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Voici le 3ème et dernier compte-rendu de la journée paiements en ligne issue de ma visite au emarketing forum. Pour les retardataires, voici les liens vers le 1er et le 2ème compte-rendus. Celui-ci me tient particulièrement à cœur car il s’agit du moyen de paiement Internet+ qui est une association de tous les FAI français (sauf Free) pour vendre du contenu en ligne, et qu’en 1999, j’ai été le premier client français de la société franco-israélienne i-PIN (dont la technologie a servi à construire w-ha), qui permettait de réaliser des micro-paiements. Le problème à l’époque était que je vendais du fax et de la messagerie unifiée sur Internet (et principalement sur le portail de Wanadoo qui est devenu Orange aujourd’hui) et que j’étais à la recherche de systèmes qui me permettaient soit d’accepter les micro-paiements en ligne soit de les agréger sur la facture de l’ISP. Wanadoo - précurseur mondial dans ce domaine - avait déjà un système maison qui permettait de faire ça, mais pour vendre sur Club-Internet ou en direct, je ne pouvais pas utiliser leur système. C’est pourquoi je m’étais tourné vers i-PIN qui rendait cela possible, avec des montants de commissionnements tout à fait raisonnables. Et ceci était visionnaire; quelques mois après, France Telecom rachetait la technologie i-PIN en France pour en faire w-ha et la généraliser aux autres FAI, puis Internet+ est né qui a permis de rendre ce mode de paiement encore plus universel. Qu’en est-il 9 ans plus tard ? Ce compte-rendu est là pour vous en donner une image la plus fidèle possible avec des chiffres et - en annexe - un communiqué de presse complet (en format pdf). Les chiffres sont impressionnants, il ne manque plus à Internet+ de s’internationaliser. Une belle réussite.
Note importante: ce compte-rendu a été également utilisé en appui de mon cours sur les paiements en ligne du mba ebusiness d’ESG Paris, dont une copie se trouve en ligne à l’adresse suivante.

compte-rendu le présentation Internet+: intervention de Laurent Prévost : responsable commercial indirect chez Orange

  • le panier moyen d’Internet+ est de €2.88 et il est en progression
  • Internet+ est une initiative des fournisseurs d’accès Internet (FAI) : AOL., Orange, club Internet, Allice, neuf Cegetel etc., sauf Free
  • 13 millions d’abonnés aux FAI sont concernés
  • Une ergonomie commune, s’y ajoute une charte de confiance, et un modèle économique attractif :
    • le but de développer les achats numériques sur Internet
  • Internet+ permet les achats d’impulsion en 2 clics
    • le visionnage se fait en temps réel
    • Il y a un double affichage de marque :
      • Internet+ et celle du fournisseur d’accès Internet
  • Internet+ représente 80 % du marché des internautes
    • 26 millions d’internautes
    • le kit technique est commun à tous les FAI, la facture est agrégée, il n’y a pas de facturation supplémentaire.
  • Internet+ permet la facturation à l’acte et à l’abonnement.
  • Le taux de conversion est record : 82 %.
    • Sur les autres moyens de paiement, le taux de conversion n’est que de 50 %
  • Internet+ permet d’augmenter le nombre d’acheteurs.
    • Le retour sur investissement (ROI) : +20 % de Chiffre d’affaires lorsque Internet+ est installé.
  • L’abonnement se réalise en 2 clics.

Internet Plus - Laurent Prevost d’Orangedescription des paliers de paiement autorisé sur les abonnements :

  • hebdomadaire: € 5 par semaine
  • mensuel : € 30 par mois
  • trimestriel : € 30 par trimestre

fonctionnement

  • le contrôle d’accès est réalisé par le fournisseur d’accès Internet.
  • C’est lui qui est responsable de la vérification de l’utilisateur.
    • Exemple : les Échos, permettent l’achat d’un article via Internet+
    • l’accord de paiement se fait en un quart de seconde

quelques chiffres :

  • chiffre d’affaires 2007 : 20.6 millions d’euros TTC pour tous les fournisseurs d’accès Internet.
  • +16 % sur de 1006.
  • +25 % hors mobiles.
    • nb: la vente de personnalisation sur les mobiles (sonnerie etc.) est en forte décroissance

éditeurs :

  • Internet+ est passé de 21 marchands en 2005 à 214 en 2007 au 4ème trimestre
    • ceci représente 4 à 5000 sites Web
  • beaucoup de de services sont disponibles :
    • jeux : 32 % en forte progression
    • services professionnels : 15 % en progression (exemple : Infogreffe)
    • services pratiques : 43 % en progression
    • mobiles : 10 % en baisse

les actions de promotion :

  • elles se réalisent avec les fournisseurs d’accès Internet, par des opérations de marketing direct, sur les annuaires des fournisseurs externes.

l’appartement personnalisé gagnant du concours Habbo - Internet + / Internet plus

Jean Baptiste Geraud de Sulake.fr - Habbo et Internet plus +Habbo : témoignage d’un client Internet+

  • témoignage de Jean-Baptiste Géraud (photo de gauche), responsable marketing du jeu Habbo.
  • Habbo est une sorte de Second Life pour adolescents.
  • En décembre 2007 : 760,000 visiteurs uniques
  • 84 % des utilisateurs ont entre 13 et 15 ans
    • la moyenne est de 15 ans
    • ce sont des adolescents normaux, pas des technophiles
  • Internet+ permet l’achat de crédits Habbo, il s’agit d’une monnaie virtuelle.
  • Les paiements autorisés par Habbo sont :
    • le SMS, Internet+, la carte bleue.
  • Habbo accepte tous les micros paiement.
  • «plus on a de système de micro paiements, plus on a de ventes ».
  • Internet+ en novembre 2006
    • augmentation immédiate du chiffre d’affaires de 20 % le premier mois qui s’est confirmé ensuite
  • les taux de commission sont en faveur Internet+
    • le SMS : 50 % de commission,
    • Audiotel : 20 à 35 % de commission,
    • Internet+ permet des commissions beaucoup plus basses avec une augmentation des marges avérée de 71 %
  • Habbo a créé les semaines Internet+ :
    • avec des remises de 20 à 30 %
    • ce qui a bien marché, c’est un concours de design d’un salon Internet+, qui a permis de récompenser le gagnant.
  • Habbo est un site qui fonctionne en mode gratuit, seul le mobilier virtuel est payant.
  • Les internautes adolescents paient le mobilier pour personnaliser leur espace.
  • Création du salon Internet+:
    • Un jury a voté pour le plus bel appartement Internet+.
    • l’objectif était de promouvoir Internet+ versus les SMS :
    • ce système permet une meilleure marge pour le vendeur, les utilisateurs aiment bien ce mode de paiement, et pour ce qui concerne la fraude, les parents peuvent également décider de le bloquer.
  • Le système Internet+ permet en effet de limiter la fraude :
    • 0.2 % seulement de transactions contestées.
    • Même hors Internet+, les adolescents sont très honnêtes, et demandent l’autorisation des parents, avant qu’il y ait réclamation
  • le seul problème d’Internet+ est l’incapacité de vendre hors de France.
  • La facturation sur agrégation de la facture du fournisseur d’accès Internet est en effet une spécificité française.

questions & réponses

  • Free: les discussions sont en cours, ils sont invités, mais ils préfèrent ne pas venir.
  • La technologie sous-jacente est la technologie iPIN et W-HA.
    • W-HA est une filiale d’Orange.
  • Pourquoi y a-t-il une baisse des téléchargements mobiles ?
    • Celle-ci s’explique probablement du fait des abus des éditeurs
      • qui vendaient les sonneries trop cher,
      • par la facilité du bricolage personnalisé d’une sonnerie à partir d’un fichier MP3,
      • de la fin d’une mode,
      • et du remplacement de cette mode par les jeux sur mobile.
  • Pour contacter Internet+:
  • horaires d’achat :
    • entre 20 heures et 22 h 30 on observe un pic
  • il y a deux ans, la limite des achats était à €15.
    • Elle est passée à 30 août aujourd’hui.
    • Elle pourrait passer à €60, mais nous ne désirons pas provoquer de mauvaises surprises sur l’internaute qui se verrait ainsi payer son abonnement Internet deux ou trois fois plus cher que ce qui est annoncé dans les publicités à 30 €
  • Internet+ est plus sécurisant pour l’acheteur, et la répudiation ne dépasse pas 04 à 0.5 %.

Voici un événement que les lecteurs de Visionarymarketing.com ne devraient rater sous aucun prétexte. Si l’innovation est à la mode, que dire du phénomène 2.0. Il est vrai que si vous êtes fidèle à ces pages, vous êtes forcément tombés sur des articles ou des cours qui en débattaient. Une des dernière née des vagues 2.0 est celle intitulée Entreprise 2.0, terme par lequel on doit communément entendre que non seulement les technologies et les outils de la collaboration (blogs, wikis, cms collaboratif, présence et IM, sans oublier la web conférence, la téléprésence, etc.) envahissent la sphère de l’entreprise, mais aussi au-delà que le phénomène collaboratif dans son entier redéfinit - au travers de ses outils,et en dehors de ceux ci - la façon dont les gens interagissent dans l’entreprise et son éco-système.

C’est avec plaisir - et un intérêt non dissimulé d’ailleurs car je traite de ces problématiques régulièrement dans le cadre de mes activités professionnelles - que je relaie l’annonce de cet événement, organisé par notre ami François Laurent, co-président de l’ADETEM (association nationale du Marketing) [voir aussi la page des blogs marketing sur le site de l'association, où notre blog figure en bonne position derrière celui de Fred d'ailleurs] :

Fred Cavazza; keynote speaker à l’ADETEM Fred Cavazza, keynote speaker à la Journée des Etudes

Consultant indépendant et auteur du blog http://www.fredcavazza.net/, Fred Cavazza ouvrira la prochaine Journée Nationale des Etudes, organisées par l’Adetem et l’UDA* sur le thème :

Entreprise 2.0 : La collaboration comme élément moteur de l’innovation

Avec une concurrence toujours plus forte des pays en forte croissance (Chine, Inde … ), les entreprises et marques françaises doivent redoubler d’efforts pour conserver leurs parts de marché. Mais les outils traditionnellement utilisés en entreprise (email, bureautique … ) sont-ils encore adaptés aux nouveaux défis professionnelles que ses pays nous imposent (rentabilité par employés, créativité … ) ? Les méthodes et habitudes de travail sont-elles compatibles avec les nouvelles pratiques de collaboration ? La chaîne de décision de même que les systèmes de gestion de carrière favorisent-ils l’émulation de groupe ?

Les récents succès de services phares du web 2.0 (blogs, Wikipédia, … ) nous ont prouvé que la collaboration à grande échelle était non seulement possible mais également viable. La sagesse des foules, l’intelligence collective, le web comme une plateforme sont autant de notions-clés qui peuvent être exploitées au sein de l’entreprise pour en améliorer la compétitivité.

Quelles sont les évolutions majeures à apporter à vos outils et méthodes de travail ? Quel va être l’impact sur votre organisation ? Comment favoriser le travail en mode collaboratif ? …

Vastes questions attirant certainement de passionnantes réponses … lors de cette conférence d’introduction.

* La JNE se tiendra le 22 janvier 2008, dans les locaux de La Poste : 44, boulevard de Vaugirard, 75015 Paris. Pour s’inscrire en ligne :

Jean François Ruiz - fondateur de ZikiTous les acteurs du Web 2.0 se rendront en cœur au Webdeux.connect, le  rendez-vous IRL des experts de l’Internet. Je relaie cette invitation de la part de Jean François Ruiz, fondateur de Ziki (voir ici).

l’adresse du groupe facebook pour s’inscrire (attention, nombre de places limité)

“C’est bon ! Nous avons la date et le lieu pour l’événement que nous vous avons promis dans ce précédent billet “Webdeux a 2 ans”. Samedi 12 janvier, de 14h à 21h30, au Bastille Design Center - 74 Boulevard Richard Lenoir - nous serons 200 à nous rencontrer IRL (in real life) à Paris pour plusieurs heures de connexions autour des sujets qui nous passionnent.

Nous sommes en train de travailler le contenu de l’événement sur le tout nouveau forum de Webdeux.info. Nous travaillons sur le thème de la musique en ligne, des blogs (mise en place monétisation référencement) et du e-commerce, de la vidéo en ligne, des places de marchés sur Internet et des usages de la mobilité 2.0. Il reste encore du contenu à faire, des domaines à explorer. Si vous avez des suggestions, n’hésitez pas c’est par ici : http://www.webdeux.info/forum/viewtopic.php?f=5&t=7.

la suite ici sur le blog webdeux.info

Web 2.0Ce vade-mecum du Web 2.0 a été originellement conçu pour répondre aux questions qui m’ont été envoyées par de grands groupes qui désiraient lancer des initiatives Web 2.0. très souvent, ces entreprises désiraient profiter de l’effet d’attraction du phénomène collaboratif sur Internet, mais ils ignoraient à la fois les critères d’évaluation du résultat, et la méthode pour l’obtenir. Ils désiraient donc obtenir du support et du conseil en accompagnement de ce projet.

 

J’ai remarqué à de maintes occasions, et ceci depuis de nombreuses années, que la motivation principale pour ce genre de projets est avant tout guidée par la mode, de par le fait que le sujet est à l’ordre du jour des médias. Mais je ne pense pas qu’une entreprise quelle qu’elle soit, se doive de lancer un projet de Web collaboratif, uniquement du fait de la mode. Non seulement cela risque d’être dangereux pour la marque et pour la réputation de l’entreprise, mais cela risque d’apporter peu de résultats satisfaisants, dans la mesure où l’on a déjà du mal à en définir les objectifs. Dans une certaine mesure, ce que l’on observe aujourd’hui avec le Web 2.0 est très proche de ce que nous avons vécu à la fin des années 90, lorsque de grandes entreprises pensaient à lancer leurs premiers sites Web. Plus d’une fois, la même question revenait, à savoir « est-ce que le Web vient en renforcement de la marque, ou en extension de celle-ci vers une autre marque ? », suivie d’une autre question connexe « dois-je courir le risque d’être à la mode maintenant, dois-je attendre un peu que le mouvement se calme, ou faut-il que je fasse mes expériences ailleurs et sous un autre nom ? ». C’est d’ailleurs pour cela, que nous avions conçu la méthode de cadrage stratégique pour Internet, disponible sur le site visionarymarketing.com, et qui semble plus que jamais remis au goût du jour du fait du phénomène collaboratif de l’Internet.

 

Les grandes entreprises sont aujourd’hui de plus en plus intéressées par ces initiatives 2.0. Rien d’étonnant à cela : le phénomène collaboratif est fascinant, et les exemples parfois spectaculaires de réussite du Buzz marketing, incitent tout naturellement les grandes entreprises à leur emboîter le pas. Reste encore à évaluer si cette initiative Web 2.0 s’inscrit dans la stratégie de l’entreprise, et surtout, cela implique que l’on définisse ce phénomène collaboratif.

 

Outre le cours de marketing sur le collaboratif (du marketing et du web 2.0 aux outils de collaboration et leur marché) que nous avons développé pour l’école supérieure de gestion de Paris en juin 2007, il nous a semblé intéressant de lister les 15 règles d’or qui permettent à notre avis aux grands entreprises de cadrer leurs démarches Web 2.0, et c’est ce que nous vous livrons dans cet article.

 

introduction: quelles caractéristiques objectives pour reconnaître un site 2.0 ?

 

Un nombre important d’histoires à succès, souvent orientées autour du buzz, et relayées par la Presse incite nombre de grandes entreprises à se lancer dans l’aventure 2.0. Ceci nécessite que l’on revienne sur la définition du Web 2.0 (voir cartographie mémétique d’O'Reilly), dont nous donnons ci-après une description résumée :

  • caractéristiques humaines :
    • l’intelligence collective : il s’agit d’un concept développé par Howard Rheingold[1] qui veut que le groupe quand il coopère, est plus fort que l’individu (concept de foule intelligente à l’opposé des préjugés).
    • L’utilisateur devient producteur : il s’agit de mettre l’utilisateur comme acteur, et non pas comme spectateur. Tout site à orientation de communication (pub), qui consisterait à asséner un message à l’utilisateur, serait donc définitivement disqualifié.
  • Caractéristiques fonctionnelles :
    • RSS : plus qu’une caractéristique technique, il s’agit d’une caractéristique fonctionnelle. RSS (real simple syndication) permet de pousser l’information vers l’utilisateur, n’a plus besoin de faire un effort pour aller la chercher. L’utilisation des flux RSS nécessite un lecteur de flux, de plus en plus intégré au navigateur Internet, ou aux barres d’outils (Google, Yahoo,…). Le développement du RSS rend enfin possible la vision d’un Internet en mode push (proactif) tel qu’il fut originellement conçu dans les années 2000.
  • Caractéristiques techniques :
    • La programmation légère et les mashups: l’idée de base, c’est qu’un site Web 2.0 se construit rapidement en prenant des objets existants, voire en récupérant des morceaux de code (ou de données) en provenance d’autres sites. Le cas le plus typique des mashups est celui des sites qui réutilisent les sites cartographiques (Google maps principalement) afin de rendre possible des services géo-localisation.
    • Le Web comme plate-forme : il s’agit d’une résurgence de ce que l’on appelait asp dans les années 2000. Il s’agit donc d’utiliser le réseau comme référentiel, et d’éviter des logiciels lourds (voir point précédent).

Stricto sensu, il n’existe pas de définition objective du Web 2.0. Dans cette catégorie (voir le catalogue complet à l’adresse http://www.go2web20.net/) on va donc retrouver tout un tas de sites qui n’ont rien à voir les uns avec les autres, car ce concept 2.0 est en fait postérieur à la création de beaucoup de ces sites. Il s’agit plus pour ce « nouvel » Internet, de revendiquer un état d’esprit libertaire, ouvert, « échangiste[2] », et respectueux de l’individu comme contributeur dans un groupe.

 

En résumé, pour une grande entreprise, une grande marque, qui désirerait embrasser le principe du Web 2.0, la problématique est plus une problématique de culture d’une problématique technique, cela implique qu’elle abandonne la tendance naturelle des grandes entreprises à niveler les différences, à l’opacité, à la paranoïa et à la réduction de tout ce qui pourrait nuire à la marque. En d’autres termes, pour une grande entreprise qui voudrait se lancer sur le Web 2.0, il faut se préparer mentalement, techniquement et organisationnellement à affronter la suggestion, la critique, voire même la destruction de façon totalement transparente. Toute tentative d’embrasser le Web 2.0 de façon détournée, peut également faire l’objet de critiques très négatives sur Internet, et qui peuvent circuler largement avec des impacts sur la marque non négligeables.

 

Des outils dits de reputation management ou web sentiment analysis tel que flair (développé par Orange labs SF) permettent - avec la prestation d’accompagnement qio va avec - le suivi et la prévention du buzz sur Internet (signaux positifs ou négatifs). Cet aspect est souvent voire toujours négligé par les grandes entreprises qui voient dans Internet un média quasi traditionnel où l’on délivre un message du haut vers le bas, ce qu’à l’évidence il n’est pas.

 

15 règles d’or pour réussir un site (réellement) participatif ?

 

La question est donc moins de savoir si le site est un site Web 2.0 (puisqu’il n’y a pas véritablement de définition), mais de savoir si ce site respecte ne respecte pas les principes élémentaires du Web collaboratif :

 

1. l’utilisateur ne vient pas par hasard : il ne suffit pas de mettre un forum, de laisser entrer des commentaires, de rajouter un peu de technique, pour transformer un site plaquette en un site interactif et collaboratif. L’utilisateur, l’internaute ne vient jamais par hasard sur un site. Penser cela, c’est se condamner à se trouver à la tête une coquille vide qui n’a de participative à la base que le nom.

 

2. ne pas confondre commentaires et collaboration : un commentaire est une réaction, une collaboration est un travail en commun, dont l’initiative peut voire doit revenir à la base.

 

3. animer, animer, animer : pour créer un site de collaborations efficace, il faut sans arrêt et surtout au début de l’opération amorcer la pompe de façon considérable, en créant un corpus de contenu (attention ! du vrai contenu, pas des plaquettes) qui va attirer l’utilisateur.

 

4. mettre sa marque en accord avec l’esprit 2.0 : le Web 2.0, nous l’avons déjà vu c’est un esprit. Il faut tenir compte de la marque, et de sa capacité à endosser cet esprit. En d’autres termes, il faut éviter de « mettre ses habits du dimanche ». Si la marque est incompatible avec une expérience de ce genre, il est conseillé d’en créer une autre, ou le de la décliner.

 

5. éviter de parler de ses produits : l’utilisateur 2.0 vient pour récupérer de l’information, pour échanger, pour partager, pour recevoir aussi, il ne vient pas pour regarder une plaquette produit. Sinon, il irait directement sur votre site plaquette produit (à supposer qu’une plaquette serve à vendre des produits).

 

6. embrasser les grandes causes : les passions émergent souvent (toujours ?) des grandes causes, pas des petits produits.

 

7. ménager un bénéfice non pour votre entreprise mais pour le visiteur : n’oubliez pas de servir l’utilisateur, c’est pour ça qu’il viendra et reviendra. Si vous ne pensez qu’à vous, vous serez les seuls à aller voir votre site.

 

8. ouverture et transparence : le Web collaboratif ne permet pas l’opacité. La langue de bois. La réclame sur Internet. Oublier cette règle de base, vous expose au mieux à l’indifférence, au pire à la critique la plus acerbe.

 

9. le ton et le style : éviter le style ampoulé et les grandes phrases des agences de communication qui prennent les utilisateurs pour des enfants ou pire. Le Web 2.0 implique que l’utilisateur-acteur est respecté dans son intelligence et qu’on lui fait confiance.

 

10. réactivité, spontanéité : si une suggestion ou un commentaire est mis en ligne, il faut y répondre tout de suite. C’est la dictature du temps réel. Si l’utilisateur-acteur sent que ces suggestions ne sont pas prises au sérieux, ou trop tard, il se découragera une reviendra plus, voire il dira de mal de vous dans son blog. La spontanéité et la réactivité sont la politesse du 2.0 car il démontre l’intérêt que l’entreprise porte à l’utilisateur-acteur.

 

11. abondance et fluidité de l’information : le Web collaboratif implique la richesse du contenu. Lancer un site collaboratif ne avec deux commentaires qui se battent en duel, expose la société responsable à des critiques voire des ricanements.

 

12. éthique et probité : éviter à tout prix les faux blogs (flogs ou fake blogs), les faux blogueurs, et toute tentative propre à essayer de tromper l’utilisateur. Il est fort à parier que cela sera découvert rapidement, et les représailles seront impitoyables (voir l’exemple du site Sony pour la PSP à Noël 2006[3])

 

13. modernité et technicité (geekiness) : souvent, les grandes entreprises perdent pied avec la réalité du monde de l’Internet, car elles sont éloignées (Ou leurs informaticiens sont éloignés) de la réalité est collaboratif de l’informatique moderne. Rien de pire qu’une entreprise voulant se lancer dans le Web 2.0 qui tenterait de singer les expériences connues (SL par exemple) avec un résultat approximatif. Dans le Web 2.0, les techniques de développement sont-elles aussi Web 2.0 : logiciels libres, ramassions collaboratif, réunion de créativité collaboratif horizontal et non hiérarchique (barcamps et toutes leurs déclinaisons).

 

14. immersion totale : éviter à tout prix les environnements faussement 3D qui rappellent les premiers développements du début des années 90. Si l’objectif et de fournir une expérience en immersion totale (on parle alors de Web 3.0 et non plus 2.0, voir fredcavazza.net), il faut jouer le jeu jusqu’au bout. Cela implique que l’on recrée de zéro un méta univers de type S. L., ou plus pragmatiquement, que l’on investisse massivement dents est elle pour y faire du marketing immersif.

 

15. enfin, dernière règle et non des moindres, respecter à la lettre les 14 règles précédentes n’est rien, comme toujours quand il s’agit de systèmes d’information marketing, si vous n’êtes pas capables d’exécuter correctement ces règles dans la réalité. En d’autres termes, tout est une question d’exécution et de manière, pas seulement de contenu. Il est à répéter encore une fois que le Web 2.0 est une question d’état d’esprit, pas seulement de respect formel de règles ou de principes.

 

notre recommandation : poser la vraie question, apporter la vraie réponse

 

la véritable question pour l’entreprise n’est pas de savoir si elle doit absolument créer un site Web 2.0, si tant est qu’on sache que c’est vraiment, mais de savoir comment votre entreprise peut tirer un bénéfice, qui soit également partagé par l’utilisateur, d’une démarche collaborative sur Internet.

 

Ceci amène à se reposer la question fondamentale de la stratégie de l’entreprise en question sur Internet, qui est n’est pas sans lien sur sa stratégie hors de l’Internet. Il est fort à parier que sur Internet et dans un environnement collaboratif où les utilisateurs sont libres de s’exprimer, les questions qui fâchent, surtout en ces temps où l’écologie fait un come-back - ressurgissent naturellement à la surface. Et ceci sans évoquer la présence éventuelle voire probable des groupes de pressions …

 

Notre recommandation se décline donc en quatre temps :

  • temps 1: définir la stratégie Internet de votre entreprise, définir ses objectifs dans un site collaboratif, et ce qui peut déterminer le succès d’une telle opération. On définira également les garde-fous, qui protégeront la marque, et sa réputation. On définira la marge de manœuvre, les soutiens et les sponsorings internes et externes. On ciblera un sujet (prendre l’exemple d’axasante.fr qui a choisi la prévention médicale. une grande cause peut produire de grands effets). On évaluera également les questions de branding (voir la remarque sur l’adéquation à la marque dans les 15 points ci-dessus), et les alliances possibles avec des associations.
  • temps 2: en déduire les dispositifs nécessaires pour remplir ses objectifs, avant de sauter à la solution technique qui ne résout rien. « Infiltrer[4] » les milieux autorisés, prendre des avis des experts du Web 2.0 et les inclure dans le dispositif dans un mode co-créatif (pas extérieur). Impliquer enfin des clients internautes de votre entreprise, car ils se sentiront concernés par la co-conception d’une aventure 2.0 bénéfique à eux-mêmes et en bout de chaîne, bénéfiques à votre entreprise. Le stade ultime de la co-création étant celui qui allie la participation de vrais clients (attention, on ne parle pas de focus groups ici)
  • temps 3: tester dans une première version et sur un échantillon restreint mais conséquent, en grandeur nature afin de faire les premiers pas, et de mettre au point la plate-forme. Transformer cette plate-forme en outils de test de temps réel, en impliquant les blogueurs et acteurs influents du 2.0, non seulement pour analyser et avaliser une solution de communication, mais pour les faire participer à cette aventure. Ceci peut éventuellement nécessiter une rémunération ou une rétribution (pas forcément monétaire d’ailleurs). Mettre ainsi en place un processus d’accompagnement systématique qui permette de contrôler et de corriger le dispositif offert à mesure.
  • temps 4: en parallèle, abandonner, si elle existe, toute idée d’une fausse expérience immersive en faux 3D, et - si c’est l’objectif - complémenter la démarche en investissant de façon conséquente et concertée avec le panel de blogueurs influents cités précédemment, sur second life.

Point important à noter : l’acceptation préalable de la transparence par votre entreprise est indispensable à ce projet, avant même de se lancer. L’acceptation de cette transparence, pourrait au contraire vous propulser au rang des bons élèves de la blogosphère et de l’Internet et du Pinko Marketing.

 


[1] L’intelligence collective, issu du livre de Howard Rheingold Smart Mobs, prête aussi le flanc à beaucoup de critiques : http://www.scienceshumaines.com/le-mythe-de-l-intelligence-collective_fr_5612.html[2] au sens des mashups et les emprunts qui peuvent être faits entre sites[3] http://ygourven2.online.fr/webcom/mbaesg/ppt/mbaesg-collaboration-1-76.htm et le site de Consumerist.com à http://consumerist.com/consumer/alliwantforxmasisapsp/lucky-golden-shit-awards-shipped-233455.php[4] de façon ouverte et sans arrière pensée cependant

 

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