Archives de Tag: crowdsourcing

déconstruction du marketing collaboratif : un livre critique et fondateur du marketing postmoderne


Il y a livre de management et livre de management. C’est à un ouvrage majeur et fondateur que nous sommes confrontés aujourd’hui, oeuvre de Bernard Cova et de ses disciples, Marie-Claude Louyot-Gallicher et Audrey Bonnemaizon. Ajoutons par transparence que je m’inscris largement dans cette mouvance initiée par Bernard et Olivier Badot dès 92 avec le néomarketing, ce livre qui a ébranlé pour toujours nos convictions héritées de l’école classique du Marketing, et m’a donné une ligne de conduite pour les 15 ans qui ont suivi. Comme pour le néomarketing, cet ouvrage fait date car – tout en renforçant la mise en avant du SOCIETING, terme avancé dès la fin de 1992 dans le néomarketing – il ajoute une dimension critique des mythologies du marketing collaboratif. Tout ceci fait de cet ouvrage un ouvrage indispensable. En voici une description et une analyse en raccourci pour nos lecteurs de Visionary Marketing.

commander le livre "marketing critique"

commander le livre "marketing critique"

À la base de l’écriture de cet ouvrage, quelques constatations faites par les auteurs : d’une part, la rémanence d’un courant dit « réactionnaire » du marketing, en réaction à tout ce qui n’est pas issu du sérail, et notamment qui vient du monde de l’Internet. Pivot de la création de ce livre, la réaction des caciques à la vue du fameux tableau de Kathy Sierra sur les différences entre vieille et nouvelle école de marketing. En filigrane, "si Kathy Sierra est une blogueuse, et non une professionnelle du marketing, cela doit vouloir dire qu’elle n’est pas sérieuse". Bernard Cova et ses disciples ont voulu nous montrer le contraire. Toutefois, ce livre va plus loin que les bricolages souvent idéologiques et préparés à la hâte, des différents récits qui se bâtissent autour des mythes et des discours auto nourris des propagateurs des pensées du marketing postmoderne (ce que Cova, Badot, Ampelio et Bucci ont décrit comme étant les panacées marketing). C’est ce qui fait l’originalité de ce livre, un ouvrage qui sort des sentiers battus et qui ose contredire les théories ambiantes, tout en défendant une vision non réactionnaire du marketing précisons-le.

Contre le marketing "colonialiste"
À la base, la critique d’une approche communautaire dite « colonialiste », métaphore qui décrit le marketing qui essaie de convaincre de force la population du bien-fondé de sa démarche, proche du marketing traditionnel, où l’entreprise reste le centre du monde. C’est à cette vision que les auteurs opposent une vision non colonialiste, basée sur le respect des communautés. Pour quiconque a travaillé sur le marketing communautaire, notamment sur Internet, cette thèse s’impose comme une évidence.

Mais c’est aussi un livre qui s’élève contre l’idéologie du marché comme unique objet d’étude, auquel il tend à substituer la société au sens large dans laquelle s’insère ce marché (d’où le terme de societing).

Contre les discours marketing postmodernes préfabriqués
Ces discours postmodernes – souvent préfabriqués – sur le consomm’acteur, le consommateur 2.0 ou encore la fameuse génération Y (souvent dénoncée dans ces pages et aussi à l’ordre du jour d’un séminaire prévu le 22 octobre malheureusement annulé pour cause de grève et qui sera bientôt reprogrammé) ont leurs limites, même si la tendance de fond – comprise par tous – d’un consommateur qui s’extrait de la mainmise du marketing manipulateur, a toujours un sens certain. Pour dépasser ce discours « idéologique » pour reprendre le mot des auteurs, ceux ci se livrent à un véritable décodage de chacune de ces tendances en les passant au crible. La conclusion est somme toute plus complexe que celle des livres de management moyens dont les piles non négligeables passent entre nos mains chaque année et qui développent une thèse, simple et linéaire : ici, pas de développement en noir et blanc, l’approche est complexe, mieux vaut s’accrocher.

Du Web 2.0 à la génération Y : personne n’y échappe
Les auteurs passent ainsi à la loupe tous les discours incantatoires autour de la prétendue mutation du consommateur, la soi-disant révolution « Y » où les jeunes viendraient tout renverser sur leur passage tels une bande de Huns et sur l’impact – plus limité dans la réalité que dans les discours – du Web 2.0 sur nos comportements quotidiens. Les faits sont têtus et les habitudes lentes à changer. N’aurions-nous pas exagéré les changements que nous vivons ? La prétendue révolution d’innovation que représente le XXIe siècle existe-t-elle vraiment ? Ie siècle de l’innovation ne fut-il pas d’ailleurs le XIXe où tout était à inventer ?

Le nouveau consommateur-collaborateur, créature des chercheurs ?
Là encore, tout le monde en prend pour son grade, jusqu’à Bernard Cova lui-même qui remet en perspective son propre travail de vulgarisateur de la sociologie, de « Marketo sociologue » selon le vocable choisi par les auteurs eux-mêmes. Tout ceci dans une savoureuse mise en abyme, discrète mais amusante (p 39).  Nous les remercions néanmoins, ces "Marketo sociologues", de traduire pour nous des ouvrages écrits dans des sabirs souvent impénétrables et de faire progresser ainsi la connaissance.

Le consommateur-collaborateur est ainsi, selon les auteurs, moins une invention que la mise en avant arbitraire par les chercheurs – peut-être sous couvert de simplification – d’une des composantes de la post modernité (elle-même, une constante depuis les années 80). Ce n’est donc pas une création, ce consommateur-collaborateur, mais plutôt une sorte d’auto prophétie : on annonce le consommateur-collaborateur, les outils de collaboration se développent donc, et par là on salue le consommateur-acteur etc. etc.

Je suis en phase largement sur ce point. Le marketing des communautés est largement exagéré. Beaucoup de marques n’ont pas et n’auront pas de communauté; malgré tous leurs efforts. Une masse de gens qui achètent un produit ne constitue pas – ou pas toujours – une communauté, mettons-nous le dans le crâne une bonne fois pour toutes. Ajoutons à cela 2 chapitres dédiés à, pour le premier, les difficultés du consommateur-collaborateur, vues de l’intérieur (cas Warhammer) – et un deuxième où les consommateurs collaborent … sans l’entreprise. Ce dernier point me paraît particulèrement important. J’ai vu des marques paniquer à cause d’une page Facebook à leur gloire, réalisée sur eux et sans eux, au lieu de s’en réjouir, d’en encourager les auteurs (quitte à leur demander de rajouter la mention "non officielle ») et de … collaborer dans le respect de la communauté et non dans cet esprit "colonialiste" dénoncé par les auteurs et si souvent rencontré. Quel imbécile préférerait payer des millions de dollars une agence pour faire moins bien ? Hélas, beaucoup. Triste état du Marketing "réactionnaire" dénoncé aussi bien souvent par François Laurent sur son blog et dans ses livres.

Ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain: cela ferait trop plaisir aux "réactionnaires"
Le phénomène de la collaboration cependant, ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain, comme je l’entends de plus en plus, en provenance des fameux "réactionnaires" dénoncés par Cova, Louyot-Gallicher et Bonnemaizon (n’arrivant pas à travailler avec les communautés, mieux vaut tirer dessus, c’est plus confortable et cela évite de se remettre en question). Ce phénomène existe bel et bien … en certains endroits et pas forcément comme les marques aimeraient cependant. Notons aussi que paradoxalement, la collaboration est certainement plus aisée en B2B, même si elle est moins spectaculaire, je l’ai signalé maintes fois, ou d’autres comme Loïc Moisand de Synthesio, même si les discours des marketeurs – et aussi de nos auteurs – reste essentiellement basé sur un marketing de la grande consommation, paré de toutes les vertus, et pourtant bien moins sophistiqué souvent que son petit frère du B2B.

En conclusion
En conclusion, cet ouvrage est un ouvrage majeur et fondateur, en ceci qu’il renforce tout en le critiquant le travail initié dès les années 90 par Bernard Cova et ses disciples. Cependant il est d’autant plus important qu’il apporte cet élément critique, véritablement démystificateur, qui est indispensable à la compréhension du monde qui nous entoure et des approches marketing qui en découlent.

Mes réserves sur le livre sont limitées et amicales (qui aime bien châtie bien): d’une part, en critiquant de façon fort justifiée les mythologies en question, à mon avis, une version anglaise de ce livre me paraît indispensable de façon à faire connaître ce travail sur la scène principalement anglo-saxonne qui contribue à alimenter ces mythologies, afin d’aller porter le fer sur ce terrain là, et non sur le terrain transalpin, déjà acquis à ces causes. Une grosse réserve également sur le titrage et l’aspect extérieur du livre qui mériterait un emballage plus percutant et graphique et un titre plus polémique, ce qui lui donnerait une meilleure visibilité sur le marché. Un peu de Marketing que diable !

Cette visibilité serait méritée, tant cet ouvrage est fondateur et profond. A acheter absolument (134 pp, 29€ seulement, 27.55€ sur Amazon)

Marketing critique : le consommateur collaborateur en question (Collection EDF R&D)

Auteur(s) : COVA Bernard, LOUYOT-GALLICHER Marie, BONNEMAIZON Audrey

Date de parution: 06-2010
Langue : FRANÇAIS
134p. 15.5×24 Broché

acheter le livre sur Amazon


marketing : au-delà du crowdsourcing, les pistes de Fred Cavazza


notepadUn article très complet et bien documenté sur les nouvelles tendances du Marketing sur le blog de FredCavazza que tout le monde connaît. Le marketing collaboratif on connaît, le crowdsourcing on connaît, mais Fred nous emmène un cran plus loin avec des concepts qui vont au-delà, tels que les marques grises (i.e. powered-by) et les pro-ams (professionnels tout en étant amateurs).

nb: je recommande aussi le livre de François Laurent sur le Marketing 2.0

Vers des marques générées par les utilisateurs
par Fred Cavazza
sur http://www.fredcavazza.net

Au début des années 90, un concept curieux a fait son apparition : l’auto-marketing. L’idée étant que les clients allaient eux-mêmes choisir (concevoir) les produits qu’ils allaient acheter. Ce concept a trouvé un écho notable au début des années 2000 avec la vague du marketing 1to1 (”marketing individualisé” en français) où il était question de personnaliser l’offre de façon tellement fine que les prospects ne pouvaient refuser ce qu’on leur proposait.

Plus tard, nous avons vu apparaitre des boutiques en ligne d’un nouveau genre où les client participaient de façon active à la conception des produitsLaFraise pour des T-shirt, Lego pour des constructions, Ponoko pour les objets artisanaux, Crowdspirit pour des produits électroniques… aujourd’hui le crowdsourcing semble donc être le modèle le plus proche de l’auto-marketing. Pourtant je suis persuadé que nous pouvons aller plus loin, beaucoup plus loin… notamment grâce à l’open innovation, aux pro-ams et aux marques grises.

lire la suite sur le blog de FredCavazza


de retour du Japon, le club E2 ramène le futur dans ses valises


lami Brice Auckenthaler, co-organisateur et fondateur de expertsconsulting, désormais Créargie

l'ami Brice Auckenthaler, co-organisateur et fondateur de expertsconsulting, désormais Créargie

Nous avions déjà couvert il y a près de 2 ans un atelier du club E2 qui était dédié aux réseaux sociaux. J’en étais partir ravi et … avec quelques amis en prime car je suis resté en contact avec tous les intervenants.  Cette fois-ci le thème en était "de quoi sera fait demain" et j’ai eu la chance de participer afin de démontrer l’expérience de l’utilisation des médias sociaux par Orange Business Services.

Philippe Le Fessant dans une explication passionnée des QR codes japonais

Philippe Le Fessant dans une explication passionnée des QR codes japonais

Alors de quoi demain sera-t-il fait ? S’il est difficile de répondre à la question, il y a une chose qui est certaine : les technologies de rebond depuis les médias traditionnels vers l’Internet (TV, papier etc.) ont de l’avenir. C’est du moins la constatation faite par les intervenants et notamment M. Philippe Le Fessant dans une présentation fort intéressante, et qui plus est l’oeuvre d’un amoureux du Japon et des cultures orientales, capable de décrypter les jeux de mots en Japonais. Chapeau bas !

Je vous livre donc comme à mon habitude le compte-rendu de cette réunion avec les notes prises en séance, de quoi rendre jaloux ceux qui n’auraient pas eu le courage de se déplacer tôt ce matin.

Club E2 : de quoi sera fait demain ?

Introduction

par Jean François Hautot et Brice Auckenthaler, patrons du cabinet nouvellement créé CREARGIE (http://www.creargie.fr)

  • Fusion entre Créargie et Expertsconsulting
  • 3 pôles : 1° prospective 2° stratégie 3° marque 4° innovation (pas seulement r&d) 5° performance (reegineering de produits)
  • Repérer, ranger, en parler autour de nous : chaque consultant est responsable d’un observatoire (thématique, sur divers sujets touchant à l’innovation)
  • Vous aider à montrer à vos collègues que ce n’est pas dangereux d’innover

Panorama illustré des tendances de demain

  • Google n’arrête pas d’innover. Avec Wave va probablement révolutionner non pas un monde, mais plusieurs mondes. C’est la combinaison du mail, de Facebook, Twitter et du SMS. Sur invitation seulement. C’est un peu déconcertant, c’est comme si le mail avait été ré-inventé. Certains participants ont testé, mais l’intérêt va au-delà du grand public notamment dans le cadre de la gestion de projet.
  • Vodafone lance 360 en Angleterre, une sorte de plateforme qui rassemble en un seul endroit sur Internet toutes les données de l’utilisateur. Equivalent de Ma Sphère de SFR mais en plus massif. Actuellement, uniquement 6 téléphones sont compatibles. Couvre également les autres opérateurs en se basant sur l’usage et sur les couches supérieures de service.
    • Ma marque est un écosystème : il y a donc peut être des maillons pour renforcer la relation avec des publics qui ne sont pas forcément les interlocuteurs traditionnels
    • Mezzo di Pasta : chaîne de restauration qui a un réseau facebook et une application iPhone. Il va falloir créer du lien
    • Peugeot : initiative Mu. Au lieu de vendre uniquement des services autour de la voiture ils ont élargi aux autres moyens de transport. On gagne des points et il y a des partenaires avec des services pour les week ends etc. Mu pour se mouvoir. En marché test sur quelques villes françaises et probablement au-delà de la France dans le futur. Dépasser le marché immédiat et aller au-delà. Organisé en tant que club versus service.
    • Playmaker : une sorte de Nike+ dédié au football.
    • La porosité des marchés a atteint les marques. La frontière des marques et des entreprises est poreuse è impératif de s’ouvrir au monde extérieur
    • L’hyperlivre : Jacques Attali le sens des choses. Ouvrage parsemé de flashcodes, qui renvoient vers des prolongements du livre. On est dans un monde de paradoxes : le consommateur est de plus en plus sollicité et il faut donc que tout soit très simple et en même temps il est demandeur de plus de profondeur. Attali a voulu que des mises à jour soient produites au fur et à mesure. Tendance de l’hybridation, combiner des choses qui avant étaient opposées et les mettre ensemble. La question qui se pose est de savoir si le site Internet va se mettre à jour de façon synchrone avec le livre. Surcouf : vend l’inverse d’un site réel sur Internet et veut mettre
    • Fabriquer à la demande en flux tendu : myfab.com est un site de fabrication à la demande. Une fois que le produit est construit et a généré assez d’intérêt on est informé sur son état de fabrication, sa livraison etc. C’est une logique d’abonnement versus une logique de vente. Le commerçant propose une fabrication à date et les prix varient.
    • NTT Docomo : malgré la crise depuis 20 ans, le Japon est extrêmement innovant. Ils viennent de lancer pas exclusivement à l’usage des jeunes, un détecteur de bons plans ; on se voit proposer un avatar, il faut être équipé d’un mobile et on vous propose toute une palette de services à la demande. 200+ fournisseurs sont dans le système. Ce n’est pas très cher et pas exclusivement destiné aux jeunes.
    • Peugeot : Avec la crise, plein d’initiatives voient le jour, avec un petit véhicule urbain avec un véritable 4 places, mais à mi chemin entre un scooter et une voiture. Renault va lancer une initiative similaire avec un produit appelé Zoe. Le volant n’est pas un volant, se conduit comme un scooter.
    • Japon :

Di git ! Video, la télévision devient interactive, Philippe Le Fressant, directeur associé chez Jap’Presse

  • Codes 2D : 1/3 du trafic des sites de marque vient des rebonds (beaucoup plus de mobiles au Japon)
  • Info choc de la semaine : -20% sur le marché de la pub en France (en 93, -3% dans la crise). Aucune baisse de 20% n’est conjoncturelle.
  • Sony annonce pour 2010 des écrans 3D relief sans lunettes
  • Télévision sur mobile : En France on se pose la question sur les normes. La particularité de la télé sur mobile au Japon ce sont les liens contextuels pour acheter le CD ou télécharger des épisodes manqués. Le modèle est gratuit, ce sont les mêmes programmes que l’on trouve sur la TV de salon. Les business modèles asiatiques sont peu convaincants et donc ceci explique le faible développement en Europe.
  • Sans contact sur mobile : existe au Japon depuis 2004. 1/3 du parc est équipé. En France, pas début avant 2010 pour les premiers terminaux. Nouveauté en Mars par Sony qui a sorti les premiers TV avec des puces NFC. On passe le mobile devant la TV et on surfe sur le site ou effectuer un paiement. On peut acheter du contenu en passant son mobile sur sa télécommande. La fin de la télévision ? Dans sa forme actuelle, avec ses rendez vous et dans sa forme actuelle. Délinéarisation de la télévision. La publicité sur Internet est archaïque, en bandeaux et en affichage. Au Japon, ils vendent du rendez vous. Un site de vidéos qui ont lancé des jeux de minuit. A minuit un popup s’ouvre et tout le monde joue. A minuit 15, autre popup et on annonce les gagnants. 40-50% de participation. Si on ne change pas les modes de publicité actuels, on continuera à faire -20% par an en Europe.
  • 20 millions de personnes au Japon qui utilisent leur télécommande comme un guide, ce qui donne aussi des infos sur ce qu’ils regardent.
  • Reconnaissance d’image vidéo : reconnaissance optique de 2ème génération. Premières présentations en France en même temps qu’au Japon. Les Mangas au Japon sont aussi pour les adultes. Pendant le générique, shooting possible. Marche sur tous types d’écrans.
  • Au Japon c’est le package des produits qui fonctionne beaucoup. C’est dommage de ne pas faire un rebond aujourd’hui
  • Site : http://justdigit.com

Crowdsourcing & nouveaux modes de communication


Ce matin, réunion à l’échangeur, organisée par experts consulting et e-laser, rue des archives. Voici ma présentation :


Bob Pearson (SMBC) et le Web 2.0 « les médias sociaux sont pour toutes les entreprises »


Bob Pearson - SMBC

Bob Pearson - SMBC

note importante : cet article est la version intégrale d’un article originellement publié sur Silicon.fr

Bob Pearson vient d’être nommé Président du Social Media Business Council, le nouveau nom du Blog Council, après avoir été, le fait est connu, vice-président des communautés des conversations de DELL. Bob a eu la gentillesse d’accepter de répondre à mes questions pour le compte de nos lecteurs de Silicon. Dans cette interview, je me focaliserai plus particulièrement sur l’expérience passée de Bob Pearson, comment celle-ci lui sera utile dans son nouveau rôle, et ses projets d’expansion du Social Media Business Council.

Silicon : le succès de vos initiatives Web 2.0 lancées pour le compte d’une entreprise leader du secteur de la high-tech mondiale est indéniable, ceci veut-il dire que les médias sociaux sont faits uniquement pour les informaticiens ?

BP : non, les médias sociaux ont pour but d’engager directement des conversations avec les clients. Ceci revêt une telle importance stratégique, que les entreprises prennent désormais le temps de construire une relation à long terme avec leurs clients au travers de ces médias sociaux. Dans nos domaines, bien des idées ont pris forme grâce à des informaticiens, pour lesquels j’ai bien sûr beaucoup de respect, mais le monde d’aujourd’hui est un monde de plus d’1,6 milliards de personnes connectées et où tous les jours, plus de 500.000 nouvelles personnes se connectent pour la première fois. Les médias sociaux prennent une place prépondérante pour nos clients aujourd’hui et dans un futur proche, cela sera aussi le cas pour les entreprises.

Silicon : à votre avis, et sur la base de votre expérience, quels sont les trois bénéfices principaux que vous, votre ancien employeur, et vos clients ont pu retirer de ces projets dans les médias sociaux ?

BP : les bénéfices pour les entreprises sont nombreux, les plus importants étant certainement l’apport de nouvelles idées, le lien entre la marque et vos clients et la révélation de la valeur de vos employés. Les médias sociaux ouvrent une remarquable fenêtre sur le monde extérieur et permettent de mieux comprendre les clients et ce qu’ils veulent. Par exemple, pourquoi faire un focus group avec 10 personnes en un seul endroit alors que vous pourriez bâtir une communauté, comme Dell ou Starbucks et recevoir des milliers d’idées et enfin écouter vos clients discuter pendant des mois ? Pour les entreprises, il est également important de faire participer ses clients à une co-création de la marque et de sa réputation en ligne. Si vous regardez vos statistiques avec attention et si vous savez où vous produits sont évalués, vous vous apercevrez rapidement pour une grande marque, il est courant que 5000 conversations lui soient liées. Posez-vous donc la question de savoir à combien de ces conversations vous avez participé réellement , et même de  combien de ces conversations vous connaissiez l’existence ? Si la réponse est zéro, cela veut dire que vous avez laissé votre marque à l’abandon. Cela mérite réflexion n’est-ce pas ?

J’ai pu également voir combien les médias sociaux à l’intérieur de l’entreprise permettent également aux employés de partager leurs idées et, pour être franc avec vous, de vous faire savoir aussi s’ils sont d’accord avec la direction que prend l’entreprise, au travers de leurs commentaires ou, dans certains cas, leur silence.

Silicon : quels sont selon vous les trois principaux facteurs clés de succès quant à la mise en place de nouveaux projets dans les médias sociaux ?

BP : j’ai entendu des gens dire « dans l’abréviation ROI(*), il faut que le R soit en minuscule et le I en majuscule ». J’aime bien cette formule. Les médias sociaux ne coûtent pas énormément d’argent, du moins pour essayer. Ce dont vous avez besoin c’est simplement de courage et de la volonté d’aller prendre part directement aux discussions avec vos clients. J’aime bien demander aux gens « à combien de vos clients parlez-vous réellement chaque jour ? » Pour trop de gens dans trop d’entreprises, la réponse est zéro.

Voilà à mon avis les trois facteurs clé de succès : Premièrement, savoir où les conversations à propos de votre marque prennent place. Deuxièmement, avoir une idée précise de la façon dont vous aller mener votre projet pour vos initiatives en ligne, et notamment en termes de règles de la transparence en Web 2.0. Troisièmement : prendre conscience du fait que les clients ont envie de vous entendre personnellement, et qu’ils n’ont pas envie d’entendre parler « l’entreprise », et donc qu’il faut personnaliser son approche. La nouvelle formule gagnante est « marque + personnalité ».

(* ROI  =  retour sur investissement, c’est à dire ce qu’un projet rapporte par rapport à ce qu’il a coûté)

Silicon : Votre club du blog Council est-il un succès et de quelle sorte de club s’agit-t-il ?

BP : les médias sociaux sont une nouvelle discipline pour les entreprises qui a un impact sur tous les employés de tous les départements de l’entreprise. En conséquence, il est important pour les leaders des médias sociaux (NDLR: originellement appelés Web 2.0) de se retrouver dans un club privé afin de pouvoir partager leurs meilleures pratiques et apprendre les uns des autres en temps réel. Il n’y a pas mieux que l’apprentissage entre homologues car il permet à des professionnels d’horizons différents d’échanger directement, même d’un secteur à l’autre. Le résultat, c’est le Blog Council, qui maintenant comprend 60 des marques les plus importantes dans le monde, dont OrangeMcDonald’sStarbucksIntelMicrosoft et Coca-Cola.

Silicon : est-ce que toutes les entreprises peuvent rejoindre le blog Council, ou est-ce qu’elles doivent remplir certains critères ?

BP : le Blog Council a été conçu pour les grandes entreprises, en général de plus de 5000 employés. La règle pour les nouveaux membres est la recherche de l’amélioration volontariste de leur présence dans les médias sociaux. Nous recherchons des membres qui veulent apprendre en posant à leurs homologues des questions, en partageant des idées et en laissant leurs égos au vestiaire.

Silicon : quels sont vos projets pour le développement du Blog Council ? Acceptez-vous de partager une information avec nos lecteurs de Silicon ? Un scoop peut-être ?

BP : Et bien pour être franc, il est clair que notre nom avait besoin d’un lifting : En fait, nous venons de le changer et maintenant notre club s’appelle le Social Media Business Council et vous pouvez nous retrouver sur Internet à l’adresse : http://www.socialmedia.org.

Silicon : certains « blogueurs qui bloquent sur les blogueurs » pour reprendre les mots d’Andy Sernovitz ont parfois des mots assez durs vis-à-vis du Blog Council, qu’aimeriez-vous leur dire ?

BP : toutes les idées sont les bienvenues. Notre objectif principal est de bâtir une nouvelle discipline autour des médias sociaux et de participer à la réussite de nos membres. Nous sommes entièrement dédiés aux conversations et nous espérons donc que tous puissent partager leurs suggestions d’amélioration (pour le bénéfice de notre association et de nos membres).

Silicon : certains analystes comme Josh Bernoff de Forrester mais aussi Seth Godin (dans son ouvrage Meatball Sundae) ont voulu démontrer que les médias sociaux n’étaient pas pour toutes les grandes entreprises. Votre opinion là-dessus ?

BP : j’ai beaucoup de respect pour le travail à la fois de Josh et de Seth. Cependant je suis en total désaccord avec ce commentaire. Les médias sociaux sont pour toutes les entreprises qui veulent améliorer leur façon d’interagir avec leurs employés et leurs clients. En interne, une entreprise à travers les médias sociaux a une chance unique de révéler le capital intellectuel de ses employés. Et ils utilisent leurs idées pour améliorer plus vite leurs produits. En fait, nous n’en sommes qu’aux balbutiements en termes de co-création avec les clients sur Internet. Imaginons en B2B par exemple, que nous puissions ouvrir de nouvelles voies de communication entre les différentes grandes entreprises pour qu’elles échangent plus efficacement par exemple.

J’ai travaillé dans trois grandes entreprises faisant partie du club restreint des Fortune 500, et j’en ai vu beaucoup d’autres. C’est ce qui me fait dire que les opportunités sont nombreuses pour toutes les entreprises de toutes les tailles.

Silicon : est-ce que le Blog Council n’est centré que sur les blogs d’entreprise ou est-ce qu’il couvre un spectre plus large ?

BP : Le Blog Council traite l’ensemble du sujet des médias sociaux et de la façon dont ils sont utilisés pour améliorer les communications avec les employés et les clients. Les médias sociaux représentent le moyen le plus direct et, dans bien des cas, le plus puissant de créer des conversations, d’apprendre, partager et construire une nouvelle forme de relation. Les entreprises leaders dans le monde se lancent dans les médias sociaux et apprennent à les utiliser efficacement. Toutes les entreprises ne comprennent pas l’importance des médias sociaux aujourd’hui, cela est normal dans un processus de transformation et n’est pas inhabituel. Cela changera avec le temps.

Merci Bob de ces réponses directes à nos questions, les lecturs de Silicon intéressés par le sujet et par le Social Media Business Council pourront se connecter sur http://socialmedia.org.

note importante : au titre de la transparence évoquée par Bob Pearson, il doit être précisé ici que l’auteur est également membre du Social Media Business Council dans lequel il représente Orange. la photographie de Bob Pearson est disponible sur Flickr à l’adresse http://www.flickr.com/photos/hyku/ ;  cette image est mise à disposition par son auteur dans le cadre de la licence Creative Common dite ‘Attribution-Share Alike 2.0‘.


événement à ne pas rater sur le crowdsourcing


Je vous donne des conseils que je ne pourrai pas suivre moi-même, car c’est la mort dans l’âme que je décide de ne pas me rendre le 1er Octobre à la Cantine pour participer à ce débat sur le Crowdsourcing. Raison suppplémentaire de ce fait pour vous inciter à y aller et pour ce faire, voici les détails de cette manifestation indispensable :

Participez au nouveau "Débat à la cantine" "Crowdsourcing: la puissance des foules au service des entreprises"
Date: Mercredi 1er Octobre 08, 17h30-20h30
Lieu: La cantine, 151 rue Montmartre, 12 passage Montmartre, Galerie des Panoramas, 75002 Paris.
Intervenants :
- Eric Hayat, Ingénieur aéronautique, Président du Groupe STERIA, groupe de propositions et d’actions Innovation, Recherche et nouvelles technologies MEDEF
- Julien Dubedout, Graphiste indépendant (www.inkboy.fr) , a contribué comme graphiste à la mise en oeuvre de la plateforme de Crowdsourcing Wilogo.
- Serge Soudoplatoff, fondateur du Club Galiée (innovation), et d’Almatropie (conseil pour les entreprises sur les aspects stratégiques d’Internet). Enseignant à l’ESCP, et à l’Hetic
- Jean-Baptiste Soufron, Avocat à la Cour, chroniqueur sur France Culture et ancien directeur juridique de la Fondation Wikimedia

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Crowdsourcing: la wikinomie appliquée


innovation conjointe sur Internetl’innovation conjointe passe à la vitesse supérieure. Un article des échos du 19/10/2007 dresse un panorama du crowdsourcing, nouveau vocable pour désigner l’innovation conjointe qui fait appel aux créatifs sur Internet.

Cela fait suite à notre article sur le système IBM Thinkplace, que nous avons posté sur ce blog il y a peu. Le système Eli Lily Innocentive est lui aussi souvent cité. Mais on pensera également aux nombreux exemples de Procter & Gamble à Goldcorp donnés par Don Tapscott dans son célèbre et récent ouvrage wikinomics.

S’il s’agit à la base de la généralisation du concept de foule intelligente (smart mobs, Howard Rheingold) à l’innovation conjointe, il faut remarquer avec la journaliste les questions ouvertes qui sont autant de freins au développement de ce type de créativité : Identification et vérification des compétences, rétribution et propriété intellectuelle, voire contrôle des fuites sont autant d’obstacles à lever avant de généraliser le développement de ces approches.

Nul doute qu’il s’agit là d’un apprentissage, mais le défi mérite d’être remarqué et si possible relevé.


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