Archives de Catégorie: télécentres

confiance et organisation virtuelle


Lundi 14 mai, à l’espace Soleilles Cowork, rue Vivienne à Paris, je présenterai le sujet suivant : “confiance et organisation virtuelle, impact sur le poste de travail du futur présent.

Je vous livre en avant-première, ci-dessous, la présentation sur ce blog. Il s’agit d’une présentation déjà réalisée dans le cadre d’une visite client avec mes collègues d’Orange Business Services, dans le cadre d’une réflexion menée avec ce client grand compte sur le poste de travail du futur.


une loi pour rien sur le télétravail mais ce n’est pas grave …


En France, quand on a un problème …  on fait une loi ! Voici une pratique bien singulière et qui doit sans doute correspondre à un besoin sociologique profond. C’est ce que semble nous dire Xavier de Mazenod dans ce commentaire d’une loi récente sur le télétravail, lors d’une interview réalisée avec lui par téléphone le Vendredi 09 mars 2012. Mais cela est-il grave ?

il ne s'est rien passé !

il ne s'est rien passé ! - photo Yann Gourvennec http://bit.ly/picasayann

où en est le télétravail un an après notre dernier point ?

computer-largeIl y a un an, nous avions fait le constat que ça ne marchait pas . Les seuls chiffres étaient ceux du centre d’analyse stratégique, qui disaient qu’environ 10% de salariés français s’adonnaient aux joies du télétravail à distance. On était donc à la traîne, “avec un indicateur très bas, 1 jour par semaine” ajoute Xavier de Mazenod, “le seul pire que nous, c’était l’Italie”. Les numéros 1 n’étaient pas les pays anglo-saxons cependant, même si les pays dits latins étaient en retrait.


Un an après on n’a pas de chiffres plus précis  mais “on voit des frémissements partout” (colloques, journaux, mentions de Google …) nous affirme Xavier avec un certain enthousiasme. “On parle de plus en plus de tous ces sujets : télétravail, co-working, espaces partagés etc. Les gens les opposent mais rien n’est opposable”. Car il s’agit de catégories plus complémentaires qu’il n’y paraît.  Le télétravail gris (c’est à dire le télétravail pratiqué sans déclaration, de gré à gré entre manager et managé) est toujours là, “d’où la nécessité de rassurer l’ensemble des partenaires sociaux” ajoute Xavier de Mazenod et donc “il n’y a pas d’excuses pour ne pas cadrer le travail à distance”.

“En Hollande, l’employeur (le manager) a le droit d’aller voir si l’employé est bien installé quand il télétravaille” poursuit le fondateur de Zevillage, “ce qui est inimaginable en France”. En France, on est dans l’affrontement et la méfiance… “donc en France il fallait une loi”.

la réalité : environ la moitié des employés travaillent à distance

Mais la réalité du travail à distance est bien autre que celle transmise par ce chiffre de 9 ou 10%. “Télétravailleurs gris + télétravail + co-working + nomades = 40-50% des salariés” confie Xavier de Mazenod, car les études qui mesurent l’occupation des bureaux montrent toujours la même chose : “un taux d’occupation à environ 50%”.

La loi qui vient d’être votée

question-largeC’est une loi “qui n’a rien à voir avec le télétravail” commente Xavier : c’est une proposition de loi relative à la simplification du droit et l’allègement des démarches administratives et il y a l’article 46 qui évoque le télétravail et qui le fait entrer dans le code du travail. En 2005, une avancée notable avait déjà été faite, régie par 3 grands principes au sein d’un accord national inter-professionnel (ANI) signé par tous les partenaires sociaux en 2005 (“c’est un texte intelligent” affirme Xavier de Mazenod). Voici ces 3 principes de base :

  1. le salarié doit être volontaire
  2. la contractualisation (accord entre les partenaires sociaux et/ou avenant au contrat de travail)
  3. la réversibilité

“Il n’y avait pas besoin de loi mais on est en France et on adore légiférer pour rien ; c’est de l’archaïsme” poursuit-il. Tous les syndicats ont signé mais ils ne sont pas unanimes. Certains poussent le télétravail, d’autres non. De même au Medef, il y a des groupes qui s’opposent sur ces thèses.

une autre proposition de loi en 2009 … qui a heureusement capoté

“Un groupe de 50 parlementaires en 2009 avait produit un texte complètement fourre-tout sur le maintien de l’emploi et elle n’est jamais sortie du Sénat. Celle ci est enterrée et elle ne sortira plus car la nouvelle loi l’a devancée” avance Xavier de Mazenod.

juste un symbole pour rassurer …

exclamation-largeMais pourquoi faire une loi ? “Ça ne modifie rien par rapport à la situation, l’ANI suffisait” ajoute Xavier, “ça fait cependant sauter les fausses excuse et ça va rassurer tous les gens qui ont une culture du code du travail, c’est donc à prendre comme un ‘signe de l’Etat’,  un symbole". Grâce à cela, on ne peut plus avoir deux types de salariés, ceux qui ont droit et ceux qui n’ont plus droit. “Dans les pays anglo-saxons ça s’est réglé par la jurisprudence, cela se serait passé ainsi également en France – de façon adulte – mais maintenant on a cette loi. Et puis ce qui est valable pour (certains employés) d’Orange n’est pas valable pour les ouvriers de PSA” commente Xavier de Mazenod.

Quel impact sur le développement du télétravail ?

“Aucun ! C’est juste un épisode amusant qui est révélateur de l’état d’esprit français, l’esprit des lois ! même si ce texte est moins grave que celui de 2009 qui précisait des détails juridiques et techniques et qui visait des employés non concernés par l’ANI”.

en conclusion : une autre forme de “travail en miettes”

En conclusion, beaucoup de bruit pour rien, mais ce qu’il faut retenir de cet épisode, outre le côté amusant du législateur façon “allumeur de réverbère” du Petit Prince, c’est que le mouvement qui est en marche est inéluctable, et que nous entrons bel et bien dans l’ère des “analystes symboliques” décrits il y a un peu moins de vingt ans par l’observateur irlandais Charles Handy. Quand je me repenche sur mes années à l’école, cela me remémore les ouvrages du sociologue Roger Friedmann, “le travail en miettes”, qui décrivait – à l’heure où la société était encore largement industrielle, un travail entièrement vidé de son sens par la taylorisation. Aujourd’hui, c’est en quelque sorte l’inverse, avec chaque employé qui devient sa propre entreprise, mais pour arriver à un résultat similaire, où l’émiettement des acteurs est flagrant. Ceux qui ont su ou sauront s’adapter en sortiront grandis, les autres subiront ces changements. Une nouvelle révolution industrielle se déroule sous nos yeux, à laquelle la loi ne peut rien.


Nathalie Kosciusko Morizet envisage de lancer un appel à projets pour la création de télécentres en France


a présidé la première conférence débat retransmise en direct en téléprésence à l’internationale entre plusieurs sites entre la France et l’étranger avec une cinquantaine de participants, issus de différents secteurs d’activités. Comment, en partant de cette expérience, la ministre envisage-t-elle le développement du télétravail en France dans les prochaines années ? C’est le sujet de cette interview vidéo exclusive donnée à Orange-Business.tv et que je relaie aussi sur mon blog.

Mme la ministre, qui se décrit elle-même comme "une praticienne des nouvelles technologies", revient au cours de cette interview vidéo sur cette expérience nouvelle et se dit "impressionnée par la technique". D’après elle en effet, la grande différence entre la téléprésence et visioconférence est que cette dernière demande un effort de plus pour "franchir l’écran" et apporter un côté humain aux réunions alors qu’avec la téléprésence ce besoin d’être plus présente au sein de la réunion, est naturellement satisfait (voir ici le témoignagne de notre client SBM Offshore, qui décrit en images le bénéfice de la téléprésence).

le télétravail : un retard français
La partie la plus intéressante de cette interview est celle où Mme Kosciusko Morizet revient sur le sujet du télétravail et notamment sur le fait que la France soit en retard quant à la mise en œuvre de cette nouvelle forme d’organisation du travail, et en retard par rapport aux Etats-Unis et aux autres pays européens (voir ici l’interview de Nicole Turbé-Suetens qui est co-auteur d’un ouvrage sur le Télétravail en France dans une interview réalisée par Xavier de Mazenod de Zevillage). Il est certain que des technologies comme la téléprésence peuvent jouer un rôle dans le développement du télétravail, notamment dans le cadre de télécentres, à condition d’avoir levé les freins qui pèsent sur un tel développement (voir ci-dessous).

Car le télétravail est, selon Mme la ministre, particulièrement pertinent, pour plusieurs raisons qu’elle explicite dans cette interview :
  • du point de vue de l’Etat, les avantages en termes d’aménagement du territoire, car la France a un territoire peu dense ;
  • du point de vue du salarié, l’amélioration de la qualité de vie ;
  • du point de vue des entreprises, la souplesse d’organisation, et le gain de compétitivité ;
  • du point de vue social, la diversification des formes de relation entre l’entreprise et le salarié.

un problème essentiellement culturel

Mais quelles sont les raisons pour lesquelles le télétravail en France est si peu développé ?
D’après Mme Nathalie Kosciusko-Morizet le télétravail se heurte en France à des barrières essentiellement culturelles. Elle ajoute qu’il reste un a priori difficile à effacer qui est que si l’employé n’est pas là il est plus dur de s’assurer que le travail est fait.

Toutefois, la culture de management ne serait pas seule en cause, le salarié aussi serait fautif dans ce manque de développement du travail (je recommande notamment la lecture de ce rapport d’étonnement issu d’une de mes interventions faites à l’Acidd en Avril dernier). En effet, dans cette période de crise, il paraît important pour chaque salarié d’asseoir sa sécurité sur le fait d’avoir son propre bureau, son nom écrit sur la porte, afin de montrer son appartenance et son importance dans l’entreprise. De plus les Français associent en grande majorité le télétravail à un travail à domicile, alors que des alternatives existent, et notamment celle des télécentres : des télécentres proches de chez soi, dans lesquels d’autres télétravailleurs sont présents, et donc où il existe une vie sociale qui est importante dans la vie professionnelle (pour un exemple concret, je recommande ce reportage sur Zevillage dans l’Orne).

un possible appel à projets pour la création de télécentres

Pour faire décoller le télétravail en France, Mme la ministre revient ensuite sur le fait qu’actuellement il y a une proposition de loi en cours d’examen pour donner un statut légal au télétravail pour formaliser cela et accompagner les entreprises dans ces mutations (voir ici un article sur la proposition de loi sur le télétravail de 2009). En termes d’incitation et de financement, le grand emprunt est aussi une chance ; Mme la ministre évoque même la possiblilité d’allouer une tranche d’appel à projet pour la création de télécentres.
note: voir mon article sur la cartographie des télécentres en France

la téléprésence : le "regard en plus"

Pour conclure, Nathalie Kosciusko-Morizet revient sur la téléprésence qui est pour elle un "outil de dialogue pertinent sur le plan politique", surtout au sein de l’ensemble européen. En effet, la téléprésence est "un outil à destination de tous ceux qui ont besoin de travailler ensemble et qui ne sont pas dans la même sphère géographique".

Mme Nathalie Kosciusko-Morizet ajoute et conclut ainsi que la vraie valeur ajoutée de la téléprésence, c’est d’apporter "le regard en plus [par rapport à la visioconférence], entre êtres humains, ça fait beaucoup".

Zevillage veut cartographier télécentres et centres de travail collaboratifs (coworking)


Zevillage, réseau social du télétravail, a commencé à répertorier les centres de télétravail et de travail collaboratif en France. Il s’agit d’un début seulement mais l’annuaire de tels centres fait défaut, surtout sous forme cartographique.

Les initiatives sont légion en effet et tout cela part – comme nous l’avions indiqué dans un article précédent – dans tous les sens. Le site http://www.centres-affaires.net par exemple recense déjà des dizaines et des dizaines de ces centres de travail d’un nouveau genre. Rien qu’à Paris ils en recensent 55, près du double en incluant la banlieue parisienne ! En fait, chacun y va de sa définition, plus ou moins exclusive de celle du voisin, alors qu’en fait beaucoup de ces concepts ont pour ambition de répondre plus ou moins à la même problématique. Certains sont plus ruraux que d’autres, certains plus orientés vers la domiciliation et les professions indépendantes du bâtiment, d’autres sur les pépinières d’entreprise, d’autres encore sur les populations de "geek", etc. etc. Je passe sur le branding plus ou moins créatif.

D’autres projets sont eux en cours de développement, comme le fameux Actipole21 de la ville d’Antony, dans lequel Steelcase est partie prenante de façon visible, et Atos Origin de façon plus discrète sauf dans cette présentation PowerPoint en ligne.

Encore faudrait-il y ajouter les centres gérés par les mairies et notamment la mairie de Paris, les 2 centres les plus "connus" (les guillemets sont de rigueur, peut-être devrais-je ajouter "connus de nous") étant le "cybervillage" de la rue de Crimée dans le 19ème arrondissement de Paris et celui intitulé "Paris Innovation-Losserand" situé en face de l’hôpital Saint Joseph, rue Raymond Losserand (en voici une liste sous forme d’annuaire) ; ce dernier va même plus loin avec bâtiment HQE et tutti quanti. Nous y reviendrons bientôt car une intéressante bataille juridique fait rage dans les coulisses de ces pôles entreprises subventionnés par les pouvoirs publics, devenus la cible des centres d’affaire sus-cités et regroupés dans un syndicat professionnel (à suivre).

Il est temps donc de recenser toutes les initiatives afin qu’on y voie plus clair, il est fort à parier que Zevillage soit en bonne position pour le faire – si tant est que la cartographie soit un peu plus conviviale et reliée à un véritable annuaire comprenant adresses et évaluations, photos etc. Et qui sait … peut être même une évaluation par les clients façon "allociné".


le samedi 18 septembre : découvrez le télécentre de Zevillage à Boitron (61) lors d’un pique nique champêtre


Pour ceux d’entre vous qui étaient encore en congés et qui ont raté l’article Zevillage : un pionnier des télécentres ruraux fait sortir les Parisiens du périphéque une session de rattrapage à l’initiative de l’association elle-même a été organisée pour le Samedi 18 Septembre. Les personnes intéressées par l’expérience de Xavier de Mazenod pourront constater de visu ce qui y est décrit dans l’article. Le rendez-vous sera aussi l’occasion de partager un pique nique avec des gens sympathiques (note: je suppose qu’il faut amener son manger et son boire, ce n’est pas précisé).

Allez un petit effort …  l’Orne ce n’est pas si loin !

(note: message et image ci-dessous : Zevillage)

Venez fêter avec nous le télétravail lors d’un pique-nique (repas tiré du sac),

samedi 18 septembre 2010 à Boitron à partir de 12h00

Nous profiterons de cette réunion informelle pour découvrir le télécentre de Boitron, pour échanger sur nos pratiques du télétravail et du coworking, pour échanger à propos du Très haut débit rural, pour faire de nouvelles rencontres… et pour se détendre.


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