C’est un minuscule recueil au format mini poche, un de ces livres qu’on n’hésite pas à mettre dans sa sacoche avant de partir au bureau ou même — c’est plus de circonstances — en vacances. Facebook est un phénomène. Véritable fusée de l’univers Internet, ce site créé en 2004 par des étudiants est devenu le 13e site le plus populaire d’Internet. On se souviendra du rapport de notre ami Amaury de Buchet de Farbernovel qui évoquait (fin 2007) le chiffre de 30 % de la population totale canadienne connectées à Facebook.
Comme tous les phénomènes, les choses les plus délirantes s’y passent. Outre les ” pokes ” (littéralement, taper du doigt sur quelqu’un, virtuellement bien sûr ou les “funwalls” (sorte de tableaux blancs), Facebook est surtout célèbre pour ses applications (voir l’article de Frédéric Canevet) et ses groupes. Ce sont ces derniers que Pierre de Taillac, diplômé de la Sorbonne et du King’s collège de Londres, déjà auteur d’un ouvrage en 2007 sur l’histoire des stupéfiants (doit-on y voir un rapport ?) a décidé de nous décrire de façon ludique en consacrant à chacun de ces groupes une — parfois deux – page(s) en les regroupant par catégorie et en sélectionnant les plus loufoques.
Le résultat est très réussi. Je me suis pris à lire le livre dans tous les sens (et surtout pas cursivement) et à mettre à rire tout haut, ce qui a conforté ma femme dans l’opinion que je suis devenu fou. Au hasard de mes lectures, citons ici ou là : dans la catégorie “la vérité est ailleurs”, “Dieu existe et il s’appelle Nutella” :
[...] Nut est venu,
Nut est né,
Nut a souffert,
Nut est mort,
Nut est ressuscité,
Nut est vivant,
Nut reviendra,
Nut est là ! (1841 membres)
ou encore, dans la section “me, myself and I”, “je suis connu mais personne ne le sait !” (139 membres seulement) ou l’excellent “non à la tektonic, oui ou gin-tonic ” (alcooliques associés, 6589 membres). Voilà pour les farfelus, mais le livre laisse aussi la part belle aux “flingages”, c’est d’ailleurs son titre, et dont certains très méchants. Les meilleurs sont sans doute politiques. Comme celui-ci : “Françoise de Panafieu a un caniche albinos mort sur la tête” (577 membres) et aussi les groupes qui visent les grévistes, un grand sport national dont nous détenons tous les records du monde : “SNCF, à nous de vous faire préférer l’avion” (64 membres), où le très très méchant “un jour j’embaucherai le fil conducteur SNCF lui ferai payer” (72 membres).
Le nombre de membres d’ailleurs, ne semble pas suivre un cheminement logique. Certains groupes farfelus et quasi surréalistes réalisent des cartons (”j’ai un problème de motivation” 26502 membres ! ) Alors que d’autres, aux sujet plus consensuels et militants semblent au contraire patiner (”un service public au service du public”, 3 membres seulement). C’est l’enseignement que l’on peut peut-être tirer de ce livre, au-delà de son caractère amusant, c’est que pour se faire connaître sur Facebook, il ne suffit pas de trouver un bon sujet, il faut être capable de rassembler les foules, et que c’est plus le résultat d’un don personnel que celui d’un calcul (cf. Le livre de Malcom Galdwell, the tipping point). Mais puisque le sujet de ce livre est le “flingage”, je finirai par une dernière blague, en précisant que l’éditeur du recueil de Taillac est “Bourin Editeur”. Ceci ne s’invente pas.
Un bon moment à passer avec ce livre et qui ne coûte que € 9.90. Et en plus, il vous évitera de perdre votre temps libre sur Facebook : Ceci n’est certainement pas le moindre de ses avantages.

juillet 15, 2008 at 10:12
[...] petit livre qui a l’air sympa, sur FaceBook et les [...]
juillet 18, 2008 at 12:24
Perso j’ai créé le groupe “pour ceux qui s’inscrivent à des groupes et qui ne savent toujours pas à quoi ça sert…” ça reste dans l’esprit !
juillet 18, 2008 at 1:54
juillet 19, 2008 at 8:54
[...] voici en complément de l’article précédent, en direct de l’auteur – Pierre de Taillac – lui-même, l’intégralité de [...]
juillet 22, 2008 at 9:07
Hello Yann,
Y aurais-tu vu également des infos / statistiques sur la vitesse de propagation d’infos / de rumeurs / de recrutement dans des groupes ?
Je me souviens des cas de Poweo et de la Société Générale où la vitesse a été très rapide (une demi-journée), mais je cherche des stats / une visualisation de cette propagation.
En tout état de cause cela reste difficile à surveiller si on n’a pas les yeux fixés sur son Feed et si on n’a pas un max de contacts / des noeux de réseau
A+
Amaury
juillet 25, 2008 at 11:57
[...] – Pierre de Taillac, Petite anthologie du flingage sur Facebook (juin 2008) – Vu chez Marketing & Innovation. [...]
septembre 29, 2008 at 9:51
[...] – Pierre de Taillac, Petite anthologie du flingage sur Facebook (juin 2008) – Vu chez Marketing & Innovation. [...]