Archives mensuelles : novembre 2010

la fin de l’avantage concurrentiel par la technologie

( note: rediffusion d’un article paru le 3 mai 2010)

Nous analysons dans nos colonnes aujourd’hui un nouveau livre qui vient de paraître aux éditions Dunod dont le titre est marketing pour ingénieurs, écrit par Alain Goudey et Gaël Bonnin (précisons pour la transparence qu’Alain Goudey est professeur et chercheur associé à Paris-Dauphine, où j’enseigne également). Je remercie Alain de m’avoir fait parvenir son ouvrage afin que je puisse le commenter.

Ce livre fait partie du clan restreint des livres pour le marketing des technologies, on comprendra donc aisément l’intérêt que j’ai à le présenter ici même. En quelque sorte, ce genre de bouquin me rappelle des souvenirs. De 1987 à 1995, alors en charge de la maîtrise d’ouvrage (on n’appelait pas ça comme ça à l’époque) chez Unisys, j’avais déjà eu une « vision » de la mutation technologique en cours qui impliquait un besoin d’une formation double. C’est l’approche que j’ai développée dès 1995, et confirmée ensuite en 2004 dans mon ebook sur le marketing des TIC.

Ensuite, pendant la bulle Internet il était d’une constante qui revenait comme un leitmotive : tous les ingénieurs que je rencontrais voulais faire de la vente, tous les étudiants des écoles de commerce voulaient faire de l’informatique ! ces deux-là étaient donc bien faits pour se rencontrer, c’est ce que nous observons aujourd’hui, avec l’estompage des différences entre les deux types de formation et de profils. Ensuite, et c’est ce qui est soulevé dans la préface d‘Hervé Biausser, directeur de l’école centrale de Paris, le besoin naît du changement des entreprises elles-mêmes : D’une part, la valeur n’est plus apportée par la prouesse technique (même la promesse du constructeur allemand Audi “l’avance par la technologie”, où on remarquera d’ailleurs la disparition du mot technique en Français même si le “Vorsprung durch Technik” allemand est resté, ne cache-t-elle en fait que la prédominance des aspects du marketing de l’image sur les aspects technologiques, du moins en France). D’autre part la prédominance du service (c’est toujours Biausser qui parle) qui fait aussi que les ingénieurs sont de moins en moins employés à faire des boulots … d’ingénieurs.

la vision ingénieur du marketing maintenant obsolète

la "vision ingénieur" du marketing maintenant obsolète

La pierre angulaire de cet ouvrage, mais aussi de la mutation technologique et humaine en cours, c’est que la “vision ingénieur” du marketing où le marketing serait un “machin” pour faire de la mousse mais qui n’a pas grand intérêt, cette vision donc tend à disparaître pour une vision radicalement inverse, où le marketing donne tout son sens au travail d’ingénieur. Il faut donc décloisonner, ouf ! Je tirerais également l’attention sur l’excès inverse, tout aussi idiot à mon avis, qui consiste à considérer l’excellence technologique comme un falbala inutile. C’est pour moi un des préalables du marketing technologique : d’abord ça doit marcher, ensuite il faut pouvoir vendre. Il serait illusoire de croire que les techniques de marketing permettent de vendre  n’importe quoi, surtout des choses qui ne fonctionnent pas(il y a bien quelques exceptions mais point trop n’en faut, Microsoft qui a su redresser la barre avec Windows 7 est là pour en témoigner). Ce livre, c’est donc un retour aux fondamentaux du marketing. Vosu me direz que ces derniers sont souvent critiqués pour leurs limites sur ce site, mais n’oublions pas qu’il faut savoir maîtriser avant de critiquer, et donc ce livre a toute son utilité.

En cette fin d’avantage technologique, les produits se banalisant énormément, la technologie se banalisant elle-même, les forts taux d’échecs commerciaux de la recherche et développement rendent l’apprentissage du marketing par les ingénieurs obligatoire. J’attire néanmoins l’attention des lecteurs sur le fait sur les effets de halo : il y aura toujours des échecs, c’est bien là un paradoxe, pour réussir il faut savoir aussi beaucoup rater, je renvoie le lecteur au livre de Scott Berkun sur l’innovation.

Dans ce livre donc on trouvera 2 grandes parties : d’une part la stratégie marketing expliquée aux ingénieurs, puis les quatre éléments du mix (produit, communication, distribution, prix) en 4 chapitres séparés. C’est donc un bon vade-mecum des approches marketing fondamentales, utile  aux ingénieurs qui veulent se lancer dans le marketing et aller au-delà de leur métier de base. Mais les exemples cités peuvent éclairer avantageusement les non ingénieurs également qui voudraient utiliser cet ouvrage pour éclairer les démarches marketing technologiques, hors des sentiers battus des démarches marketing de produits de grande consommation.

Les auteurs attirent l’attention des lecteurs – à juste titre – sur les dangers inhérents à la création de stratégies in abstracto, qui ne communiqueraient pas avec chacun des éléments du mix (ce qu’ en approche complexe on appelle « vision hologrammatique » voir le marketing Finalitaire). J’ajouterais la nécessité de

  1. confronter les approches au terrain ;
  2. rester concret et proche de la vente (« celui qui n’a pas vendu n’a jamais vraiment travaillé » rappelle Hervé Biausser dans son introduction en citant cette phrase de Lee Iacocca) ;
  3. utiliser les check-lists avec un oeil très critique sans perdre de vue que nombre de démarches rationnelles se construisent a posteriori (pour rassurer les investisseurs?!).

Le paradoxe de ce marketing de la technologie – où la technologie est partout, mais où les éléments gagnants sont ailleurs (image, communication et… notoriété avant tout, dans un monde où le « gagnant remporte la mise » selon le bon mot de Seth Godin) – où plus la complexté des offres des marchés et des clients s’accroît, plus il faut savoir adopter des démarches au corps à corps, mêlant vente et marketing, pragmatique et adaptative. Armés de cet attirail méthodologique, les ingénieurs – et les non ingénieurs rappelons-le – qui sauront y puiser avec pragmatisme et bon sens – pourront éviter les pièges du « techno-centrisme».

Car voici la fin venue – toujours ce paradoxe – de l’avantage technologique, que d’aucuns comme Nicholas Carr ont à leur manière annoncé il y a quelque temps déjà.


9ème forum des utilisateurs de systèmes décisionnels et de gestion de l’information en entreprise

Media Aces et Visionarymarketing vous invitent à vous inscrire au forum Decideo qui aura lieu le 8 décembre 2010 au centre de conférences Coeur Défense, à la Défense à Paris (RER A et Métro 1 Grande Arche de la Défense). Parking la Défense centre ou 4 temps.

Forum Decideo 2010 - 8 decembre 2010 - Coeur Défense

Dix retours d’expériences utilisateurs à découvrir le Mercredi 8 décembre 2010 – 9ème édition à Coeur Défense

Cliquez ici pour vous inscrire en ligne

AGENDA

8h30 à 9h

Accueil petit-déjeuner et visite de l’espace exposants

9h à 13h

Session plénière, témoignages d’entreprises

  • Bruno AZIZA, auteur de “Drive Business Performance: Enabling a Culture of Intelligent Execution”
  • Témoignage de i-BP (Informatique Banque Populaire)Ludovic FAVARETTE, responsable maîtrise d’ouvrage
  • Témoignage de Score-MDThierry BOBIN, IT Manager
  • Témoignage de SNCF – Jean COSSON, direction du développement durable
  • Shawn ROGERS, analyste indépendant
  • Témoignage de SFRFrançois NGUYEN, Directeur du système d’information interne
  • Témoignage de AIR FRANCE – Marc-Eric FRANCÉ, Responsable du pôle décisionnel – direction marketing

Entre 13h et 14h

Buffet déjeunatoire et visite de l’espace exposants

De 14h à 17h

Conférence, Ateliers interactifs, visite de l’espace exposition

  • Atelier “Web Analytics”, animé par Philippe NIEUWBOURG, Decideo
    • Témoignage de Hervé KABLA, Président de Media-Aces
    • Témoignage de Eric HOBEIN, Europages.com
    • Expertise de Edouard SERVAN-SCHREIBER, Teradata
  • Atelier “Innovation”, animé par Jean-Marie MESSAGER, SOPRA Consulting
    • Ateliers “nouvelles versions” animés par les éditeurs présents au congrès : Jedox (Palo) par Victor COUSTENOBLETalend par Benjamin BOUTROS, etc…

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Les différentes formes de l’innovation (via Stratégies d’innovation)

Je vous conseille cet article sur les “différentes formes de l’innovation” par Mathieu Charpy, un jeune Français expatrié en Angleterre. La notion de “désidérabilité” est débattable bien sûr, mais toute typologie a pour but de faire réfléchir. Le schéma de Moore est bien représenté.

Les différentes formes de l'innovation Trop souvent, on a tendance à n’entendre par innovation que le développement de nouvelles technologies. Or les innovations issues de la recherche et développement ne représentent qu’une partie seulement de ce qu’englobe le terme “innovation”. En effet, les innovations peuvent aussi être liées à un nouveau concept de business, à un nouveau service jusqu’ici délaissé par les entreprises du secteur, à une nouvelle façon de s’adresser aux clients, à … Read More

via Stratégies d’innovation


Nespresso : la guerre des capsules – état des lieux par Vanksen

Nos excellents confrères de Vanksen nous offrent cette présentation sur la guerre des capsules Nespresso déclenchée par Douwe Egberts (L’Or). Etat des lieux :


Webinaire gratuit : Outils et indicateurs clés d’audience Web, le 25 novembre 2010

L’équipe Web d’Orange Business Services est heureuse de vous inviter à son prochain Webinaire qui se déroulera sur 2 sessions aux choix : le  Jeudi 25 novembre  8h00 à 9h00, sur le thème :

Outils et indicateurs clés d’audience Web
pour augmenter votre trafic et recruter plus de clients

Inscrivez-vous
(clôture des inscriptions le 19 novembre)

Après une brève présentation en vidéo, je laisse la parole à quelques uns de nos intervenants :

Raphaël Richard, Président fondateur de Neodia Webmarketing,

Quels outils, quels indicateurs clés et quels tableaux de bord, pour suivre votre audience Web et optimiser vos actions en b to c ?

Hervé Gonay, Président fondateur de Webleads Tracker

Comment recruter plus de clients entreprises grâce au marketing b to b sur Internet ?

S’inscrire à l’une des sessions du  Webinaire
(Date limite d’inscription 19 novembre – chaque session est limitée à 200 personnes)


médecins du monde : guerre marketing non charitable sur Google

économie du don ou économie du v(i)ol ?

Vu (ci-dessous) et pris la main dans le sac des dons en préparant mes étrennes de la fin d’année. J’hésitais entre Médecins du monde et médecins sans frontière et en cherchant dans Google France, je trouve que Médecins du Monde a acheté le mot clef “médecins sans frontières”. J’ai vérifié l’inverse et à ce jour, Médecins sans frontières n’a pas répliqué.

J’ai donc penché sans coup férir pour Médecins sans frontières, jugeant cette pratique déplacée. Le Marketing a ses limites, il s’agit de celles de l’éthique et de la décence. Je n’ai pas vu, mais je peux me tromper(*) non plus Médecins sans frontières recourir aux pratiques de racolage dans la rue, qui sont très  discutables (car les recruteurs sont payés, ne sont donc pas bénévoles, et font partie d’une société qui se nourrit sur vos dons pendant 1 an avant de reverser aux associations [cette dernière affirmation non vérifiée je précise, mais issue d'un livre de Marc Reidiboym, donateurs si vous saviez : pour croiser les infos, allez voir Rue89].

(*) laissez vos témoignages dans les commentaires

Je recommande aussi de donner aux restos du coeur qui font un super boulot et restent déontologiques et recourent peu au marketing du coeur.


Comment un Français a inventé le business model de Google !

J’ai rencontré Daniel Laury à San Francisco où  nous avons discuté business. Puis, je lui ai demandé comment il était arrivé ici et il m’a raconté l’histoire de Lucky Surf, un précurseur du marketing par le jeu (voir l’archive du site ici), mais aussi – et c’était encore plus étonnant – un pionnier du modèle au PPA (pay per action), et donc par extension, l’inventeur du modèle qui a rendu Google si riche. L’histoire de LSF n’a pas été aussi simple, notamment lorsque la bulle a éclaté, mais l’orage est passé et finalement, Lucky Surf a été vendue et Daniel a lancé un spin-off – LSF Network – dédié au marketing Internet, qui est devenu son activité principale. Etonnante interview, n’hésitez pas à voter !


Discovery Channel : “ce sont nos fans qui font notre marketing !”

A Blogwell Philadelphie le 9 Novembre, après une présentation du confiseur Hershey (non traduite, voir la version anglaise ici), j’ai pu apprécier le business case très intéressant de Discovery Communications, exposé par ses 2 responsables, Amber Harris et Gayle Weiswasser. Discovery Communications est la société qui chapeaute un grand nombre de chaînes de télévision et de programmes, dont le célèbre Discovery Channel.

Les requins: un sujet qui fascine les foules

Cette 3ème présentation était centrée sur l’événement annuel de la chaîne intitulé Shark Week (la semaine des requins) qui comme son nom l’indique est dédié aux squales, un sujet ô combien populaire auprès des petits et même des parents, avouons-le ! Cet événement revient tous les ans depuis 23 ans et il fait l’objet d’un véritable culte. Voilà pour le terreau de départ, mais comment apporter de l’innovation dans tout cela et passer à la vitesse supérieure ? C’est là que les médias sociaux entrent en ligne de compte, et c’est le défi que se sont fixés nos confrères de la chaîne Discovery.

Leur astuce a donc été de sacraliser cet événement en le rebrandant “Happy Shark Week” et en lui ajoutant un grand nombre d’événements transmédias, à base de Web social. La campagne fut focalisée sur l’interdiction du trafic d’ailerons de requins qui fait rage dans beaucoup de pays, y-compris en Europe, trafic qui consiste à couper les ailerons des requins, relâcher ceux-ci qui du fait sont voués à une mort certaine et douloureuse puisqu’ils se noient, afin de revendre ces ailerons à prix d’or dans les pays où on les consomme notamment pour faire des soupes. Un partenariat fut créé avec l’aquarium d’Atlanta, le plus grand aquarium du monde, où de nombreux requins sont présents, y-compris les énormes requins baleines.

La stratégie de Discovery

Gayle a rappelé utilement que les médias sociaux sont “tout entiers tournés vers l’animation des communautés”. Quand on dispose d’une telle communauté spontanément créée, il serait en effet dommage de ne pas l’animer. Discovery n’a donc pas cherché à réinventer l’eau tiède, mais ils se sont plutôt focalisés sur le travail avec les influenceurs de cette communauté, car ce sont eux, ces “fans qui peuvent faire [leur] marketing pour [eux]. Le travail suivant fut donc de lancer une campagne d’analyse du buzz conséquente afin d’identifier les influenceurs clefs et rentrer en contact avec eux. La semaine des requins avait lieu la semaine du 6 Août mais Discovery a voulu prolonger l’événement au-delà de ces dates.

Approche du terrain

les RP ont réussi, dans un premier temps, à intéresser les grands portails, et des opérations de street marketing ont été mises en place, comme cette inclusion de requin dans un bâtiment à Washington qui a fait s’arrêter plus d’un badeau et nombreuses sont les photos de ce requin qui ont été prises et mises en ligne. Nos 2 présentatrices ont – au cours de leurs recherches – découvert des enthousiastes qui posaient avec leur t-shirt et des fausses machoires de requin et qui se filmaient sur YouTube.

Discovery s’est focalisé sur Twitter pour son côté événementiel, ce qui indique aussi la maturité en termes d’utilisation de Twitter aux Etats-Unis, un phénomène qui n’a rien à voir en France, qui peine à rivaliser avec son voisin britannique sur ce sujet. Les fans étaient encouragés à porter leurs t-shirts et à poster leurs vidéos eux-mêmes sur la chaîne YouTube de la compétition “Shark Week video challenge”.

Discovery n’avait de page officielle dans Facebook avant l’événement, elle fut donc créée. Les vidéos ont apporté beaucoup de trafic sur les sites. La campagne ‘adopter un requin’ a aussi permis de récolter les dons des fans pour la cause sus-citée.

Des résultats impressionnants

Il n’est pas étonnant dans un sens que les résultats aient été au rendez-vous, au vu du thème particulièrement porteur que constitue les requins, mais il faut quand même reconnaître que ceux-ci vont bien au-delà de la moyenne: 14.000 contenus et articles de bogs furent recensés par Discovery durant l’événement et le hashtag #sharkweek fut dès le premier jour au dessus de tous les autres thèmes Twitter sur la planète, un exploit réservé à quelques happy few. Sharkweek a été mentionné plus de 91.000 ente les 1 et 6 Août ce qui permit 100 millions d’impressions (on se souvient du chiffre de 15.000 chez SAP lors de la 1ère présentation du 9 Novembre) sur Twitter, ce qui représente vraiment beaucoup de volume. Avec humour Amber signala que la courbe de Radian 6 ressemblait à un aileron de requin, montrant ainsi la portée de l’événement sur le Web Social.

Des recettes ?

Ce qui a fait que cela a fonctionné selon les présentatrices était la complémentarité du numérique et des relations presse classiques, les partenariats et l’implication de l’équipe dans Twitter. Toutefois, il y eut quelques résultats mitigés comme ceux du concours photo qui n’a généré que 28 clichés, ce qui montre à quel point la collaboration est un art difficile. Facebook lui aussi a quelque peu déçu nos confrères de Discovery Channel mais ce qui est instructif, c’est la conclusion d’Amber à ce sujet : “on ne sait pas toujours ce qui va de travers, des fois on fait tout bien et pourtant ça ne marche pas !”

Un des facteurs de réussite selon nos présentatrices réside largement dans la culture d’entreprise qui règne à Discovery Communications, essentiellement une culture de l’innovation, où ”tout le monde est prompt à vous soutenir”. Amber ajouta aussi que “tout le monde dans l’entreprise devrait avoir un intérêt dans les médias sociaux, et tous devraient essayer de contribue rau succès de telles opérations”

Le plus important ? la collaboration entre les humains

What matters is that people collaborate

Gayle conclut sa présentation par ces paroles que je considère comme fondamentales : “ce qui importe”, dit-elle, “c’est que les personnes collaborent entre elles et cela s’obtient en restant le plus ouvert possible”.

Une leçon à méditer car en effet c’est là que réside le principal ingrédient de la réussite sur les médias sociaux


SAP dope ses événementiels à coups de médias sociaux

note: reportage depuis Blogwell, à Philadelphie aux Etats Unis

Le 9 Novembre avait lieu Blogwell, un événement organisé par le SMBC, Social Media Business Council, dont Orange Business Services est le seul membre européen. SMBC regroupe les grands groupes américains qui utilisent les médias sociaux dans leur business. La première présentation sur les 4 auxquelles j’ai assisté ce jour là était celle de SAP.

SAP est un des membres fondateurs du SMBC et il était également le co-organisateur de l’événement, le rendez-vous pluri annuel dédié aux entreprises – toutes membres du council – qui utilisent les médias sociaux et viennent présenter leurs cas d’entreprise devant un public rassemblant des participants de tous les Etats-Unis. Blogwell a lieu dans une ville différente à chaque fois.

La présentation d’ouverture de SAP fut dédiée à l’utilisation des médias sociaux dans les événementiels, et notamment l’événement annuel SAPPHIRE. SAP a une communauté importante sur laquelle ils commencèrent de travailler il y a 7 ans, et qui comprend désormais 2 millions de membres.  La présentation était l’oeuvre de Brian Ellefritz, Global Social Media Marketing at SAP, un ancien de Cisco qui a rejoint SAP pour prendre la tête du social media chez l’éditeur germanique. Il est également un vétéran de l’Internet, doté d’une grande expertise du sujet Web et des médias sociaux.

Peu étaient dans la salle ceux qui s’étaient essayé aux vidéos live lorsque Brian posa la question au public. Ainsi, ce genre d’usage des médias sociaux, même aux Etats-Unis, reste l’affaire de quelques professionnels qui se sont lancés, et la nouveauté du sujet reste entière (note: Orange Business Services est également très présent sur ce plan, avec de nombreux reportages notamment sur ses événements clients ; voir notamment http://orangebusiness.posterous.com, notre blog événementiel qui vient en complément de notre blog principal).

Contexte

Sapphirenow est le plus important événement commercial de SAP et a été lancé il y a environ 10 ans. En 2010, SAP organisa 2 événements simultanés, un à Orlando en Floride, et un autre en Allemagne, ce qui était très ambitieux. Les médias sociaux jouèrent rôle important dans cet événement.

L’objectif de SAP avec cet événement était de se mettre au même niveau que son auditoire, et de ne pas juste les traiter comme une cible, ainsi que de démontrer que SAP avait une grande pratique des médias sociaux. Une première tentative avait été faite l’an passé mais SAP a voulu passer au cran supérieur. SAP voulait “prolonger cet événement dans l’espace virtuel” a déclaré Brian Ellefritz à Blogwell en ajoutant que pour l’occasion, “SAP avait utilisé plus de bande passante que CNN”, ce qui place l’éditeur de logiciel sur un plan qui dépasse son cadre habituel.

Le concept d’ ambassadeur des médias sociaux

Des influenceurs mais aussi des clients et des partenaires de l’éditeur allemand allaient en effet prendre part active à cet événement en relayant les informations reçues lors de Sapphirenow. SAP voulait également “toucher ceux qui n’avaient pas pu venir” ajouta Ellefritz. Twitter joua un rôle central car toutes informations en provenance de l’évenement y étaient poussées en temps réel. Le flux d’information démarra en Allemagne le matin et fut poursuivi par celui d’Orlando l’après midi. Le flux Twitter Sapphirenow joua un rôle de pivot dans le dispositif mis en place par SAP. Des écrans géants furent également mis à disposition du public des 2 côtés de l’Atlantique.

Le programme dit des “ambassadeurs” fut démarré 2 mois en amont de l’événement physique. SAP sélectionna 6 sujets principaux et 6 ambassadeurs pour chacun des lieux de l’événement. Les ambassadeurs devaient – pour être sélectionnés – avoir un nombre d’abonnés Twitter (folllowers) significatif mais ils devaient aussi satisfaire aux exigences de compétences requises par SAP. Des caméras portables FLIP furent distribuées aux ambassadeurs. Les ambitions de départ de la part de SAP étaient que chaque ambassadeur écrive 2 articles de blog par jour. Les ambassadeurs, après avoir dûment signé le formulaire d’autorisation de diffusion de tous leurs contenus reçurent ensuite de façon gracieuse des cartes de visite “médias sociaux” réalisées par SAP.

Un audit impartial, des résultats probants

Afin de mesurer l’efficacité du dispositif, SAP décida de lancer un audit sur la démarche, et de le confier à une agence neutre chargée de mesurer et d’évaluer la pénétation des messages et la diffusion des contenus, et de déterminer si cette diffusion “avait un impact ou ne faisait qu’amplifier un chaos d’information”.

Les résultats  furent probants pour l’éditeur, avec 1,5 million de vues de Twitter (Reach en Anglais, résultat donné par l’applicatif de mesure Tweetreach.com), 41 articles de blogs en 3 jours et 152 vidéos publiées, générant 15.506 vues.

Quels enseignements tirer de cet événement ?

  • le choix du compte Twitter – personnel ou business ? – était un problème épineux, pas toujours facile à résoudre ;
  • l’étendue très large des compétences a posé un problème car certains des ambassadeurs ne savaient pas bien comment Twitter fonctionnait ;
  • le hashtag (le mot clef précédé du signe # qui sert à distinguer et étiqueter les contenus dans Twitter) a posé un problème aussi : 1 par thème ? 1 pour tout l’événement ? pas facile de choisir …
  • la vidéo en direct avec des caméras à main a été un élément de dynamisme certain mais a posé des problèmes aux équipes en back office qui n’arrivaient pas à charger les vidéos en temps réel sans créer des files d’attentes et générer du “chaos”.
  • une fois tous ces problèmes digérés cependant, le résultat fut à la hauteur des attentes avec la génération d’un pot-pourri géant d’informations ;
  • au bout d’un certain temps, précise Ellefritz, l’équipe arrêta de se concentrer sur le nombre de tweets et d’articles de blog et commença à se détendre et à prendre plaisir à participer à cette expérience de reportage en direct.

Le chiffre de 1,5 million servait surtout à arrêter les questions du management …

Les interrogations sur la réalité des chiffres étaient au rendez vous cependant avec cette interrogation sur la réelle signification du chiffre de 1,5 million cité plus haut. “les 1,5 million a surtout servi à arrêter les questions du management” a précisé de façon un peu facétieuse Brian Ellefritz, mais c’était aussi “le point de départ d’une prise de conscience de la valeur et de l’énergie mise dans cet événement et dans cette initiative”.


Mes 130 Conseils pour Réussir sur Internet

130 conseils pour réussir sur le web

Sur ConseilsMarketing.fr nous avions réalisé un article “Les 103 conseils que j’aurais aimé que l’on me donne lorsque j’ai débuté sur internet”.

Or devant le succès de cet article nous avons décidé de proposer une version une version survitaminée de cet article… Et le résultat c’est le “130 conseils pour réussir sur internet”.

C’est avec non seulement 27 conseils en plus, mais surtout plusieurs dizaines de pages de conseils en plus !

En effet ce guide fait plus de 90 pages, avec des conseils pour réussir sur le Web en tant qu’indépendant, blogueur ou eCommerçant !

Dans ce guide nous avons mis 10 ans d’expériences dans le Web, avec les bons côtés et les mauvais côté du Web…

Ce guide en 6 parties vous explique :

- Comment gagner (correctement) sa vie grâce à Internet
- Comment devenir un blogueur influent… ou réussir un blog de niche !
- Les erreurs des débutants en référencement naturel…
- Les erreurs classiques sur la génération de trafic
- Comment développer son business sur Internet ?
- Quels sont nos nouveaux conseils pour réussir en 2011 ?

ATTENTION ce guide est gratuit uniquement pendant 15 jours !

Au 1er décembre ce guide sera vendu (mais avec des bonus !), donc dépêchez vous de le télécharger (et d’en parler à vos amis), après cela sera trop tard !

Pour télécharger ce guide il suffit de remplir le formulaire sur CETTE PAGE :

Vous recevrez dans les quelques secondes un email afin de confirmer votre adresse email et obtenir la page de téléchargement.

Bonne lecture !


Andy Sernovitz : “les grandes entreprises voulant se lancer dans les médias sociaux ont besoin d’aide, nous sommes là pour remplir ce rôle”

Je reprends le post d’Hervé sur le blog de Media Aces qui présente mon interview d’Andy Sernovitz, la semaine dernière à Philadelphie à l’occasion de Blogwell et de la réunion du SMBC :

Yann est actuellement aux Etats-Unis, plus exactement à Philadelphie, où il assiste à la conférence Blogwell, organisée par Gaspedal et le SMBC. A cette occasion, Yann a réalisé cette formidable interview d’Andy Sernovitz, fondateur du SMBC (sous le nom de Blog Council, à l’époque).

Inutile de vous rappeler que c’est un peu sur le modèle du SMBC que s’est constituée Media Aces, afin de promouvoir l’usage des médias sociaux en entreprise, et de permettre à celles et ceux qui en ont la charge de partager leurs expériences, entre eux, et au cours de conférences.

Pour vous donner une idée des membres du SMBC, jetez donc un oeil à la liste suivante…

Social Media Business Council Members


La start-up du mois: Atelier81 rétro-innove sur Internet en relancant la carte de vœux papier

De plus en plus souvent, je suis sollicité par de jeunes entrepreneurs qui me soumettent leurs projets, créés ou à créer. Il m’a semblé intéressant de les présenter ici pour d’une part leur donner un coup de pouce et les faire connaître car les initiatives intéressantes méritent soutient. D’autre part, afin de soumettre à mes lecteurs un cas concret sur lequel ils peuvent réagir, via un sondage PollDaddy en fin d’article. Aujourd’hui, je présente Atelier81, la carte de vœux à l’ancienne sur Internet.

un bon projet commence par un joli nom

Il est intéressant et un peu à contre-courant : les Européens, les Français en particulier – un peu fainéants du stylo – n’enverraient plus de cartes de vœux, d’anniversaire, etc. ? ! Faux ! Nous dit Alexandra Cremona Van der Graaf, cofondatrice avec son mari d’atelier81, un joli nom qui évoque l’atelier d’artistes et … l’année de naissance de notre interlocutrice, année qu’elle déclare symbole de « modernité » (je n’aurais pas personnellement voté pour celle là, mais bon…). Selon Alexandra, c’est même exactement l’inverse qui se produit, car les cartes de vœux papier, jugées ringardes il y a quelques années encore, pourraient bien désormais revenir à la mode.

Le marché de la carterie en France serait de 410 millions d’euros pour un chiffre d’affaires annuel d’environ 450 millions d’unités vendues (source UPCP ; ce qui nous permet d’évaluer aisément le prix moyen de la carte) et un sondage des éditions Yvon avec Gfk ISL de la fin de 2009, nous confirmerait cette tendance, affirme Alexandra : 70% des Français considéreraient en effet la carte de vœux selon cette étude, comme un support privilégié par rapport aux moyens numériques. Comme le signale le blog papetierdefrance.com le marché français a un beau potentiel de progression dans un pays où on envoie peu de cartes par rapport à nos voisins européens.

2 anciens de Google

Fonder une start-up n’est pas de tout repos : « on croit qu’on va passer beaucoup de temps sur le business plan et on est absorbé par l’administratif ». Ajoute-t-elle (à toutes fins utiles, voir l’envers du décor aux États-Unis avec le témoignage de Stéphanie de Wizeoz, vous verrez que la création d’entreprise est toujours un parcours du combattant, même au pays des entrepreneurs). Nos deux entrepreneurs sont des anciens de Google, spécialisés dans les ventes de mots-clés, où ils ont passé trois ans, en Irlande. Le pari de l’entreprise est osé, sur un marché certainement pas très simple, et où les acteurs américains présents dans les rues commerçantes et les galeries marchandes doivent se tailler la part du lion.

des cartes écologiques made in France

Il faut donc se démarquer. Les différenciateurs choisis par Atelier81 sont l’impression écologique, les cartes dessinées par de vrais artistes du monde entier (Amérique, Grande-Bretagne, Danemark, Hollande etc. et qui sont de vrais illustrateurs) et la fabrication française. Les cartes s’adressent à la fois aux entreprises et aux particuliers. La personnalisation des cartes se fait au travers d’un logo et d’un message, alors que pour les particuliers, Atelier81 propose d’écrire pour le compte de ses clients le message à la main afin de rendre le message plus “personnel”. Deuxième action de personnalisation se fait au travers d’une mini tablette de chocolat qui est incluse dans la carte (voir ci-contre).

Le site a été lancé en septembre, et il est fort à parier que l’on observe un pic des ventes vers la fin de cette année, avec l’arrivée des vœux (44% des ventes se font en effet dans le dernier trimestre).

Mais assez parlé, la parole est à vous, au travers de notre sondage: à vos souris !


Daniel Laury : “certaines campagnes Facebook sont chères et ne délivrent pas d’aussi bons résultats que LinkedIN en b2b”

Je suis à San Francisco, où j’ai pu rencontrer Daniel Laury, fondateur de LSF Interactive. Daniel Laury, dans cette interview vidéo que j’ai enregistrée le 12 novembre, explique comment les médias sociaux donnent un nouveau visage à la publicité en ligne, aux Etats-Unis ainsi qu’en Europe: mais les campagnes sur Facebook ne sont peut être pas aussi rentables qu’on veut bien le dire, et il est possible que d’autres outils comme LinkedIn aient de meilleurs rendements. Des soucis en stock pour Google qui voit ses cadres quitter en masse l’entreprise pour franchir les quelques miles qui les sépare de leur nouvel ennemi. Facebook fera-t-il de Google ce que Google a fait de Yahoo! en 1997 et après ?

La menace que constitue Facebook pour Google est réelle: 10% des salariés Facebook viendraient de chez Google, qui a récemment répliqué par une hausse des salaires de 10% (celui dont l’information émane se serait d’ailleurs fait virer par son employeur…).

Enfin, un dernier conseil de Daniel, téléchargez RockMelt, ce navigateur révolutionnaire qui intègre les médias sociaux dans son interface.


le livre de Bob Pearson “PRE-COMMERCE” en pré-commande sur Amazon

Amateurs de livres en management, fanatiques des médias sociaux, réjouissez-vous ! le futur livre de Bob Pearson (Pre-commerce) est déjà disponible en pré-commande chez AMAZON. Il se trouve que le livre sortira officiellement le 10 mars 2011, ce qui est aussi la veille de la manifestation SXSW, et n’est pas une coïncidence.

Ce livre a reçu les témoignages de nombreux experts dont :  Paul Beverly (Gemalto), Lukas U. Cudrigh (Miscrosoft),  Scott Anderson (TSG Customer Comms), david.witt@genmills.com (Genmills), Kerins Raymond F (Pfizer), Kathryn Metcalfe (pfizer), Richard Jalichandra (technorati), etc. etc. il y en a tant qu’il m’est impossible de les citer tous … sans oublier votre serviteur qui a contribué aussi pour le compte d’Orange Business Services

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déconstruction du marketing collaboratif : un livre critique et fondateur du marketing postmoderne

Il y a livre de management et livre de management. C’est à un ouvrage majeur et fondateur que nous sommes confrontés aujourd’hui, oeuvre de Bernard Cova et de ses disciples, Marie-Claude Louyot-Gallicher et Audrey Bonnemaizon. Ajoutons par transparence que je m’inscris largement dans cette mouvance initiée par Bernard et Olivier Badot dès 92 avec le néomarketing, ce livre qui a ébranlé pour toujours nos convictions héritées de l’école classique du Marketing, et m’a donné une ligne de conduite pour les 15 ans qui ont suivi. Comme pour le néomarketing, cet ouvrage fait date car – tout en renforçant la mise en avant du SOCIETING, terme avancé dès la fin de 1992 dans le néomarketing – il ajoute une dimension critique des mythologies du marketing collaboratif. Tout ceci fait de cet ouvrage un ouvrage indispensable. En voici une description et une analyse en raccourci pour nos lecteurs de Visionary Marketing.

commander le livre "marketing critique"

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À la base de l’écriture de cet ouvrage, quelques constatations faites par les auteurs : d’une part, la rémanence d’un courant dit « réactionnaire » du marketing, en réaction à tout ce qui n’est pas issu du sérail, et notamment qui vient du monde de l’Internet. Pivot de la création de ce livre, la réaction des caciques à la vue du fameux tableau de Kathy Sierra sur les différences entre vieille et nouvelle école de marketing. En filigrane, “si Kathy Sierra est une blogueuse, et non une professionnelle du marketing, cela doit vouloir dire qu’elle n’est pas sérieuse”. Bernard Cova et ses disciples ont voulu nous montrer le contraire. Toutefois, ce livre va plus loin que les bricolages souvent idéologiques et préparés à la hâte, des différents récits qui se bâtissent autour des mythes et des discours auto nourris des propagateurs des pensées du marketing postmoderne (ce que Cova, Badot, Ampelio et Bucci ont décrit comme étant les panacées marketing). C’est ce qui fait l’originalité de ce livre, un ouvrage qui sort des sentiers battus et qui ose contredire les théories ambiantes, tout en défendant une vision non réactionnaire du marketing précisons-le.

Contre le marketing “colonialiste”
À la base, la critique d’une approche communautaire dite « colonialiste », métaphore qui décrit le marketing qui essaie de convaincre de force la population du bien-fondé de sa démarche, proche du marketing traditionnel, où l’entreprise reste le centre du monde. C’est à cette vision que les auteurs opposent une vision non colonialiste, basée sur le respect des communautés. Pour quiconque a travaillé sur le marketing communautaire, notamment sur Internet, cette thèse s’impose comme une évidence.

Mais c’est aussi un livre qui s’élève contre l’idéologie du marché comme unique objet d’étude, auquel il tend à substituer la société au sens large dans laquelle s’insère ce marché (d’où le terme de societing).

Contre les discours marketing postmodernes préfabriqués
Ces discours postmodernes – souvent préfabriqués – sur le consomm’acteur, le consommateur 2.0 ou encore la fameuse génération Y (souvent dénoncée dans ces pages et aussi à l’ordre du jour d’un séminaire prévu le 22 octobre malheureusement annulé pour cause de grève et qui sera bientôt reprogrammé) ont leurs limites, même si la tendance de fond – comprise par tous – d’un consommateur qui s’extrait de la mainmise du marketing manipulateur, a toujours un sens certain. Pour dépasser ce discours « idéologique » pour reprendre le mot des auteurs, ceux ci se livrent à un véritable décodage de chacune de ces tendances en les passant au crible. La conclusion est somme toute plus complexe que celle des livres de management moyens dont les piles non négligeables passent entre nos mains chaque année et qui développent une thèse, simple et linéaire : ici, pas de développement en noir et blanc, l’approche est complexe, mieux vaut s’accrocher.

Du Web 2.0 à la génération Y : personne n’y échappe
Les auteurs passent ainsi à la loupe tous les discours incantatoires autour de la prétendue mutation du consommateur, la soi-disant révolution « Y » où les jeunes viendraient tout renverser sur leur passage tels une bande de Huns et sur l’impact – plus limité dans la réalité que dans les discours – du Web 2.0 sur nos comportements quotidiens. Les faits sont têtus et les habitudes lentes à changer. N’aurions-nous pas exagéré les changements que nous vivons ? La prétendue révolution d’innovation que représente le XXIe siècle existe-t-elle vraiment ? Ie siècle de l’innovation ne fut-il pas d’ailleurs le XIXe où tout était à inventer ?

Le nouveau consommateur-collaborateur, créature des chercheurs ?
Là encore, tout le monde en prend pour son grade, jusqu’à Bernard Cova lui-même qui remet en perspective son propre travail de vulgarisateur de la sociologie, de « Marketo sociologue » selon le vocable choisi par les auteurs eux-mêmes. Tout ceci dans une savoureuse mise en abyme, discrète mais amusante (p 39).  Nous les remercions néanmoins, ces “Marketo sociologues”, de traduire pour nous des ouvrages écrits dans des sabirs souvent impénétrables et de faire progresser ainsi la connaissance.

Le consommateur-collaborateur est ainsi, selon les auteurs, moins une invention que la mise en avant arbitraire par les chercheurs – peut-être sous couvert de simplification – d’une des composantes de la post modernité (elle-même, une constante depuis les années 80). Ce n’est donc pas une création, ce consommateur-collaborateur, mais plutôt une sorte d’auto prophétie : on annonce le consommateur-collaborateur, les outils de collaboration se développent donc, et par là on salue le consommateur-acteur etc. etc.

Je suis en phase largement sur ce point. Le marketing des communautés est largement exagéré. Beaucoup de marques n’ont pas et n’auront pas de communauté; malgré tous leurs efforts. Une masse de gens qui achètent un produit ne constitue pas – ou pas toujours – une communauté, mettons-nous le dans le crâne une bonne fois pour toutes. Ajoutons à cela 2 chapitres dédiés à, pour le premier, les difficultés du consommateur-collaborateur, vues de l’intérieur (cas Warhammer) – et un deuxième où les consommateurs collaborent … sans l’entreprise. Ce dernier point me paraît particulèrement important. J’ai vu des marques paniquer à cause d’une page Facebook à leur gloire, réalisée sur eux et sans eux, au lieu de s’en réjouir, d’en encourager les auteurs (quitte à leur demander de rajouter la mention “non officielle ») et de … collaborer dans le respect de la communauté et non dans cet esprit “colonialiste” dénoncé par les auteurs et si souvent rencontré. Quel imbécile préférerait payer des millions de dollars une agence pour faire moins bien ? Hélas, beaucoup. Triste état du Marketing “réactionnaire” dénoncé aussi bien souvent par François Laurent sur son blog et dans ses livres.

Ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain: cela ferait trop plaisir aux “réactionnaires”
Le phénomène de la collaboration cependant, ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain, comme je l’entends de plus en plus, en provenance des fameux “réactionnaires” dénoncés par Cova, Louyot-Gallicher et Bonnemaizon (n’arrivant pas à travailler avec les communautés, mieux vaut tirer dessus, c’est plus confortable et cela évite de se remettre en question). Ce phénomène existe bel et bien … en certains endroits et pas forcément comme les marques aimeraient cependant. Notons aussi que paradoxalement, la collaboration est certainement plus aisée en B2B, même si elle est moins spectaculaire, je l’ai signalé maintes fois, ou d’autres comme Loïc Moisand de Synthesio, même si les discours des marketeurs – et aussi de nos auteurs – reste essentiellement basé sur un marketing de la grande consommation, paré de toutes les vertus, et pourtant bien moins sophistiqué souvent que son petit frère du B2B.

En conclusion
En conclusion, cet ouvrage est un ouvrage majeur et fondateur, en ceci qu’il renforce tout en le critiquant le travail initié dès les années 90 par Bernard Cova et ses disciples. Cependant il est d’autant plus important qu’il apporte cet élément critique, véritablement démystificateur, qui est indispensable à la compréhension du monde qui nous entoure et des approches marketing qui en découlent.

Mes réserves sur le livre sont limitées et amicales (qui aime bien châtie bien): d’une part, en critiquant de façon fort justifiée les mythologies en question, à mon avis, une version anglaise de ce livre me paraît indispensable de façon à faire connaître ce travail sur la scène principalement anglo-saxonne qui contribue à alimenter ces mythologies, afin d’aller porter le fer sur ce terrain là, et non sur le terrain transalpin, déjà acquis à ces causes. Une grosse réserve également sur le titrage et l’aspect extérieur du livre qui mériterait un emballage plus percutant et graphique et un titre plus polémique, ce qui lui donnerait une meilleure visibilité sur le marché. Un peu de Marketing que diable !

Cette visibilité serait méritée, tant cet ouvrage est fondateur et profond. A acheter absolument (134 pp, 29€ seulement, 27.55€ sur Amazon)

Marketing critique : le consommateur collaborateur en question (Collection EDF R&D)

Auteur(s) : COVA Bernard, LOUYOT-GALLICHER Marie, BONNEMAIZON Audrey

Date de parution: 06-2010
Langue : FRANÇAIS
134p. 15.5×24 Broché

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