Archives mensuelles : juillet 2010

la start-up du mois : Synthesio décrit les quatre types de marque sur le Web (2/2)

Tendance : consolidation et transversalité

Le marché a beaucoup évolué depuis 2006 et, signe de maturation, on observe naturellement beaucoup de consolidation entre les acteurs. Scoutlabs a été racheté par Lithium Technologies, Sysomos par Marketwire. Les entreprises rachetées sont des proies faciles « au moment de l’explosion des médias sociaux avec la volonté de créer de vrais groupements ».

Ceci ne veut pas seulement dire plus de consolidation, mais aussi plus de transversalité, avec l’intégration :

  • du social CRM (implication de la relation client dans les médias sociaux, la grande tendance de 2010)
  • de la presse (le domaine presse et les médias sociaux devenant de plus en plus imbriqués : d’une part les responsables de presse essaient de toucher les producteurs d’information hors médias, et notamment les blogueurs, et surtout avec des méthodes différentes en faisant évoluer leurs communiqués de presse vers des social media releases).

D’autres acteurs, y compris l’ancien pionnier français du domaine KBcrawl, « sont restés sur le mode outils ne sont pas passés au tableau de bord en SAAS » et restent donc sur le bord de la route.

Portrait-robot des marques sur Internet : 4 profils principaux

J’ai gardé le meilleur pour la fin. Ses 4 ans d’expérience terrain ont permis à Synthesio de dresser un portrait-robot des marques sur Internet ; Loïc Moisand souligne 4 profils principaux de marque :

1. Les marques sous le radar

Ce sont des marques dont… on ne parle pas, ou pas beaucoup. Un peu comme si vous invitiez des amis à une fête et qu’ils ne venaient pas. Sur ces marques, peu ou pas de buzz ; elles sont donc sous « perfusion des relations publiques », sans cesse chargées de raviver l’intérêt sur la marque. Dans cette catégorie on trouve pêle-mêle les produits de commodité comme les liquides vaisselle et quelques marques de B2B – 2 exemples de sociétés qui ont su « sortir du carré » (la bonne méthode pour raviver l’intérêt sur sa marque) :

  • Blendtec avec sa fameuse série WebTV « will it blend » et qui était aussi présent à la conférence Media-Aces à Paris le 22 juin 2010 (http://france.media-aces.org)
  • New Picture (5) « compare the Market » dont l’URL trop long générait beaucoup de recherches sur « compare the meerkat ». Comparethemarket, une sorte de « meilleurs taux.com » a donc décidé de créer un personnage en ligne qui se moque des gens qui se trompent et cela a créé un buzz.

Dans cette catégorie entrent beaucoup de marques B2B qui n’ont pas réussi à sortir de leur cadre, mais pas seulement : « les 3/4 des marques appartiennent à cette catégorie » ajoute Loïc Moisand.

Note importante: certaines marques, selon le pays et les médias et les cultures peuvent être sous le radar ici et non là-bas : meilleurtaux.com a généré beaucoup de buzz en France mais son équivalent Anglais beaucoup moins.

2. Les marques les marques fonctionnelles

Encore une catégorie de marque qui ne génère pas la passion, de quoi relativiser bon nombre de discours sur ce genre de sujet. Il s’agit des marques dont « on demande que ça marche, un point c’est tout ». Ce sont les marques qui ne laissent pas indifférent mais pour lesquelles il n’y a pas d’affectif. Dans ce cas, le buzz est élevé, mais assez centré sur les fonctionnalités du produit du service, les prix et la qualité du service client, et le niveau de mécontentement est souvent élevé. Dans cette catégorie on trouve : les sites de e-commerce (comme pixmania, C-discount), les ventes de produits blancs (machines à laver, électroménager etc.), la high-tech grand public (sauf Apple) et les opérateurs de télécoms. La réponse dans ce domaine, est dans le community management sur ses sites propres (FAQ, support, réponses aux questions) mais aussi sur les forums tiers avec intervention proactive pour aider les internautes (Orange vient d’ailleurs de s’engager sur cette voie).

3. Les marques aimées

Le segment est bien sûr le nirvana des marques, mais bien peu y parviennent. Là encore, on sort du rationnel. Celles qui arrivent à atteindre ce segment sont les marques issues des segments 1 & 2 et qui « déclenchent un mouvement plus affectif ». Apple, les jeux vidéo (là Wii), Sony (sur quelques produits seulement), Coca-Cola, les marques de mode font partie des marques aimées. Ce sont les marques qui prennent « toute la bande passante », celles qui sont toujours citées en exemple, et ce qui peut même finir par devenir quasi irritant… Leur popularité est trop forte, on ne peut rien contre elles. Ce sont des marques qui ont su faire que « le lien importe plus que le bien » selon l’expression de Bernard Cova. Il n’est pas donné à tous d’arriver là. Et c’est le clan des passionnés, des défenseurs de la marque, où les marques ont pas besoin de « créer des communautés » car elles existent déjà, souvent en dehors d’elles (Apple n’a aucun blogs et n’intervient pas dans les médias sociaux, hormis pour faire la police, ce que d’aucuns pourront trouver choquant, sans que cela entame l’enthousiasme des fans).

La bonne attitude sur ce segment est l’accompagnement des communautés : répondre aux questions, informer les fans, les encourager, parfois leur donner des cadeaux pour les remercier de leur fidélité. Les clubs de blogueurs sont également à l’ordre du jour sur ce segment, c’est là qu’ils sont le plus demandeurs. Microsoft – pour éviter de parler toujours d’Apple – a par exemple organisé à Paris le lancement – fin 2009 – de Windows 7 dans son café Windows. Tous les blogueurs intéressés par la marque y étaient invités et partir avec un DVD sur lequel on trouvait la version intégrale de Windows 7, ce qui est un joli cadeau. La marque ne s’est pas impliquée plus que ça dans les publications, son intervention est restée très respectueuse de sa communauté ; c’est la bonne attitude dans ce genre de cas.

4. Les marques sensibles

Ce sont les « marques qui stressent » pour reprendre la terminologie de Loïc Moisand. 3 secteurs phare sont concernés : santé, sécurité et enfance. Dans ce segment, le public a peur, la marque effraie, elle devient une menace ; les angoisses sont fortes et « il faut rassurer ». C’est la seule chose qui puisse être faite. Admettre ses erreurs, montrer qu’on les corrige, réparer les torts, rassurer le plus objectivement possible, même si la plupart du temps, si l’opinion est contraire, la tentative de démonstration est vouée à l’échec. Devenir une marque sensible, c’est risquer de devenir une marque honnie.

Certaines marques sont en permanence dans ce segment comme les marques de médicaments (tous les médicaments selon Loïc Moisand) par exemple ; mais il y a aussi des marques qui quittent un des autres segments pour entrer dans cette zone dangereuse :

Une classification dynamique des marques

A tout instant, une marque peut passer d’un segment à l’autre. Apple, au moment des rumeurs sur le danger supposé des iPhones (2009) qui étaient censés exploser, Renault avec les rumeurs de la Vel Saltis (2005-2006) sur ses régulateurs de vitesse qui se bloquaient, Toyota avec ses problèmes techniques (2010), même si la plupart du temps cela ne dure pas et que la mauvaise perception ne survit pas à la crise.

Cette classification est particulièrement utile. Elle donne une vue différente des poncifs ordinairement entendus sur les marques et permet aux responsables Web et des relations presse de prendre du recul et de savoir quelles décisions et orientations il faut prendre pour leurs marques.

note : cette classification est empirique, et ne résulte pas d’une étude scientifique. Elle peut en outre évoluer dans le temps, selon les pays et l’histoire des marques. Les appréciations données sur ces marques sont celles de l’auteur, exprimé à titre privé et ne préjugent pas de la qualité intrinsèque de celle-ci. Aucune de ces appréciations ne constitue une preuve de qualité, de défaut ni même.

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un meerkat est une sorte de mangouste d’Afrique du Sud


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la start-up du mois : Synthesio décrit les quatre types de marque sur le Web (1/2)

première partie d’un article en 2 épisodes

New Picture (2) Le 15 juillet, j’ai rencontré Loïc Moisand, cofondateur avec Thibault Hanin de Synthesio, une start-up qui compte dans le domaine de la veille, de l’analyse sur Internet, des médias et des médias sociaux. Elle est un bon exemple de start-up française réussie, dont l’influence rejaillit également à l’international. J’avais déjà évoqué ce sujet sur deux vidéos en Anglais réalisées avec Trey Pennington, en charge du marketing pour Synthesio aux États-Unis et au Royaume-Uni (vidéo 1vidéo 2). J’ai voulu prendre plus de temps avec Loïc afin de rentrer dans le détail de la genèse de Synthesio d’une part, et dans le marché de la mesure d’influence sur Internet d’autre part. Ce que j’ai découvert au cours de cet entretien, c’est une véritable pépite qui va bien au-delà d’une simple analyse du marché : une segmentation du marché très intéressante et utile définie par Loïc Moisand sur la base de son expérience du terrain, une découverte fondamentale et utile pour les marketeurs du Web et les responsables de marques qui prennent pied sur Internet.

C’est au Cybervillage de la rue de Crimée que j’ai revu Loïc après un an et demi que nous nous étions croisés, temps utilisé par le jeune créateur d’entreprise de 28 ans à travailler dur sur le développement de sa start-up. Ce travail a payé, Synthesio a vu son chiffre d’affaires de se développer significativement, même si je ne peux hélas révéler les chiffres car la société est privée (ils sont très bons, il vous faudra me croire sur paroles).

Les deux fondateurs de Synthesio sont tous deux issus de l’ESSEC, même si Thibault Hanin est le « geek » de l’équipe, avec son diplôme d’ingénieur antérieur à celui de l’ESSEC. L’un travaillait sur un logiciel, l’autre sur une étude, « chacun dans son coin » sur le campus de l’école selon les dires de Loïc, puis ils ont décidé de faire un bout de chemin ensemble, pour voir. « On a bossé sur un business plan pendant un mois et nous avons démontré une bonne complémentarité ». On a levé des fonds assez rapidement, complétés par un emprunt étudiant à la banque et l’affaire est partie. « Nos premiers investisseurs n’ont pas regardé les détails de notre business plan, ils nous ont évalué et nous ont juste fait confiance ». Un regard porté sur la création d’entreprise très différent des habituelles jérémiades gauloises. « Je ne suis pas du tout d’accord avec les gens qui disent qu’on ne peut pas investir en France. Les subventions sont bonnes, à la mesure du statut de JEI, jeune entreprise innovante, à l’initiative du ministère de la recherche ». Ajoute Loïc Moisand. Certes, les deux jeunes créateurs « ont bouffé des pâtes » car pendant un an il a fallu développer l’offre. Et les surprises furent nombreuses…

Le business n’est pas rationnel, il est lié aux désirs des fondateurs

L’histoire de Synthesio est en elle-même intéressante. Bien positionnée aujourd’hui sur la mesure du buzz dans les médias sociaux, la start-up a débuté tout à fait différemment : « On a commencé par créer une sorte de Google alerts » explique Loïc Moisand, mais nous nous sommes vite aperçus qu’il se passait quelque chose du côté des médias sociaux. Même si on n’a pas commencé comme ça ». Démarrée en 2006, la société a pris un an pour monter son offre. « J’ai rencontré 400 personnes, dircoms, responsables d’études, d’agences etc. pendant cette année » ajoute Loïc Moisand ; sans parler des rencontres fortuites. Forcé de faire un stage à l’étranger, l’entrepreneur choisi l’Inde, par goût personnel, un choix qui se révélera fondamental par la suite pour les opérations de maintenance du logiciel. Ce qui fait dire au cofondateur de Synthesio que « le business n’est pas rationnel et que beaucoup de choses sont liées aux désirs des fondateurs ». Une leçon d’humilité et de réalisme à enseigner dans les écoles de commerce … « On avait envie de se balader, se marrer, pas de faire un truc franco-français » poursuit Loïc Moisand et c’est comme ça que Synthesio a démarré « tout en cinq langues » afin de gagner – petit à petit – des grands comptes internationaux et le tableau de chasse est aujourd’hui impressionnant : Accor, Orange, Sanofi, Eli Lilly, BNPP etc. qui utilisent Synthesio pour mesurer ce qui se dit sur elles.

Trouver un bon nom de marque

New Picture (3) Les marketeurs avisés le savent bien, trouver un bon nom de marque est une étape fondamentale. Le binôme entreprit alors de créer son propre algorithme afin de générer des noms originaux. Synthesio s’est imposé, le nom de domaine étant disponible, ne restait plus qu’à trouver un logo, ce qui fait fut fait par Loïc, mi Ying et Yang, mi « S » stylisé : « le rouge représente l’humain, le gris la technologie » précise l’inventeur.

25 employés sur 3 pays et… 30 langues

Aujourd’hui, Synthesio c’est 25 équivalents temps pleins plus des partenaires qui amènent le compte à 35, répartis sur 3 pays : France, Royaume-Uni et États-Unis. « Mais il y a des gens qui bossent partout pour Synthesio : Maroc, Chine, Inde, Russie, Portugal, Espagne etc. car 30 langues sont gérées par la société pour les recherches (6 seulement pour l’interface dont le Chinois). Le moteur de recherche multilingue est en effet la pierre d’angle du service mais surtout, l’analyse des contenus est humaine. La spécificité de la start-up réside justement dans ce point. Le moteur est un développement maison dont certaines parties sont protégées, car seules les fonctionnalités originales et innovantes peuvent faire l’objet d’un dépôt de brevet.

Le marché de l’analyse de buzz : une fusée à 3 étages (+1 ou 2 pour la France qui ne fait rien comme les autres)

Le marché mondial est réparti sur 3 segments : le gratuit, le logiciel sur étagère et le haut de gamme, Synthesio faisant partie de ce dernier segment. La France est quant à elle un peu particulière avec 2 acteurs à part (ami et Digimind) qui sont éditeurs aussi mais positionnés sur des gammes de prix différentes. Cette catégorie ne rentre pas – selon Loïc Moisand – dans les cadrans de Forrester et de Gartner, ce qui explique les difficultés de ce segment à se positionner à l’international, même si les deux acteurs « performent bien sur le territoire français ». Digimind a d’ailleurs opté pour la formule 3 (avec analyste) sur le territoire américain. La France étant très créative, nous avons même un autre exemple qui sort du cadre avec trendybuzz, une société d’études éditrice d’un logiciel sur ce domaine.

à suivre dans la deuxième partie avec la segmentation des marques sur Internet par Synthesio


10 + 1 recettes pour dynamiser vos événementiels grâce au numérique et aux médias sociaux (2/2)

New Picture Ceci est la suite du précédent article introduisant les principes de l’introduction des médias sociaux dans les événementiels. Cette deuxième partie est dédiée aux conseils que nous pouvons donner aux marketeurs qui désireraient intégrer les médias sociaux à leurs événements traditionnels afin d’en faire quelque chose de différent et de positionnant pour leur marque :

Recette 1 : Prendre du plaisir

Peut-être est-ce là la première recette à mémoriser : prendre du plaisir à cette forme de reportage en direct est essentiel à la qualité du rendu de l’événement, c’est ce que je retire de l’expérience aux côtés de notre ami Glenn Le Santo.

Recette 2: commencer avant l’événement

La deuxième recette est de commencer bien avant l’événement, six mois peut paraître beaucoup, mais c’est sans doute un délai nécessaire et suffisant. Cela permet de se mettre en phase, en ligne et sur place, sur les objectifs de l’événement et la place à donner aux médias sociaux.

Recette 3 : mettre les médias sociaux au service de l’événement, pas l’inverse

Les médias sociaux doivent être au service de l’événement et de ses organisateurs, pas l’inverse. En effet, la tentation serait grande de lancer une bande d’huluberlus dans ce genre de rassemblement sans ordre et sans vue à long terme, mais ce serait inutile. Certes, s’amuser est un ingrédient important, mais ça ne suffit pas. La plus grande satisfaction à l’issue de cet événement fut de constater que :

  • les clients furent impressionnés par le dispositif mis en place et en firent part aux organisateurs
  • des rendez-vous furent organisés avec certains de nos clients afin d’échanger sur notre méthodologie

Recette 4 : le hashtag est le pivot d’un événement en ligne

Dans tout événement où les médias sociaux interviennent il y a un point commun : le hashtag. Cette étiquette qui sera collée dans tous les messages sur twitter (et ailleurs). Contrairement à ce que croient les béotiens, il ne faut pas s’inscrire à un service pour créer son hashtag. Il s’agit d’un tagging spontané. C’est un avantage car aucune autorisation n’est requise, mais en même temps c’est un risque car il faut veiller à :

  1. l’unicité du tag pour éviter qu’il se confonde avec celui d’autres événements
  2. sa brièveté et sa praticité : #orangebusinesslive2010amsterdam est hors de question (Twitter n’accepte que des messages de 140 caractères) et en outre, cette étiquette est trop complexe.
  3. enfin, c’est une spécificité aux médias sociaux appliqués aux marques, il faut respecter les règles de l’entreprise. Pour nous, il est hors de question d’abréger la marque : “OBS” est une abréviation interdite, à juste titre, afin de préserver la visibilité de la marque Orange. Notre choix s’est donc porté sur #orangelive10
  4. rendre possible la continuité: #orangelive10 faisait suite à #orangelive09 de l’an dernie

New Picture (1) Recettes 5 : le buzz précède l’événement

Voilà aussi une des raisons principales qui expliquent pourquoi il faut préparer l’événement longtemps à l’avance : un buzz se monte progressivement. Il n’y a pas de génération spontanée – sauf cas particulier ou extrême – de visites sans promotion adaptée d’un contenu. Cela suppose plusieurs choses :

  1. un hashtag doit être annoncé avant l’événement
  2. il doit être partagé avec tous les blogeurs participants
  3. annoncer l’événement par petits bouts, et notamment les intervenants en annonçant leur bibliographie
  4. prévenir les blogueurs participants des articles parus au fur et à mesure pour qu’ils les relaient

Recettes 6 : le mash up, une « purée » de contenu

Construire un mash-up (exemple : http://organicorangelive.com) qui reliera tous les fils RSS de l’événement en les agrégeant. Ce mash up permettra de montrer en un seul point l’ensemble de l’activité réalisée pour l’événement par les blogueurs participants et tous les autres sites relayant l’information.

Recette 7 : rendre l’équipe médias sociaux visible

Chaque membre de l’équipe médias sociaux de l’événement doit être clairement identifié par un badge et un tee-shirt, ce qui permettra au travail de l’équipe de gagner en efficacité et en visibilité par les participants de l’événement.

Recette 8 : la connectivité et la loi de Murphy

Même pour des experts des réseaux, mettre de la connectivité sur un événement est toujours un défi. Préparer cette étape longtemps à l’avance et dédier un réseau aux blogueurs. Si l’équipe des médias sociaux met beaucoup de vidéos en ligne, prévoyez un routeur et un réseau filaire, plus puissant et plus tolérant qu’un réseau Wifi.

Recette 9 : lâcher la bride

Si vous faites venir une équipe d’experts des médias sociaux pour les enfermer dans un discours d’entreprise, vous allez faire des frustrés ou risquer de vous attirer des experts des médias sociaux, sans parler des critiques sur les articles qui auraient été publiés et qui pourrait être stigmatisés en tant que propagande. Il faut donc jouer le jeu, c’est essentiel.

Recette 10 : rendre les flux et les résultats visibles

New Picture (1)Tout ce que vous ferez en ligne ne sera peut-être pas vu par les participants physiques de l’événement. C’est pour cela que la présence d’un écran pour montrer les résultats en temps réel est aussi primordiale. Au fil de nos différentes tentatives plus ou moins réussies nous avons fini par comprendre tout ce qui était utile de faire pour réussir l’événement. Je suis sûr que nous avons beaucoup encore apprendre. Bien des erreurs que nous avons commises et commettons encore sont à l’origine de cette liste de contrôle. Après tout, on apprend aussi, surtout, de ses erreurs.

Cela est d’ailleurs la règle 11 que je vous recommande, et qu’il faudra retenir ici :

Recette 11 : rester humble et apprendre

Se souvenir des erreurs passées et savoir qu’on ne sait jamais rien… Voici la base de l’apprentissage de la réussite dans les médias sociaux car il est l’apprentissage de la vie qu’il faut garder sans cesse en tête.

note: pictures by Ben Ellis, Rob Evans, Yann Gourvennec & Hervé Kabla

autres liens intéressants :

  • les conseils de Kristen Sukalac, en toute transparence, qui tire le bilan, positif et négatif de l’événement Orange Business live 2010 du côté des médias sociaux ;
  • les 5 recommandations de Benjamin Ellis quant à la nécessité d’ajouter de mettre une dose de médias sociaux dans ce genre d’événements ;
  • la vidéo hilarante de Glenn Le Santo sur le thème de “que trouve-t-on dans le sac d’un blogueur” qui, au delà de l’anecdote et de son côté amusant, permet de se faire une check list de tout ce qu’un blogueur/reporter devrait prendre avec lui sur ce genre d’événementiels.

10 + 1 recettes pour dynamiser vos événementiels grâce au numérique et aux médias sociaux (1/2)

imageIl est coutume de dire, principalement en b2b, que rien ne vaut les contacts humains et ce n’est pas moi qui vous dirai le contraire. Jusqu’à il y a encore quelques années (mois pour certains), il y avait cependant un hiatus entre l’organisation d’un événement – spectaculaire, en face-à-face et forcément déconnecté – et la vie en ligne. L’équipe marketing, parfois snobait, plus souvent ignorait l’équipe Web, reléguée à des tâches plus subalternes de mise à jour de pages sur un site Web Corporate statique. Au mieux, réalisait-on un micro site pour « fêter » l’événement sans pour autant susciter la passion ni même faire le lien entre l’événement lui-même et le Web.

Des temps révolus

New Picture (1) Ces temps sont révolus, et c’est ce que développe Stéphane Roche, directeur des événementiels chez Orange Business Services (transparence: je dirige les sites web d’Orange Business Services et Stéphane est un collègue). « Nous ne pouvons plus concevoir un événement sans l’apport des médias sociaux » nous a-t-il confié dans cette interview (http://bit.ly/sroche2010). Prenons-donc ici un exemple concret, l’événement annuel Orange Business Live (http://orangebusiness.posterous.com) pour démontrer le phasage et les bonnes recettes qui font d’un événement relayé dans les médias sociaux une réussite.

Apprendre de ses erreurs

C’est paradoxal – et ceci très peu compris en nos contrées – pour réussir, il faut d’abord beaucoup rater ! Notre expérience de l’organisation d’événements ne s’est pas construite sans effort. Au contraire, il nous a fallu échoué de nombreuses fois avant de réussir ; d’abord en interne, puis sur des événements ouverts, et enfin sur les événements clients. Plusieurs phases ont été nécessaires.

Procéder par phases

image Orange Business Live n’est pas un événement comme les autres pour Orange Business Services ; c’est l’événement annuel qui rassemble tous nos clients venus de toute l’Europe et du Moyen-Orient et de l’Afrique. Quelques invités américains et asiatiques agrémentaient également ce grand rassemblement de professionnels des TIC. Orange Business Live est organisé tous les ans et regroupe environ 300 clients. Il prend place dans une ville d’Europe différente chaque année. C’est l’événement majeur de l’entreprise pour ses clients, et la présence des médias sociaux ne s’est pas imposée d’évidence tout de suite.

D’abord il a fallu montrer la pertinence d’un dispositif des médias sociaux

Orange Business Live ne ressemble pas à l’archétype des événements commerciaux et c’est un point fondamental : pas de grandes messes, pas de bourrage de crâne, l’événement est réalisé comme un forum de contenus, débats et séminaires, entièrement dédiés aux problématiques des directeurs des systèmes d’information (DSI) et destiné à leur apporter des solutions. En ceci, cet événement qui fait intervenir nombre de personnalités, analystes, clients, experts divers, est en lui-même un énorme apport de contenus originaux et de qualité destinés à enrichir la relation client. C’est en cela qu’il nous a semblé pertinent des médias sociaux. Ceux ci réclament des contenus riches et de qualité, les visiteurs des médias sociaux en sont demandeurs également ; l’événement pouvait donc à l’évidence servir ce but, et c’est ce que nous avons montré dès 2009 avec l’édition londonienne de ce rassemblement clients.

image La preuve par l’exemple

En juin 2009, nous avons donc amené une équipe restreinte autour de cet événement, afin de démontrer

  1. la pertinence des médias sociaux dans ce contexte (voir ci-dessus)
  2. qu’il n’y avait pas de “danger” à proprement parler, que les médias sociaux étaient plus une opportunité qu’un risque. Notre objectif était de rassurer.
  3. que nous pouvions apporter l’événement au sein de l’événement grâce à des technologies très dynamiques et de pointe : quoi de plus éloquent en termes d’innovation que de montrer qu’Orange Business Services maîtrise elle-même les technologies web 2.0 pour elle-même ?
  4. que grâce à un contenu de qualité nous pouvions créer l’événement sur Internet aussi avec un microsite sur Posterous créé pour l’occasion et qui attirera autant de visiteurs en deux jours que le site Corporate en un mois !

Affûter ses armes et passer à l’étape suivante

Passée cette étape, reste l’étape suivante, celle de la montée en charge et de l’accroissement de la visibilité sur l’événement et hors de l’événement. Cette étape suivante était l’édition 2010 d’Orange Business Live qui eut lieu les 15-17 juin 2010 à Amsterdam, aux Pays-Bas. Cette fois-ci, nous nous y sommes pris à l’avance. Six mois avant l’événement, nous avons initié des réunions de sensibilisation afin de convaincre notre équipe événementielle que les médias sociaux pouvaient les aider à rendre a encore améliorer un événement déjà exceptionnel.

Le but n’était pas de permettre la retransmission de l’événement en ligne. À terme je pense que nous y arriverons, mais ce n’était pas le sujet encore cette année. Il y avait la crainte de perdre les visiteurs à cause d’Internet ; même si je ne pense pas que ce n’est pas le cas, ni qu’il y ait un risque, ni que les deux soient incompatibles, au contraire, mais il faut encore donner du temps pour rassurer les responsables. L’objectif de la présence des médias sociaux en 2010 à Orange Business Live était de montrer en quoi et comment les médias sociaux pouvaient créer l’événement dans l’événement, une fois ceux-ci acquis, nous pouvions ensuite nous mettre à travailler …

image Le cahier des charges : un petit dessin…

L’étape suivante fut de faire… un petit dessin : il n’y a pas que dans le dicton que cela a prouvé son efficacité. Ce mini cahier des charges a permis de faire toucher du doigt la réalité du dispositif – blogueurs, studio WebTV etc. – et la réponse, positive, fut immédiate et enthousiasmante. Finie l’équipe Web et isolée réduite à mettre en ligne un contenu “validé” préfabriqué. L’aventure était devant nous, il fallait préparer l’événement.

Des résultats tangibles

Les résultats – tangibles – furent tous rendez-vous (voir cartouche), même si l’interprétation des chiffres obtenus peut prêter à discussion, nous y reviendrons un peu plus loin dans ces lignes. 15 blogueurs répondirent présents pour Orange Business Live 2010 à Amsterdam dont une majorité de Britanniques, un Belge, une Australienne, une Américaine (binationale Française) et quelques Français. L’emphase fut mise sur le caractère international de l’événement, ce qui explique la forte proportion de représentants hors de France. La plupart de ces blogueurs fut rencontrés par nous-mêmes lors de représentations et événement dédiés aux médias sociaux, principalement à l’étranger.

Pourquoi suis-je invité ?

imageTous avaient répondu favorablement. Ils avaient été recrutés pour la plupart pour leur connaissance des médias sociaux et leurs compétences en termes de reportage, certains même me demandant pourquoi ils étaient là ?

« Pourquoi vouloir de moi ici – moi qui suis un ancien journaliste sportif – je ne le sais pas, mais je crois qu’on va bien s’amuser » déclarera Glenn Le Santo, alias le pirate, car son grand-père en fut un, alors qu’il fut l’animateur incontesté de cette session événementielle. Ceci est un enseignement en tant que tel, la capacité de bien apporter l’événement dans l’événement était la principale raison de ce recrutement.

… à suivre avec la 2ème partie et ses conseils pratiques

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Zevillage : réseau social du télétravail fait sortir les Parisiens hors du périphérique

Pourquoi pas les autres… ?
« Si je l’ai fait, pourquoi d’autres ne le feraient pas également ? » S’est dit Xavier de Mazenod, entrepreneur et consultant (cf. sa société adverbe). Ayant quitté en 2004 sa maison à Nanterre et la région parisienne tout court, il est allé s’installer avec sa famille à 20 km d’Alençon et 10 km de Sées (beaucoup de lecteurs doivent se demander où ça se trouve !), à la frontière du Perche et de la Normandie. Et il a créé Zevillage, un site communautaire devenu la référence pour ceux qui s’intéressent au travail à distance. Mais ce n’est pas tout !

À moins de 2 heures de Paris… Mais ça dépend du train

L’Orne finalement, ce n’est pas si loin de la capitale. Moins de 2 heures de Montparnasse, ce qui somme toute n’est pas bien pire que certains trajets entre deux points extrêmes de la très grande banlieue. Mazenod et sa famille ont trouvé une maison du XVIe siècle dans un petit village de cette région, Boitron. De toute façon, confie Xavier de Mazenod, « je ne vais pas souvent voir mes clients à Paris, et quand j’y vais, j’y reste pour la journée, notamment pour y donner des formations » précise-t-il. « La petite ligne de chemin de fer, tout le temps en panne » ne simplifie pas les choses, mais ce n’est pas un handicap selon l’entrepreneur.

Du 1.0 au 3.0 de l’usage de l’Internet

6 familles en 3 ans ont suivi les conseils de Xavier de Mazenod et sont venues s’installer dans son canton, grâce à l’aide et l’accueil du conseil général et notamment d’un de ses responsables « qui a pigé très vite » qu’un accueil meilleur et une politique favorable au haut débit rural serait bénéfique aux nouveaux arrivants et au canton lui-même : un site Web, une politique d’accueil et un encouragement au télétravail furent mis sur pied suite à cette rencontre. Et ce n’était pas gagné : « Dans la campagne en est encore à l’usage 1.0 de l’Internet » ajoute Mazenod, mais le premier résultat fut encourageant. Est venue la question suivante : « soit j’arrête » s’est-il dit « car tout cela est chronophage, soit je passe à la vitesse supérieure ». C’est cette dernière proposition qui fut retenue.

Passer à la vitesse supérieure

La vitesse supérieure, Xavier de Mazenod l’a passée en rencontrant Alain Lambert, président du conseil général et sénateur, mais aussi un « bon blogueur et bon twitterer ». Il a « tout de suite compris » même si le reste de l’intendance a suivi plus lentement, mais « il a su secouer ses troupes » ajoute Mazenod, montrant ainsi qu’avec un peu de volonté… Cette deuxième étape passait par un plan de financement de cette idée de télécentres ruraux. Il a donc travaillé avec la région et le conseil général, malgré les différentes couleurs politiques. La région s’est engagée sur le très haut débit dans toute la Basse-Normandie. Ceci n’est pas une mince affaire car en absence de fibres, il a fallu recourir à d’autres techniques, via le faisceau hertzien, une solution radio qui fournit en théorie 150 Mbs (non garantis) gérée par un opérateur alternatif (altitude).

Boitron 2.0

C’est ainsi qu’est né le projet du télécentre à Boitron, petit village où Mazenod et sa famille ont élu domicile. Le projet a démarré dès début janvier 2009 et il a fallu un an de travail pour le monter. 15 k€ ont été apportés par la mairie, 15 k€ par le conseil général pour la rénovation d’un bâtiment, plus de 60 k€ pour une deuxième phase avec un bâtiment haute qualité environnementale (HQE) dont on voit un plan crayonné ci-dessous, le tout dans une ancienne école qui va ainsi retrouver une seconde vie. Dans le pire des cas ajoute Xavier de Mazenod, le bâtiment aura été réhabilité, mais le pire des cas n’est pas envisagé ici, c’est l’avenir qu’on construit, et c’est beau un village qui revit.

Mais ce n’est pas tout, le bâtiment c’est bien, mais sans très haut débit, aucun travail n’est possible dans la campagne, ni même en ville. 60 k€ supplémentaires ont été investis pour la connectivité, avec un abonnement noyé dans cet investissement, ce qui fait diminuer les coûts variables et ramène le loyer à 100 € par mois pour 50 Mbs. Assez pour que le lieu puisse servir à organiser des formations, qu’il fasse office de bureau de passage, de lieu de séminaires (au vert bien sûr) et d’événements.

Côté recettes : location et abonnement

La location de la salle de réunion sera placée à 100 € par jour, mais ce n’est pas si simple pour les ruraux, explique Mazenod : « la facturation à l’acte n’est pas possible » car ce n’est pas contrôlable ». Il a donc été convenu d’un abonnement annuel avec un nombre de jours d’utilisation inclus dans cet abonnement.

« Nom@de100R » Keçako ?

Le projet a fait des petits. Et notamment un programme du conseil général intitulé « Nom@de100R » (le « 100R » étant censé représenter « center »), un espace pro pour le télétravail. Mais comme souvent en France, le marketing est là où le bât blesse. Trop de noms, parfois pas très habilement choisis, trop de projets, pas de cohésion, pas de normalisation et une myriade de projets dans tous les sens. La Cantine et les nombreuses autres initiatives à Paris, les centres professionnels de mairie (à Paris mais aussi ailleurs) et des projets périphériques autour de la Capitale avec le projet Actipole21 où sont impliqués des industriels comme Steelcase entre autres ; un projet prometteur selon Mazenod, « pas rural, pas bobo et pas dans les aéroports où tout est déjà prévu ». Un vrai projet où sont alliés physique et virtuel.

« télétravail, télécentre  : des noms incontournables »

Hors de ce maelström de projets, Zevillage poursuit son développement. Il a un atout pour lui : un nom marrant, évocateur et … une bonne communication (voir la couverture presse de Zevillage ici) qui ont même donné de la visibilité au projet sur TF1 et le Figaro (c’est là d’ailleurs que j’ai repéré Xavier avant de l’interpeller via Twitter). Car il faut aller de l’avant ; pragmatique, Mazenod nous rappelle l’évidence, trop souvent oubliée : « télétravail, télécentre » sont des noms qui ne sont pas beaux mais qui sont incontournables » ajoute-t-il, inutile de créer un nouveau concept, et Dieu sait qu’il en existe ! Le futur pour Zevillage est de trouver des partenaires, de professionnaliser son site Web et le « faire monter d’un cran ». D’autres télécentres sur le modèle de Boitron vont s’ouvrir : 1 dans l’Orne en 2011, 1 autre en 2011 ou 2012 dans l’Orne également. En deux ans on en aura 10 ajoute Mazenod. 5 candidatures et 1 opérateur privé (entre Falaise et Argentan) se sont déjà manifestés.

Celui qui va imposer la norme va gagner

Pas certain qu’une logique de labellisation soit adaptée à la consolidation de ce foisonnement d’initiatives, Mazenod nous précisant en effet que « personne n’est habilité à le faire ». Il croit par contre à un “cahier des charges minimum qui aboutisse à la création d’un standard de facto » ; le rural et l’urbain sont tous les 2 concernés selon lui. les défis en région sont cependant nombreux : une tentative d’implantation d’un nouveau télécentre en Ariège s’est soldée par l’arrachage du Wifi par les Robins des Toits selon Xavier de Mazenod (NDLR : je n’ai pu vérifier cette information). La cohabitation entre ruraux, néo ruraux hippies et modernes urbains retournant à la nature n’est pas et ne sera pas sans générer des frictions importantes.

« Celui qui va imposer la norme va gagner » ajoute Mazenod, mais il ne faudra pas de projets en sous-main ajoute-t-il. Soit une société impose ouvertement ce standard, soit il s’agira d’un agrégat d’acteurs neutres et divers. On peut prédire qu’une bataille entre les standards descendants et la norme de facto va probablement faire rage dans le futur développement des télécentres. Gageons que, comme souvent, ce sera le meilleur acteur économique qui imposera la norme. Des acteurs internationaux déjà fort développés d’ailleurs ne sont pas en reste (Regus, e-office), même s’ils ne s’intéressent pas à Boitron en priorité, ils font évoluer leurs concepts.

La période des 10 ans qui viennent risque d’être riche en rebondissements et en développements pour les télécentres et le télétravail, et pas seulement à Boitron. À suivre …


Génération Y : les adolescents sont-ils vraiment plus doués pour l’informatique et l’Internet ?

computer-large ceci la version française et intégrale d’un article originellement publié par BNET UK (hélas en voie de disparition)

Le rapport Robson fit grand bruit il y a à peine un an en Grande-Bretagne. Passé plus ou moins inaperçu en France, ce rapport est cependant d’une importance capitale si l’on veut comprendre et décoder l’un des clichés majeurs de ce début XXIe siècle : la génération Y (qu’on retrouve d’ailleurs cité sous divers vocables, tous plus ou moins précis, millenials, digital natives etc.)

le rapport publié par Morgan Stanley et intitulé « média et Internet, comment les adolescents consomment les médias » est un des exemples les plus frappants de circulation d’informations à l’échelle de la planète (on omettra ici la France, pour d’évidentes raisons linguistiques, ceci n’enlevant rien à la diffusion mondiale de ce rapport). Matthew Robson – un stagiaire de 15 ans à qui des représentants de l’entreprise ont demandé de rédiger un rapport sur son usage des médias et celui de ses pairs – n’a plus besoin de travailler sur son e-reputation, du moins outre-Manche. En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, ce rapport était sur toutes les lèvres, dans tous les journaux, et surtout … sur tous les ordinateurs.

Plus encore, ce rapport est utilisé comme une preuve tangible d’un véritable phénomène de société lié aux jeunes générations et à leur façon d’appréhender les médias. Au contraire, je suis d’avis qu’il s’agit d’un exemple typique de la façon dont les adultes - et non les « jeunes » – consomment les médias, et notamment l’Internet qui, soit dit en passant, n’est pas un média (je passe sur le terme de « consommer » qui ne me paraît pas approprié ou plutôt qui relève aussi d’une philosophie intéressante).

  1. Ce rapport fut repris pour argent comptant comme dans cet article du Guardian, sans analyse, ni remise en cause du rapport lui-même. Ceci est typique d’une culture du copier-coller qui a rattrapé le journalisme, on le déplorera ;  je ne pense pas que les journalistes soient des adolescents.
  2. Les adolescents quant à eux sont différents des adultes, on peut admettre cette généralisation. Cela veut-il dire que quand les adolescents deviennent des adultes, leurs goûts resteront les mêmes ? Il est fort à parier que non. Du moins on l’espère. Certes, il en est qui oublient de mûrir, ceci en soi n’est pas nouveau.
  3. Le marketing de masse a appris aux adolescents à se comporter comme des consommateurs plus que des êtres humains, d’où le sentiment – plus acquis qu’inné – qu’ils forment une race à part. Mais en fait, rien n’est plus faux. Les adolescents sont des adultes en devenir et devraient être traités ainsi, ni stigmatisés, ni idéalisés. La jeunesse n’est pas éternelle.
  4. La génération Y – un concept attrape-tout qui ne veut rien dire tant il est large – est censé être plus douée en informatique, surtout sur Internet, que les générations précédentes. En vérité, une étude en profondeur (et confidentielle)
  5. réalisé par Orange pour un échantillon de lycéens de 15 ans il y a quelques années a démontré que cela n’était pas vraiment soutenu par les faits. Les ados sont en effet meilleurs quant à l’usage de certaines technologies comme la messagerie instantanée et ils sont les praticiens du multitâche permanent – ceci n’est d’ailleurs pas une bonne chose selon Guardian -mais leur connaissance intime de l’informatique n’est pas meilleure que celle de leurs aînés ; ils appellent à la rescousse dès que quelque chose ne fonctionne plus comme il faut. Quand l’ordinateur tombe en panne, le jeune appelle… Papa ! En France, la proportion importante de blogs créés sur sky blogs il y a quelques années par les très jeunes a pu fausser les statistiques quelque peu. La migration de masse de ces jeunes vers Facebook nous promet non pas plus de maîtrise informatique, mais moins de maîtrise informatique par ces jeunes (soit dit en passant, l’étude montrait que dans chaque groupe de jeunes un « expert » de l’informatique se mettait à la disposition des autres pour leur créer leur blogs, ne montrant pas ainsi que la majorité était plus douée pour l’informatique que les autres générations).
  6. Il est rare que les vrais blogueurs, et surtout les meilleurs, soient des adolescents et beaucoup d’entre eux ont entre 40 et 50 ans sinon plus. Je peux témoigner si besoin était…
  7. En conséquence ce qui précède, twitter est aussi fortement utilisé par ces mêmes personnes pour, principalement, publier, diffuser du contenu, partager avec leurs réseaux et aussi comme un substitut à la messagerie instantanée entre les membres de ces réseaux.
  8. En conséquence de cela également, twitter est en effet un outil pour les adultes et en cela, je veux bien croire Matthew Robson qui a raison sur ce point. Ceci étant, le fait que les adolescents ne l’utilisent pas ne le rend pas moins intéressant, au contraire.
  9. (Juste une hypothèse de ma part je le reconnais) le style de ce rapport semble avoir très peu à voir avec la contre-culture adolescente et beaucoup plus à voir avec le style de Morgan Stanley et d’une banque d’affaires en général.
  10. Ce rapport part de l’hypothèse que les entreprises devraient avoir peur des adolescents qui les rejoindront dans les prochaines années. Cependant :
    • le temps qu’ils les rejoignent, ils ne seront plus adolescents, certains d’entre eux auront même des enfants
    • d’ici là, la plupart d’entre eux auront appris les bonnes manières du monde de l’entreprise
    • dès lors que M. Robson sera sur le marché du travail, c’est-à-dire dans à peu près 10 ans, les entreprises aussi auront évolué à force de se confronter à la pression, des jeunes comme des vieux, qui réclament plus de liberté dans l’entreprise et qui ont également acquis leurs propres outils technologiques afin de passer outre les règles contraignantes édictées par l’informatique d’entreprise (un concept connu sous le nom de BYOC, qui tend à se développer, et même parfois à la demande des entreprises elles-mêmes qui peinent à gérer correctement l’informatique des utilisateurs et qui préfèrent s’en débarrasser en donnant de l’argent aux utilisateurs)
    • on peut également se poser la question de savoir si la peur n’est pas une projection des générations les plus âgées, qui craignent pour leurs emplois en voyant débarquer des masses de jeunes surdiplômés. Ceci pourrait également expliquer la faveur de ces théories sur la génération Y, non pas le reflet total d’une réalité, mais surtout la projection d’une peur, car il n’y a rien de tel pour faire l’information que la peur et la tendance à nourrir celle-ci
  11. enfin, puis-je me permettre de demander qui est matthew robson ? Je n’ai pas réussi à trouver (au moment de l’écriture de cet article fin 2009) une trace de ce garçon, même dans Facebook dont je doute qu’il puisse être considéré comme de la technologie du XIXe siècle. Ainsi, et malgré mon commentaire introductif, il se pourrait bien que Matthew robson ait encore à travailler sur sa réputation en ligne, à moins que cela aussi soit un concept démodé.

de l’information et du bruit …

Qu’est-ce qui fait que l’information se démarque de la donnée et du cyber babillage ? L’information, est ce qui arrive à chaque fois que des sources sont vérifiées, revérifiées et lorsque des investigations ont lieu. Que cela soit fait par un blogueur, un journaliste, un chercheur, un professeur, voire même un étudiant n’a aucune espèce d’importance. L’information est également liée à l’identité des auteurs qui est dévoilée (même les rédacteurs de The Economist, bien que signalés aux lecteurs par des pseudonymes comme Charlemagne, le plus connu d’entre eux, peuvent être retrouvés sur l’annuaire média électronique du journal avec images et points de contact).

Ne vous y trompez pas, et ne rendez pas l’Internet responsable pour le fait que les adultes, et plus tard la génération Y, qui en fait ne sont que des adultes en devenir, ne sache plus faire la différence entre l’information et le bruit. Ce n’est pas Internet qui est responsable, mais les gens qui l’utilisent.

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Développement du télétravail en France : “les méthodes des managers français sont anciennes”

Nicole Turbé Suetens, co-auteure de Le télétravail en France, résume la situation de ce phénomène de société en nos frontières dans une brève vidéo réalisée par Xavier de Mazenod de Zevillage, que j’ai trouvée particulièrement intéressante :

  • - les chiffres qui sont les plus souvent cités montrant un blocage de la progression du télétravail en France sont des chiffres qui datent de 2004 et ne reflètent pas le réel développement de cette pratique ;
  • le développement spectaculaire du télétravail est indéniable mais il s’agit la plupart du temps d’un télétravail « gris » (c’est-à-dire résultant d’un accord tacite, et donc non recensé) ;
  • existe-t-il un blocage managérial en France ? Nicole Turbé Suetens confie que le blocage ne vient ni des syndicats ni du droit mais des méthodes sont anciennes du management en France qui souffre de 2 manques :
  • Que faire ? Mme Turbé Suetens conclut qu’il n’y a pas de retard sur le télétravail mais un retard organisationnel (confirmé par un rapport européen sur les organisations prenantes) que celui-ci se développe en même temps que la disponibilité des outils (outils collaboratifs/Web 2.0).

Quelques liens

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Coraid: la start-up aux 1.100 clients lance un défi économique à l’industrie du stockage

Kevin Brown présente CoraidCoraid n’est pas une start-up comme les autres. Fondée par Brantley Coile au début des années 2000, la société basée aujourd’hui à Redwood City, Californie a été plus que prolifique dans sa période de 2000 à 2009. En effet, la société compte aujourd’hui plus de 1.100 clients, tous gagnés sans commerciaux ni marketing ! nous annonce Kevin Brown, son nouveau directeur général (photo de gauche)

Une offre entièrement démarrée par le bouche-à-oreille

Ainsi, si c’est le bouche-à-oreille qui a permis accord est de se développer, le but aujourd’hui avoué par la nouvelle équipe dirigeante – un ensemble de très hauts profls de l’industrie comme Audrey MacLean et Kevin Brown– est de profiter d’une levée de fonds exceptionnelle de 10 millions de dollars pour faire de Coraid un véritable leader de l’industrie mondiale. Ce fonds de 10 millions de dollars est arrivé sans même le demander : « Coraid n’a pas besoin d’argent mais en obtient quand même » précise Kevin Brown. Ainsi Coraid peut s’attaquer à ce marché de 20 milliards de $ au travers d’une approche commerciale 100% indirecte ; il va sans dire que les investisseurs vont garder l’oeil rivé sur cette entreprise dans les mois – voire les années – qui viennent (mais il est peu probable que la société reste indépendante pendant très longtemps, lorsqu’on les presse de questions à ce sujet, la nouvelle équipe dirigeante ne cache aucunement ses intentions de revente de l’entreprise).

La plate-forme Etherdrive : une rupture technologique

la plate-forme de Coraid baptisée Etherdrive permet de « simplifier et de démocratiser le SAN » pour reprendre le titre sur Zdnet d’Olivier Bouzereau, directeur associé de Speedfire.com qui nous accompagnait dans ce voyage ; sans oublier de mentionner aussi que la donne économique du SAN est bousculée de fond en comble par cette solution (le TCO du SAN étant de 5 à 8 fois plus faible, les clients apprécieront !). L’astuce de Coraid était d’éviter de concurrencer et même d’améliorer les solutions communes de réseaux de stockage dans les data Center (iSCSI, Fibre Channel), mais de contourner le problème en apportant une véritable rupture technologique grâce aux technologies issues du réseau. En cette solution a un nom, ATA Over Ethernet, un nouveau protocole qui s’éloigne de TCP/IP (« le ‘i’ de iSCSI veut dire ‘Internet’, un très mauvais protocole pour communiquer en local, même s’il n’a pas d’égal pour envoyer de l’information en Chine » ajoute Brown) et qui permet de réaliser une rupture technologique, ce qui confère un avantage concurrentiel indéniable à Coraid.

Les marchés cibles pour Coraid sont la virtualisation, le stockage dans le nuage (Cloud Storage), les projets à consommation de ressources intensives (Performance Computing) comme les projets de séquençage du génome, les entrepôts de données (datamining) et enfin à la surveillance vidéo et réseau.

>> lire la suite sur le blog des TIC


Bertrand Garé : “l’informatique est passée à l’ère industrielle”

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J’ai eu la chance de me trouver avec Bertrand Garé de l’Informaticien à San Francisco en début Juin 2010 dans le cadre d’un voyage de Presse dans la Silicon Valley. Bertrand est un vétéran de la presse informatique et son point de vue est particulièrement juste quant à l’état de l’art de ce que nous avons pu observer en Californie au cœur de l’innovation dans la high tech.

Dans une brève interview vidéo, Bertrand Garé nous livre ses impressions que nous pouvons résumer ainsi :

  • une poussée forte, du point de vue de l’infrastructure, vers l’industrialisation de l’informatique, et ceci dans tous les secteurs, au travers de sociétés, certaines encore modestes, d’autres déjà spectaculairement développées telles Blade Network Technologies, Arista networks, Nexenta etc.
  • à l’opposé, vu de l’utilisateur, une tendance à la consumérisation de l’informatique avec des acteurs comme Zoho qui proposent non de simples outils en ligne, mais une révolution de l’usage informatique par les processus (accès par la tâche, non par l’outil)
  • En fin de compte une double poussée quasi contradictoire mais non mutuellement exclusive, à savoir une industrialisation de l’infrastructure à des régimes jamais vus auparavant – en stockage on parle de pétaoctets (10 puissance 15) et au-delà – et une simplification de l’informatique par l’utilisateur qui fait croire que tout fonctionne tout seul.

Je vous laisse découvrir ci-dessous l’interview de Bertrand dans son intégralité sur le blog d’Orange Business Services

[photographie Yann Gourvennec pour Orange Business Services]


le référencement Web expliqué aux responsables marketing 3/3

[troisième et dernière partie du guide de l'optimisation de référence pour les responsables marketing - cet article est la traduction d'un article originellement publié en  Anglais]

10 étapes pour améliorer votre référencement efficacement et simplement (suite)

Cette présentation inclut une planche PowerPoint résumant notre démarche pour les responsable marketing (voir la fin de l’article)

étape 6 : les mots-clés derrière les images (Internet par exemple) Les étiquettes d’images (alternate tags en Anglais) sont ces petits pop-ups qui apparaissent lorsque vous passez votre souris au-dessus d’une image. Votre référencement s’améliorera grandement si vous vous assurez que les images ont toute une étiquette, pertinente de vos mots-clés et de vos contenus. Vous pouvez également sauvegarder les images avec des mots-clés dans leur nom de fichier. Les noms de fichiers images sont également des URL (Unique Resource Location, les images sont des URL, comme les textes, les sons et les vidéos etc.) car ils sont indexés dans les moteurs de recherche aussi.

étape 7 : mettez des liens sur ces mots-clés Voici une étape souvent omise et pourtant c’est un des plus importants accélérateurs de référencement. Les moteurs de recherche aiment les mots-clés qui se trouvent dans des liens aussi il faut éviter à tout prix de nommer vos liens « cliquer ici » ou « lire la suite » etc. Au contraire, vos liens devraient systématiquement être explicités au travers de l’usage de vos mots-clés en bon français. « Télécharger le fichier » devrait être remplacé par « télécharger le rapport sur la sécurité informatique en Amérique » par exemple.

étape 8 : soumission aux moteurs de recherche Lorsque je travaille avec des responsables produits, je me rends compte que j’arrive souvent à capter leur attention jusqu’au point numéro 7 puis qu’ils pensent que cela s’arrête là ! Hélas non, c’est juste le point de départ. Ne vous arrêtez pas là en attendant les miracles, passez à l’étape suivante, qui consiste à signaler aux moteurs de recherche (notez le pluriel !) que votre page a été modifiée et qu’il est temps de relancer l’indexation. On appelle cette étape, la soumission aux moteurs de recherche. Google, c’est bien, mais ça ne suffit pas non plus. D’une part, la part de marché de Google aux États-Unis est bien plus faible qu’en Europe. Si vos produits sont internationaux … Paradoxalement, Bing a réalisé une percée plus forte outre-Atlantique que chez nous (65 % contre 85 à 90 %, source: les statistiques d’orange-business.com). En outre, en soumettant votre page de votre site à plus d’un moteur de recherche et aux annuaires, même les moins utilisés, vous rendrez possible la création de liens avec votre site, ce qui améliorera naturellement le référencement par ce critère (C.Q.F.D.)

étape 9 : passer l’overdrive avec les médias sociaux (alias Web 2.0) Optimiser un site statique (HTML) est une action longue et complexe. Ne croyez pas aux miracles. Les spécialistes de référencement nous vous garantiront jamais un référencement dans le temps d’ailleurs. Ceci à part, un référencement de site peut prendre de 6 à 12 mois pour être efficace. Référencer un blog par contre, peut prendre très peu de temps (15 jours si vous êtes doués). Si votre ciblage (étape 1) est bon, référencer un article via un blog établi peut parfois prendre moins d’1 heure (si vous êtes très bien positionné). Il faut donc savoir jouer la synergie entre Web et Web 2.0, en prenant en compte le fait que :

  • un site Web se référence dans la durée mais le référencement est pérenne ;
  • un blog se référence très rapidement mais de façon éphémère ;
  • les médias sociaux impliquent un référencement ultrarapide mais Ultra éphémère.

Ceci étant, éviter les faux blogs (flogs) à tout prix sauf si vous voulez être référencés pour avoir enfreint les règles des médias sociaux.

étape 10 : recommencer Il faut apprendre à donner du temps au temps. Tout ce travail ne s’arrête pas là. D’une part, les résultats ne sont pas obtenus instantanément comme nous l’avons déjà souligné. D’autre part, la persévérance nous permettra d’affiner votre référencement au fur et à mesure en corrigeant vos erreurs. Cette tâche est énorme, mais le gros avantage des grands entreprises est que le responsable Web peut former chaque marketing manager afin de s’approprier cette méthodologie et de répartir l’effort. Les PME auront certainement un peu plus de travail, mais d’un autre côté si elles sont plus petites, il y a de fortes chances aussi pour qu’elles aient moins de produits.

en conclusion

Le référencement est une matière très importante mais rien ne sert de s’obnubiler. Et mieux vaut se rendre à l’évidence : il s’agit d’une affaire de spécialistes. Cependant, chaque responsable marketing peut prendre la mesure – grâce à ce kit pratique – de ce qui peut être fait à son niveau et participer ainsi de l’effort collectif. Ce guide n’a de sens que si vous le mettez en œuvre vous même ; lire ne suffit pas, il faut pratiquer. De plus, il faut mettre en garde contre les miracles. Ceci n’existe pas. Les balises META, par exemple, ne sont pas une panacée. De même le rang n°1 dans les requêtes est souvent un objectif inatteignable si vous n’avez pas respecté les étapes recommandées ici et notamment l’étape 1 de définition des mots clés cible (encore un point sur lequel un professionnel du référencement ne s’engagera pas, c’est un signe qui ne trompe pas). Ma recommandation aux responsables marketing est de ne pas – comme je le vois trop souvent hélas – se préoccuper trop de technique Web que de toute façon ils ne maîtrisent pas et de laisser celle-ci aux spécialistes. Par contre, de se focaliser sur ce qu’ils doivent savoir faire le mieux, c’est-à-dire décrire et écrire sur leurs produits, être didactique, expliquer l’usage, parler le langage de ses clients et de son écosystème. Ceci en soi – comme je l’ai montré ci-dessus – est suffisant pour améliorer le référencement de vos sites Web et de leurs catalogues produits. Une bonne description produit se référencera facilement, et quasiment sans effort. À vos stylos, à vos souris !

Quelques outils simples que je recommande :

1) Google Trends et Google Insights pour vérifier la popularité des recherches sur Google

2) Google (Adwords) Keyword Tools en Anglais et son équivalent (générateur de mots-clefs Google) en Français vous aidera à vérifier la popularité d’un mot-clef dans les moindres détails et vous permettra de définir ou de demander aux marketing managers de définir eux-mêmes leurs niches de référencement

3) WebCEO, un outil complet et bon marché, utilisé par beaucoup de grandes marques

4) Page ranking , un outil désormais un peu désuet mais qui pourra sans doute un jour revenir à la mode Présentation en 1 planche pour résumer la démarche, l’expliquer à vos marketing managers et l’appliquer

note importante : nous rappelons que ceci n’est pas destiné à être un guide exhaustif du référencement. Toutes les étapes décrites ci-après ont été volontairement simplifiées de façon à aider les responsables marketing, sans pour autant les transformer en experts de l’informatique. La méthode décrite ici pourrait certainement être critiquée pour n’être pas assez scientifique par les experts du référencement professionnel ; c’est volontaire. Ce qui a guidé cette démarche est le pragmatisme et le fait que sur le terrain, cette méthode a montré des résultats, dans la durée.


le référencement Web expliqué aux responsables marketing 2/3

[deuxième partie du guide de l'optimisation de référence pour les responsables marketing - cet article est publié en 3 parties, il s'agit d'une traduction d'un article publié originellement en Anglais]

10 étapes pour améliorer votre référencement efficacement et simplement

cette présentation inclut une planche PowerPoint résumant notre démarche pour les responsable marketing (voir la fin de l’article)

étape 1 : définir sa niche de référencement

Essayer de tout dire à tout le monde n’est pas une bonne méthode marketing en général. Mais en ce qui concerne le référencement d’une page Web il s’agit d’une erreur fatale. Tout d’abord, le responsable marketing se doit de se focaliser sur ce qu’on appelle une niche
de référencement de façon être bien positionné dans les moteurs de recherche. Si atteindre le rang numéro 1 sur une requête est l’objectif ultime, il est rarement obtenu dès le premier jour, et force est de noter d’ailleurs qu’il n’y a aucune garantie qu’il soit obtenu du tout et encore moins dans la durée.

comment trouver sa niche

Il est plus facile et plus efficace de cibler des niches, une par une, dans chaque page que vous voulez référencer, et en fin de compte, votre référencement global s’améliorera, même sur un mot-clef très générique. Exemple : c’est à force de référencer Visionarymarketing.com sur « marketing stratégique » et autres niches similaires qu’en définitive, ce nom de domaine est bien référencé (sur une langue et sur 1 domaine Google, le .fr) sur le terme valise « marketing ». Mais cela prend du temps et le domaine existant depuis 15 ans, on imagine la patience qu’il faut avoir !

  • Ensuite, il vous faut cibler 3 mots-clés ou combinaison de mots plutôt (une page peut se faire référencer sur plus de trois mots-clés, j’en ai que quelques exemples, mais il est plus difficile de cibler plus de 3 mots-clés car cela demande un temps de travail supérieur pour un résultat pas forcément meilleur) ; car si vous voulez rester cohérent, ces mots-clés devront être répétés dans votre texte, alors imaginez si vous en avez 10 !
  • Votre site Web est certainement doté de plus d’une page – je vous le souhaite – alors utilisez le même principe et d’autres mots-clés, en basant votre travail de référencement sur la pertinence de ces mots-clés par rapport au contenu de vraies pages (plus les mots-clés sont répétés sur une page, plus la pertinence est élevée puisque cette répétition naturelle montre que la page en question est bien pertinente de ce ou ces mots-clefs.
  • N’essayez pas de ruser pour tromper les moteurs de recherche, leurs concepteurs sont plus malins que vous et remplir, par exemple, une page d’un mot-clé répété indûment ne trompera personne, surtout pas les algorithmes des moteurs de recherche et en outre, cela rebutera définitivement vos utilisateurs.

analyser la popularité et la concurrence de vos mots-clefs

  • L’indice de popularité vous dira à quel point un mot-clé ou une combinaison de mots-clés plus exactement sont recherchés par les utilisateurs (par jour, par mois etc.) ;
  • L’indice de concurrence vous dira combien de sites tiers ont essayé d’utiliser cette même combinaison de mots-clés pour se référencer ;
  • La bonne combinaison entre popularité et concurrence est appelée KEI (qui signifie Key Efficiency Indicator, soit indicateur clé d’efficacité), un moyen efficace de maintenir l’équilibre entre les 2 facteurs.
  • Il faut ensuite s’adapter par rapport à la réalité. Certains des chiffres donnés par les outils de génération de mots-clés (voir la fin de l’article pour quelques outils recommandés) n’auront aucun sens pour vous à moins de les interpréter correctement et d’éliminer les mots-clés non pertinents. Par exemple, le mot-clef « réseaux » semble très pertinent pour les opérateurs de télécoms, mais en fait non parce que la plupart du temps le réseau, dans l’esprit des personnes recherchant sur Internet, se rapporte aux « réseaux sociaux ». Une simple requête sur les moteurs de recherche vous prouvera très rapidement que c’est le cas, et vous pourrez lever l’ambiguïté en qualifiant mieux les mots-clefs (« sécurité réseau », « optimisation réseau », « architecture réseau », sont des mots-clés beaucoup plus pertinents par exemple.

Chaque page peut se faire référencer avec une stratégie différente. C’est en procédant ainsi que vous pourrez vous assurer que vous avez touché vos différentes cibles avec le même site Web.

Note : « le KEI fut développé par le gourou des moteurs de recherche Sumantra Roy. Il compare les recherches journalières avec le nombre de pages Web en concurrence sur le même mot-clé et tente d’extraire exactement les mots-clés qui sont ceux que vous devriez utiliser pour optimiser votre site » (source : sitepoint).

étape 2 : améliorer votre titre de page

Comme nous l’avons déjà dit dans un article précédent sur le contenu sur Internet (ici en anglais), c’est dans le titre qu’on voit le bon contenu. Le bon référencement également. Ceci est assez évident que je ne vais pas m’étendre. Si votre page est destinée à cibler « l’architecture de réseaux », inutile de l’intituler autrement, il vous faudra donc reprendre ces mots-clés dans le titre.

étape 3 : rajouter ces mots-clés dans l’URL

Rajouter ses mots-clés dans l’URL sera également très efficace dans la mesure où cela améliorera l’appréciation de votre site par les moteurs de recherche. Cela veut dire également que des mots-clés génériques seront choisis, et non des mots-clés spécifiques. Dieu sait combien les responsables marketing sont obsédés par leurs marques, ceci est naturel dans un sens, mais ce n’est pas forcément le cas de vos visiteurs sur Internet. Ce que vous devez faire c’est associer les mots-clés génériques à votre marque et au contenu de qualité que vous fournissez. C’est juste le même objectif, il ne s’agit pas de dire que la marque n’est pas importante, mais cela marche à l’envers.

étape 4 : même si vous avez l’impression que ça ne sert à rien et qu’elles sont invisibles, mettre à jour les balises META ne peut pas faire de mal.

Les gourous du référencement Web peuvent toujours déclarer que les méta balises sont mortes et enterrées, force est de constater que mon outil de référencement n’est pas du tout d’accord. De plus je ne pense pas que ça puisse vraiment faire de mal si vous rajoutez quelques mots-clés dans la description et dans les meta keywords et même dans la balise auteur censément transparente : voici mes raisons :

  • Google a déclaré que ces méta-balises étaient finies mais leur algorithme est tenu secret et change régulièrement
  • ainsi, pouvez-vous me garantir qu’ils ne changeront jamais d’avis ?
  • c’est une question de discipline, car puisque vous allez passer un peu de temps sur votre page et son référencement, cela veut probablement dire que vous allez réfléchir aux mots-clés, et ceci en soi est déjà parce que peu de personnes – notamment vos concurrents – le font
  • votre outil de référencement (voir ci-dessous) vous laissera tranquille et vous dira que vous avez bien travaillé

Je ne recommande pas de passer outre cette étape qui en quelques secondes permet éventuellement d’affiner votre réflexion sur l’utilisation de ces mots-clés. Même si cela ne sert à rien, au minimum, cette exercice vous force à réfléchir, c’est un peu comme si on nettoyait la table avant de manger, c’est beaucoup plus sympathique et plus propre.

étape 5 : le contenu de la page doit refléter le choix des mots-clés

Le contenu de la page (page copy en anglais) est en fait le nœud du problème. J’ai vu bon nombre de sites web en 15 ans, qui ressemblaient à des versions papier de la brochure d’entreprise : de jolies images, une jolie animation flash est très peu de texte. En général, les responsables marketing cherchent à se débarrasser du texte. « c’est pas beau » ; « la page est encombrée » ; « tout ça c’est pas propre, on a du mal à trouver ce qu’on veut » … voici quelques exemples des retours habituels qu’on obtient de la part des responsables marketing qui pensent qu’ils peuvent concevoir un site Web parce qu’ils surfent depuis 5 minutes. Le problème, c’est que le contenu textuel dans un site Web est plus important que tout.

Le nombre de fois où votre contenu et vos mots-clés sont répétés dans votre page est d’une importance ultime, et non seulement à cause des moteurs de recherche. La raison pour laquelle ils se comportent ainsi est que leurs programmeurs ont, à juste titre, pris la décision que si vos pages parlaient de football, elles devaient contenir une forte proportion de ce mot-clef afin d’en garantir la pertinence. Une façon de se rassurer sur le fait qu’une page véritablement en propos d’un sujet est de mesurer le nombre d’occurrences de vos mots-clés cibles. Le résultat, c’est que chacune de vos trois combinaisons de mots-clés devrait être répétée en moyenne 5 à 10 fois par page. Et si cette page est juste un copier coller d’une de vos brochures, changez de métier.

à suivre …


le référencement Web expliqué aux responsables marketing 1/3

le référencement, un outil fondamental du marketing

De tous les sujets touchant le Web, il en est un qui se trouve souvent en tête de liste du point de vue marketing, je veux parler du référencement Web et de son optimisation (SEO en Anglais pour Search Engine Optimisation). En effet, il s’agit d’un des leviers les plus importants pour apporter du trafic sur un site. Difficile de ne pas rencontrer un seul responsable produits, ces deux dernières années, qui n’était pas obsédé par le fait que ses produits apparaissent ou n’apparaissent pas dans les moteurs de recherche. Et bien entendu, les attentes en termes de l’amélioration et optimisation des pages Web de façon à les adapter aux moteurs de recherche est une préoccupation tout à fait légitime. Ceci explique pour beaucoup les pressions à l’encontre des responsables de sites Web comme votre serviteur.

le référencement n’est pas une affaire de tricheurs (même si ceux-ci existent)

Prenons du recul par rapport à cette pression, et revenons-en aux explications ; c’est ce que je vais tenter de faire dans ce guide du référencement à l’attention des marketers. Dans le fond, améliorer son référencement n’est pas une question de détournement des règles d’indexation des moteurs de recherche, malgré la croyance la plus répandue; bien au contraire, il s’agit avant tout d’une optimisation de votre marketing, avant même une optimisation de votre site web. Si vous essayez d’optimiser votre site en mettant en avant des « produits blancs » alors que vous vendez des « produits noirs » parce que les « produits blancs » se vendent mieux, ceci n’est pas révélateur d’une mauvaise approche du référencement mais d’une erreur de stratégie marketing. Ne ricanez pas, ce n’est pas une exagération.

Aussi je ne vous ferai pas perdre votre temps en débattant à l’envi du fait que le référencement soit une affaire de tricheurs ou pas. Disons plus exactement que ce n’est pas cet aspect-là qui m’intéresse. Je me pencherai plutôt sur l’aspect éducatif du référencement, et c’est pour cela que j’ai conçu ce kit de survie du référencement pour les responsables marketing dans lequel je détaille les fondements du référencement. Le but de ce kit est d’aider les managers marketing dans leur tâche quotidienne qui consiste à améliorer leur contenu et mieux servir leurs clients et prospects. Une présentation PowerPoint en 1 planche est fournie en fin de 2ème partie de cet article en complément à cette méthode, qui sert aussi de prolongement à notre précédent article sur le contenu sur Internet (article en Anglais).

le référencement est plus qu’une affaire de pages Web : il s’agit de stratégie

Je ne vais pas ici décrire l’intégralité des techniques de référencement. D’abord ce serait tâche impossible tant les moteurs de recherche changent leurs règles au jour le jour, et même si je ne me concentrais que sur Google, ceci ne me simplifierait pas quand même la tâche. Dans cet article, je me  focaliserai sur les fondements du référencement web et de l’optimisation. J’ai utilisé cette méthodologie sur le terrain, car je l’ai trouvée assez efficace pour sensibiliser les marketing managers aux bonnes pratiques du référencement et les aider à prendre en main eux-mêmes cette tâche, de façon non seulement à améliorer leurs pages Web (le catalogue produits notamment), mais aussi en vue d’améliorer la façon dont leurs produits et leurs services sont présentés : c’est ainsi que dans le fond, je pourrais résumer tout ceci en disant qu’améliorer votre référencement vous aidera également à affûter votre approche produits, faisant ainsi d’une pierre deux coups.

ne pas partir sur des idées fausses

Quand les responsables marketing viennent me voir pour améliorer leur référencement, ils viennent souvent avec des idées négatives, et parfois préconçues, sur l’Internet et sur le référencement, mais en fait il est rare que le problème évoqué soit réellement un problème de Web.

_ je ne peux pas voir mes produits quand je tape « numéros gratuits » dans Google me dit un responsable marketing (changer le mot-clé ou le nom du produit, le problème est toujours le même)

_ bien sûr réponds-je, et pourquoi ton produit s’appelle-t-il « numéro vert »et pas « numéro gratuit ? »

_ c’est normal répond le marketing manager, ce n’est pas comme ça qu’on l’appelle en interne !

note : l’exemple est fictif, ce n’est pas un reflet d’une conversation réelle mais le fruit d’une adaptation

Le résultat naturel de ce genre de démarche, c’est que le nom d’un produit qui est uniquement utilisé en interne ne se verra jamais à l’extérieur sur le Web car un site Web n’est pas fait pour une population interne, il s’adresse à des visiteurs de l’extérieur qui veulent qu’on leur parle avec leur vocabulaire, et non pas le vôtre.

se mettre à la place des utilisateurs, être simple, ouvert et didactique (surtout pour les produits techniques)

En fait, ceci veut dire que le responsable marketing en question va devoir se mettre à la place de ses visiteurs et arrêter de regarder le monde au travers de ses propres yeux. Dans le fond, c’est bien là l’essence du marketing et cela n’a rien à voir avec le Web, qui ne fait qu’agir comme un révélateur.

(illustrations issues de Microsoft Clipart Gallery)


organisation du travail et développement durable : un rapport d’étonnement sur les 15 dernières années

Voici une vidéo de mon intervention sur travail collaboratif, organisation du travail et développement durable, dans le cadre de mon intervention à l’Acidd du 15 avril 2010 (malgré les apparences c’est bien moi, même si je ne m’appelle pas Le Gourvennec !), dans les locaux de Cap Digital. J’y suis intervenu à la demande de Gilles Bérhault et de Richard Collin, organisateurs de ce petit déjeuner. Outre la vidéo je vous livre ici en quelques points les passages marquants de cette vidéo :

En guise d’introduction, je conseille de lire voire de relire l’ouvrage de Joël de Rosnay intitulé Le Macroscope, un livre de 1976 qui décrit merveilleusement bien la complexité des économies et de l’écologie, une excellente introduction à la compréhension de ce domaine. Mon intervention portera sur le domaine du service, censé représenter environ 70 % de la richesse de nos pays occidentaux.

Économie symbolique (cf. Charles Handy) : notre économie est devenue essentiellement symbolique, comme cela était prédit dès 1995 par le célèbre autreur irlandais Charles Handy, ce qui implique que – dans une économie où la production devient intangible – les acteurs économiques produisent des livrables, même si vu de loin on ne comprend plus toujours la portée exacte de ces livrables. Le travail devient immatériel, et pourtant il a une valeur économique certaine.

Internet se répand en 1995, et déclenche un énorme espoir chez les travailleurs symboliques qui envisagent de pouvoir se libérer des contraintes du travail, notamment des contraintes de transport mais aussi d’ouvrir le champ des possibles : dans le début des années 1990: on ne pouvait à peine gérer un à deux projets par an. Aujourd’hui les outils de collaboration rendent possible la gestion de 10 à 15 projets par an. cet apport technologique permet de travailler différemment. En outre, apport d’une ouverture possible sur le monde via ces outils qui sont, en théorie du moins, internationaux.

Trois expériences relatées dans la vidéo:

  • UNISYS en 1996 : suppression des bureaux fixes, et ma première expérience du travail en tout lieu et en tout temps, dans des bureaux de passage (j’avais déjà tâté du travail à domicile dès 1990 avec l’achat de mon premier ordinateur portable.
  • autre exemple externe et marquant, avec les bureaux de proximité créés par IBM en 1995 (voir le site de Jean-Michel Yolin) : fait marquant, à moitié du temps économisé par les employés fut réinvesti dans leur travail.
  • dernier exemple marquant, celui d’Accenture : suppression des bureaux en 95 et installation sur les Champs-Élysées en ‘hoteling’ puis fermeture et création des bureaux à la Grande bibliothèque à la moitié des années 2000.

Quid 15 ans après :

Retour sur le film de Jacques Tati, PlayTime, en 1967. Ce qui était visionnaire dans ce film, c’est l’arrivée du modèle anglo-saxon des années 70, celui intitulé des « cublicles» (cf. le principe de Dilbert) qui sont en soi un écosystème. Dans les grandes sociétés, que trouve-t-on encore aujourd’hui ? toujours la même chose ! Avec des variantes cependant. En France : 15 ans après on n’en est seulement en train de mettre cela en œuvre ; même si la tendance chez nous est de supprimer les cloisons d’isolation phonique pour une raison que je m’explique mal.


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