(note : cet article fut écrit à l’origine pour le blog d’Orange business Services)
Il y a quelques jours, j’ai eu la chance de pouvoir discuter avec Jan Sysmans, directeur du marketing produit de Sugar CRM à Cupertino, en Californie. Jan m’a fait la démonstration des évolutions majeures de son système de CRM afin d’y incorporer les fonctionnalités du Web social. Notons toutefois qu’il ne s’agit pas que de la simple inclusion de nouvelles fonctionnalités à l’intérieur d’un logiciel existant, mais d’un changement total de l’approche vis-à-vis de l’automatisation des forces de vente (SFA) et de la façon dont les commerciaux pratiquent leur métier au jour le jour ; voyons pourquoi et comment.
Les habitués de la WebTV d’Orange business ont probablement déjà eu l’occasion de voir la vidéo l’interview de Larry Augustin, le patron de Sugar CRM il y a quelques mois, dans laquelle il présentait la célèbre plate-forme de CRM en open source. Cette fois-ci, nous avons poursuivi nos discussions avec les responsables de la société de la Silicon Valley afin d’analyser l’impact du Web social sur la gestion de la relation client. En l’espace d’à peine six mois, c’est le paysage de la gestion de la relation client tout entier et celui de l’automatisation des forces de vente en particulier, qui a changé de fond en comble.
L’intrusion des médias sociaux dans nos vies, à la fois professionnelles et personnelles, a amené de nouveaux besoins liés au contexte de l’organisation des forces de vente. Fut un temps, il était nécessaire et suffisant que votre force de vente suive les affaires en cours, les affaires à venir et mette à jour les données de ses clients dans la base de données propriétaire, mais ce n’est plus le cas. Aujourd’hui, les clients cherchent à engager des discussions avec les commerciaux de tout un tas de manières différentes. À une époque où la performance du mailing ralentit, principalement aux États-Unis, les clients veulent pouvoir choisir les modes de communication au travers desquels on leur parle. Et ne vous y trompez pas : ce sont eux qui veulent fixer les règles du jeu, ils ne vous en laisseront pas le choix ! Aussi, voyons avec Jan Sysmans, un des meilleurs experts mondiaux du domaine, ce qui se passe en termes d’intégration du Web social à l’intérieur du CRM.
Définir ce que « CRM social » veut véritablement dire
« Il y a beaucoup de gens qui parlent de CRM social, mais peu sont ceux qui savent ce que cela veut dire » nous annonce tout de go Jan Sysmans. Il y a en effet selon lui, trois façons dans lesquelles le Web social peut être intégré dans la gestion de la relation client en outre de l’utilisation manuelle des différentes sources d’information :
- tout d’abord, ce que les clients disent d’eux-mêmes sur le Web social : c’est la composante d’écoute
- ensuite, la façon dont les clients désirent communiquer : c’est la composante de conversation
- il y a la façon dont les clients exigent travailler avec vous : c’est la composante commerciale
(voir la courbe d’adoption du CRM sur la gauche, cliquez pour élargir)
l’écoute
Une des choses les plus importantes dans le commerce, contrairement à ce que vous pourriez croire, n’est pas de parler, mais d’écouter ! La composante d’écoute est en effet très importante car elle c’est elle qui vous permet de comprendre les intérêts de vos clients ainsi que leurs douleurs (« Pain points » en Anglais, voir solution selling). Cette composant d’écoute se réalise traditionnellement au travers de rencontres en face à face ou au téléphone et heureusement, c’est encore la majorité des cas. Mais il existe de nouvelles façons d’écouter, aux clients aujourd’hui. On peut être en effet être relié à ses clients et ses représentants, ou aux pages d’entreprise de ses clients au travers de LinkedIn par exemple, ou au travers de leurs comptes Twitter, ou au travers même le compte Twitter individuel de chaque personne représentant l’entreprise. Les possibilités sont infinies ; et chaque individu ou entreprise recherche un canal de communication privilégiée à l’intérieur de toutes ses possibilités. Certains préfèrent utiliser Facebook, d’autres préfèrent Twitter et ses messages directs, et il ne faut pas oublier les blogs.
Comme vous le voyez, il y a un ensemble de moyens qui vous permettent de rentrer en contact avec ces personnes et ces entreprises. Mais le véritable problème est comment maintenir la productivité de vos commerciaux en évitant de les laisser se distraire de leur tâche principale et en évitant de les obliger à regarder 15 écrans différents pour chaque infomation.
La réponse à cette question est : « en transférant cette information vers l’application de CRM, parce que c’est comme cela que les commerciaux restent focalisés sur leur travail » a précisé Jan Sysmans.
Et c’est pour cela que Sugar CRM a développé une façon de ramener l’information à l’intérieur de la plate-forme de CRM. Les commerciaux peuvent ainsi adjoindre blogs, flux RSS, compte twitter et adresse LinkedIn etc. à un profil d’entreprise ou de clients. « Ceci ne se passe toujours pas en temps réel » cependant, à précisé Jan, mais nous sommes dans la bonne voie pour aborder l’agrégation de ces informations travers de différents canaux à l’intérieur du CRM. Le défi cependant est non pas d’agréger ces informations, mais de les rendre pertinentes par rapport à l’entreprise ou vos responsables commerciaux. Il y a de fortes chances pour que dans le futur proche, l’intervention humaine soit encore nécessaire dans ce domaine.
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