ne prête pas beaucoup plus d’importance à la rumeur en ligne qu’aux rumeurs urbaines. Ce sont d’ailleurs souvent les mêmes. Par contre, les groupes de pression (on le voit sur L’aspartam, mais aussi dans bien d’autres domaines), sont eux passés experts en manipulation. Ils ne sont pas un phénomène de masse, mais sont bien plus dangereux (voir le compte-rendu sur l’Aspartam). Voici donc encore la preuve de la justesse de la remarque de Grégory : la manipulation de quelques uns est plus dangereuse que la masse des rumeurs imbéciles. D’ailleurs, LH2 corrobore cela en parlant de la dangerosité des signaux faibles (affaire du Sentier de la SG). Ce qui était intéressant, c’est que les quelques bloggueurs présents semblaient d’accord également pour accorder cette importance d’autorité à la presse et non à la contester.
Enfin, je rapprocherais cette discussion de la présentation de TNS Sofres sur le 2.0 qui montre qu’il s’agit plus d’une opportunité que d’une menace. Les clients de la SG sont d’accord, et moi aussi. Après tout dans Blogosphère, il y a le mot sphère, attention de ne pas rester dans sa bulle
Retranscription manuelle des notes de la réunion
Subject: LH2 et AMI software vous présente un nouvel outil de pilotage stratégique s’appuyant sur l’analyse de la « blogosphère »
- Date: 22/02/08
Intro par François Laurent:
- Web 2.0 Qu’est-ce que c’est? Il faut revenir à la définition de Tim O’reilly.
- Les blogs attirent beaucoup => exemples : Clochette 93, In the City, Dolce Luce (sur les Converse)
- La SG est apparue beaucoup sur les blogs
- Beaucoup de blogs politiques = 1044 qui s’apparent “désir d’avenir”
- Question : Faut-il ne regarder que les blogs des Stars (Lemeur, Cavazza, etc.) ?
Pourquoi un logiciel = l’exemple SG
- Google blogs: 1) trop de résultats 2) bloque après 1000 3) Pas vérifiable => à la main ça ne fonctionne pas, il faut un outil => ami software
- Extraire les infos significatives: difficile à faire à la main. Statistiques: Qui rentre quoi et quand (activité)
- Recherche par mots clefs => 5 milliards (très présent) , abus de confiance etc.
- On peut surligner => passer comme au stabilo
Jecu François le Gallois (LH2) = le cas SG
- Ont travaillé avec la SG Sur leur cas
- Les Blogs sont : “l’ hameçon de la pêche à l’information”
- 3 phases 1) Stupéfaction (3 jours) 2) 3 pris pendeuil les spéculations sur la démission ne Bouton => intensification 3) signaux faibles (affaire du sentier)
- Le logiciel classe les billets: Par clusters 1) billets centraux et homogènes (signal fort) 2) les signaux faibles qui partent dans tous les sens = difficile de répondre
- La communication de crise c’est difficile = dire que la SG est “victime” d’un type de 31 ans, ça fait “colosse aux pieds d’argile” => difficile d’escamoter le rôle de la société
- Multitude d’acteurs cités, même Nicolas Sarkozy => on lui reproche d’avoir demandé la démission de Bouton et de s’ être déjugé le lendemain.
- Les commentaires sont souvent débridés. Mais il y aussi ceux qui sont “analystes sérieux, interrogatifs et récapitulatifs” (comme des Journalistes).
- Qui est jugé coupable par les blogueurs ? Quand on analyse les blogs, en regardant l’angle des articles, ce n’est ni vraiment Kerviel ni Daniel Bouton => en fait les clients ne sont pas vraiment inquiets. Et ne se sont pas constitués en association, ils ne risquent rien en fait
- Il y a des points qui passent inaperçus: Bouton qui accepte d’abandonner son salaire
- Attention au contraire aux signaux faibles dangereux: l’affaire du sentier => des commentaires très critiques. => Il faut détecter ces signaux faibles
- Les politiques prennent aussi la parole (S Royal, PS de l’île de Ré etc.)
- Autre signal faible: délit d’initié avec un des administrateurs de la SG
- Kerviel ! En cours de “Starification”
- Conclusion?
- Sphère d’infIrénée non négligeable
- Nouvelle forme de bouche à oreille (buzz)
- Plus de 7 millions de visiteurs
- + de 3 millions ont créé levr blog (hors skyblog)
- + du quart des internantes laissent des commentaires
Danièle ? Exemple de l’Aspartam
- Dans la presse: très par cl’ ont’des et en général peu critiques (libération)
- Quid avec Ami software
- Aspartam plutôt associé au régime
- Peu de bruit médiatique sur Internet
- Citation de José Bové et Donald Rumsfeld: point commun => Monsanto (qui fabrique l’Aspartam)
- (2006) Dr Betty Martini (US): depuis une vingtaine d’années (date du rachat des laboratoire par Monsanto) => cite les maladies possibles. Mène ce combat contre Monsanto. Cette “rumeur” n’est en fait pas le fait du public mais de ce groupe militant.
- site de l’institut Louis Harris LH2: sur http://www.lh2.fr
- site de Ami Softwar: http://www.amisw.com
février 22, 2008 at 5:22
IL existe une étude aux US sur l’influence des blogs sur les journalistes si ca t’intéresses
février 22, 2008 at 6:00
oops j’ai raté mon premier commentaire… très bon ton résumé l’ami voilà ce que j’en ai fait sur B-R-Ent http://b-r-ent.com/news/quand-la-blogosphere-se-mesure-avec-lh2-et-le-cas-sg
Cheers,
Gil
février 22, 2008 at 6:17
Bien sûr Greg! tu nous mets le lien?
mai 4, 2008 at 10:24
[...] L’idée ici n’est pas de nier l’intérêt d’une démarche qui va dans le sens de ce que tout le monde attend : des indicateurs de performances mesurables qui permettent de justifier un investissement en s’intéressant au ROI. Mais, d’une part, les investissements qui vont avec font encore fuir les annonceurs qui les écartent quasiment systématiquement et surtout, d’autre part, l’implication d’un institut de sondage tend à nier une réalité qui n’arrange ni l’IFOP ni LH2 dont j’avais pourtant suivi avec intérêt la présentation d’un outil de pilotage stratégique s’appuyant sur la blogosphère en f…. [...]
janvier 30, 2009 at 7:49
[...] Ca y est ! tous les épisodes du débat de l’Entreprise 2.0 tournés fin décembre 2008 sur le plateau de Webcastory (voir http://www.techtoctv.com pour tous les détails, remarquablement documentés par Frédéric Bascuñana et son équipe de Webcastory). Dans le dernier épisode dédié au sujet primordial et passionnant de la e-réputation (c’est-à-dire de la mesure et l’appréciation du buzz positif et/ou négatif sur Internet) nous avons abordés de nombreux thèmes, parfois faisant écho à certaines analyses développées dans nos colonnes (voir notamment celle ci : Blogs et Société Générale : les clients n’ont pas eu peur). [...]
février 23, 2009 at 12:23
[...] Il est clair que les salariés ont été la cible privilégiée des actions de com’ de crise, avec notamment le “chat” en direct de Daniel Bouton avec 38 000 salariés connectés à l’intranet du groupe, le 29 janvier, alors que la crise médiatique atteignait des sommets [1000 articles de presse par jour]. Cette stratégie a indéniablement été payante car elle a permis de mobiliser les salariés derrière l’entreprise (Manifestation de 1000 personnes au Siège à la Défense) et qu’elle a eu des retombées indirectes positives sur l’opinion publique. En revanche, l’importance des média sociaux dans la crise a été sous-estimée par la cellule alors que l’on a vu des groupes de soutien à Jérôme Kerviel sur Facebook [Lire à propos de FB le billet de Camille ], des vidéos parodiques reprises ensuite par les média traditionnels et des débats sur de nombreuses plateformes sociales. La Société Générale aurait eu toute légitimité à faire entendre son discours sur Internet avec les outils qu’on connaît [Blog de crise, Twitter, Youtube...] mais aussi à donner plus d’importance à la veille d’opinion car c’est un outil particulièrement efficace pour comprendre les ressorts émotionnels d’une crise. Sur ce point, la direction fait désormais appel à l’Institut LH2, qui utilise une solution de veille développée par AMI Software, pour surveiller la blogosphère qu’elle considère aujourd’hui comme une “sphère d’influence non négligeable“. [...]