Archives de Tag: marketing 2.0

médias sociaux : place à la guerre économique


la lecture du jour …

Ce qui a attiré mon attention, c’est cet article remarquable de Cyrille Frank (repéré via Christophe Asselin de Digimind sur Twitter) qui montre que le terrain de jeu des médias sociaux se déplace. Le fameux "klout" déjà maintes fois débattu sur ce blog devient le terrain de jeu non pas seulement de l’influence mais purement et simplement de l’accès aux avantages, aux meilleurs prix, et de l’employabilité … et donc un enjeu d’éducation … et de pérennité économique pour les Etats. A méditer en ces temps de pré campagne électorales où les médias sociaux me semblent extrêmement discrets, à l’inverse de ce qui s’est passé en 2007. Le temps de la poésie sur les médias sociaux est révolu, de la même façon que la bascule s’est effectuée vers le Web marchand au début des années 2000.

[image "economic warfare"  AttributionNoncommercialShare Alike Some rights reserved par Truthout.org

Mais les usages se déplaçant sur les réseaux sociaux, il fallait trouver de nouveaux critères d’influence. Et les marques ont élu Klout en la matière, quoi qu’on puisse penser de ce choix douteux pour mesurer l’influence sociale. En offrant des avantages à ceux qui dépassent un certain score, elles ne font que renouer l’alliance avec les fameux influenceurs, espérant bénéficier par la suite de leurs relais, car ils ne manqueront pas de s’en gargariser. Les employeurs aussi s’intéressent à la performance sociale de leurs futures recrues. Et privilégient déjà ceux qui ont su développer une certaine audience et dont ils espèrent bien profiter pour diffuser leurs messages, trouver des collaborateurs etc. La compétition au départ purement symbolique pour capter l’attention devient donc de plus en plus concrète. Il y a désormais de vrais enjeux économiques : trouver un job, payer ses achats moins cher… A l’heure où les inégalités de revenus reviennent au centre des préoccupations conjoncturelles de nos élus, cette nouvelle forme de sélection devrait les alerter. Non pas pour tâcher de le réglementer bêtement, par une loi inepte de non-discrimination Twitter à l’embauche. Mais en mettant les moyens sur l’éducation et la formation aux outils sociaux, à commencer par les employés du Pôle emploi. Cyrille Frank aka Cyceron via Klout, la bataille sociale se durcit » Médiaculture.


produit de l’année : et si les clients se moquaient de vos innovations ?!


La lecture du jour …

Est celle du blog de notre ami François Laurent, qui pose la question – bien pertinente – de savoir si l’innovation est effectivement ce que recherchent les clients. Ce qui nous ramène à la perception du marketing par ces mêmes clients? Au fait, aurions-nous un exemple de produit qui n’a pas changé depuis toujours (indice sur la gauche) ?

Les vrais questions sont de deux ordres.

D’ordre méthodologique, tout d’abord : les gens qui répondent aux enquêtes d’opinion sont-ils réellement représentatifs de la population étudiée ? Leurs réponses recoupent-elles celles des non répondants ? Impossible de savoir… La profession ne fera pas l’impasse d’une réflexion de fond sur le sujet : Web 2.0, c’est aussi un pavé dans la mare !

D’ordre sociétal, ensuite : l’élection des Produits de l’Année se fonde sur l’idée que l’innovation constitue la pierre angulaire du marketing ; et que sa capacité à sans cesse lancer de nouveaux produits exprime la bonne santé d’une marque – et en ce sens, il est logique de chercher à recueillir les suffrages des 10000 panélistes constituant le jury.

Peut-être serait-il temps de se demander si l’innovation constitue – ou non – un réel vecteur marketing… ou en d’autres termes si les consommateurs s’en soucient réellement!

via Innovation : cherchez l’erreur ! : Marketing Is Dead.


social CRM et relation client, la fusion (2/2)


cet article fut originellement écrit pour le blog d’Orange Business Services. il s’agit de la 2ème partie de cet article qui peut être reconstitué en tapant le code http://bit.ly/acticalldigimindcrm dans la barre d’adresse de votre navigateur.

Christophe Asseline et Arnaud de LacosteVoici, comme promis, la suite de notre compte-rendu de la conférence de i-expo de mai 2011. L’introduction de Christophe Junot a eu pour mérite de poser le débat : « la veille, une fois mise en place, la réflexion des clients est souvent : « et maintenant qu’en fait-on ? ». Je ne peux qu’être d’accord, j’y reviendrai bientôt d’ailleurs dans ces colonnes, alors voyons ici même l’expérience d’Acticall en détail.

un partenariat Digimind/Acticall arrivé par Twitter !

handshake-largeComment ce partenariat s’est-il monté ? Par Twitter tout simplement ! Via un tweet d’un client anonyme (ou presque, puisqu’on connaît son nom : Jérôme Benoît, même s’il semble avoir disparu ou avoir rendu son profil privé depuis) qui aurait reçu son iPhone 4 et qui aurait manifesté, sur le site de micro blogging, son insatisfaction quant au délai d’activation de sa ligne. Après différentes discussions privées entre l’opérateur et ce client, ce dernier aurait obtenu enfin satisfaction et se serait répandu en louanges sur le réseau pour célébrer la marque de son opérateur. Ainsi, selon les présentateurs, ce serait « 70 % des internautes [qui] accordent de l’importance aux avis des autres clients avant d’acheter ». On avance également que Jeff Bezos (patron d’Amazon), à qui on prête décidément beaucoup de paroles invérifiables, prétendrait aussi que les clients mécontents sont 1000 fois plus influents que les clients satisfaits, même si de l’avis même des présentateurs, ceci est invérifiable.

marketers français : 80% des consommateurs français souhaitent parler avec vous !

2.0-largeTout ceci concourt donc à l’importance du réseau et des discussions des clients entre eux : « Les clients dialoguaient auparavant avec vous », insistent Christophe Asselin et Arnaud de Lacoste, mais maintenant « ils dialoguent à propos de vous ». La formule est particulièrement percutante. Selon les présentateurs d’ailleurs, « 8 Français sur 10 souhaitent en effet dialoguer avec leurs marques sur Internet ».

un langage parfois « fleuri »

Toutefois, le langage utilisé par ces clients peut être très imagé, voire « fleuri », nous préviennent les présentateurs ; les fautes d’orthographe peuvent poser aussi de graves problèmes de recherche et de veille. Mais, les clients peuvent aussi être très positifs sur une marque un jour, et en dénigrer les délais de livraison quelques jours plus tard. L’analyse dite de « sentiment » (ou de "tonalité" en Français) n’est donc pas quelque chose d’uniforme.

Acticall et Digimind ont ainsi déterminé les étapes de la mise en place d’une veille active. Celles-ci sont au nombre de 3 et impliquent des acteurs différents à chaque étape :

  1. mettre une brique de veille (éditeur) ;
  2. promouvoir les marques et animer les communautés (les agences) [*] ;
  3. appropriation par les directions de la relation client (DRC), en parallèle des agences (CRM).

[*] ndlr : j’apporterais bien quelques nuances sur ce point, si je ne l’avais déjà fait avec Hervé Kabla au travers de notre ouvrage les médias sociaux expliqués à mon boss paru en février 2011 aux éditions Kawa.

en découlent 3 problématiques bien distinctes

  1. un enjeu de volume (les professionnels du CRM sont seuls à savoir monter en charge) ;
  2. l’information clients est possédée par la direction de la relation client (DRC) également ;
  3. les processus de la relation client sont aussi dans la DRC.

La conclusion de Digimind et Acticall, même si c’est un peu la dinde qui vote pour Noël, c’est que la direction de la relation client est seul acteur légitime pour effectuer cette veille et y répondre. Je ferai remarquer, tout ceci est également en phase avec ma recommandation dans le cadre du livre blanc de la relation client paru en début d’année (http://tendances-crm.com).

Ces problématiques impliquent elles-mêmes 2 défis majeurs : comment collecter et comment dialoguer. Voyons-en les détails ici avec Acticall & Digimind :

la collecte : 3 points cruciaux

Selon les présentateurs, le volume moyen dans une société comme AXA par exemple, est de 35 000 informations par mois, mais celui-ci est monté à 150 000 informations avec l’affaire Skyrock. Il faut donc être capable de répondre à une pareille montée en charge, ce qui veut dire :

  1. avoir un outil capable de gérer ce volume ;
  2. adopter une méthodologie pour pouvoir l’analyser ;
  3. adapter sa cible pour ne pas seulement inclure les réseaux sociaux, Facebook et Twitter, mais aussi et surtout les forums (très forts en France) et les autres formes plus traditionnelles qui cohabitent.

Sur le plan de l’outil, pour analyser et donner du sens il faut pouvoir agir en temps réel :

l’analyse graphique est possible, mais en fin de compte « c’est l’humain qui va produire l’analyse » insistent à juste titre nos experts. Vient ensuite l’analyse de tonalité ("sentiment" en Anglais) : qui s’exprime ? Geeks ? Clients ? Prospect chaud ou froid ? Activiste ?…

aider à détecter les tendances

Il faut ensuite une méthodologie. Acticall et Digimind propose une approche qualitative qui permette de se focaliser : sur le top 200/100 des blogs, le Top 50 des forums, Top 20 des tweets et les sites de Presse les plus repris. L’intérêt de procéder par panel, selon les présentateurs, est de comparer le comparable. Mais le plus important selon eux est de savoir capter le temps réel et pour ce faire il faut interroger aussi les moteurs de sites, directement sur les portails surveillés

Mais tout ceci crée un autre souci : comment éliminer le bruit ? ! [**] C’est pour ceci qu’il faut donc des outils puissants mais aussi et surtout des analyses humaines poussées.

[**] ndlr : c’est là le nœud du problème, j’y reviendrai très bientôt dans ces colonnes

Lire la suite


10 idées reçues du marketing dans les médias sociaux (10/10)


Et voici le dernier article de notre panorama des mythes liés au marketing dans les médias sociaux commencé il y a quelques semaines. si vous le désirez, vous pouvez reconstituer l’intégralité de cet article au fur et à mesure de sa parution en tapant http://bit.ly/10mythessm

(légende : un exemple à ne pas suivre …)

Idée reçue numéro 10 : je peux (mon agence peut) créer des faux profils, blogs, articles…

La solution de facilité, pour beaucoup, consiste à payer une agence et/ou des blogueurs pour peupler un site de « communauté » ou les réseaux sociaux comme Facebook, créer des faux profils, faire « vivre » des personnages de fiction, peupler de vrais blogs par de faux employés, voire même, comble de l’erreur, entrer de faux commentaires sur ses produits. Ceci est non seulement illégal, c’est dangereux, non éthique et dans la plupart des cas heureusement, inefficace et inutile. La « transparence » (disclosure en anglais) est une obligation dans les médias sociaux comme ailleurs, voire peut-être encore plus qu’ailleurs [1].

Affichez clairement qui vous êtes, pour qui vous travaillez et faites-le de façon évidente. Appliquez cette règle et imposez-la aussi à vos agences (et aux sous-traitants de vos agences !), à vos employés et aux blogueurs avec qui vous avez des relations. Pour ce faire, il suffit de télécharger la charte de la transparence de socialmedia.org dans sa traduction française réalisée par Media Aces (http://france.media-aces.org/transparence).

Enfin, pour ce qui est de vos personnages de fiction, la mention explicite précisant qu’il s’agit de personnages inventés et dont la ressemblance avec des personnes réelles serait purement fortuite etc. etc. n’est pas une option non plus. Après tout, imaginez-vous que cette mention soit juste obligatoire dans l’industrie du cinéma et du divertissement et qu’elle ne s’applique pas aux médias sociaux ? La « nouveauté » (notion toute relative) n’est pas une excuse pour s’extraire des obligations légales et éthiques.

Pour bien faire, il est souvent plus aisé de mémoriser les mauvaises pratiques, dangereuses, illégales ou tout simplement inefficaces, que d’essayer de copier les bonnes, plus complexes et plus longues à expliquer. Ces 10 idées reçues devraient vous aider à mettre votre entreprise sur les rails du marketing des médias sociaux de façon efficace, éthique et durable.

fin de l’article. si vous le désirez, vous pouvez reconstituer l’intégralité de cet article au fur et à mesure de sa parution en tapant http://bit.ly/10mythessm

[1] mes travaux et ceux de notre association sont clairement, volontairement et explicitement inspirés de l’excellent travail de notre confrère et ami Andy Sernovitz, auteur de l’excellent Word of Mouth Marketing et fondateur de Socialmedia.org


10 idées reçues du marketing dans les médias sociaux (9/10)


suite et fin de notre panorama des mythes liés au marketing dans les médias sociaux commencé il y a quelques semaines. si vous le désirez, vous pouvez reconstituer l’intégralité de cet article au fur et à mesure de sa parution en tapant http://bit.ly/10mythessm

lemmings.jpg
photo par Word Soup : http://www.wordsoup.com/blog/ 

Idée reçue numéro 9 : nous devons absolument nous lancer dans le marketing communautaire

Il n’y a, en dehors de la pression sociale, aucune obligation pour une entreprise de se lancer dans le marketing communautaire. Rien ne sert en effet de laisser critiquer ses produits et services en temps réel et de façon ouverte si vous n’en maîtrisez pas les évolutions. Si la critique est en effet source d’amélioration, alors vous retirerez un bénéfice de montrer à votre environnement que vous savez écouter. Mais si vous lancez juste des débats sur un produit et service figé ou que vous ne maîtrisez pas la résultante des débats, le résultat ne sera pas à votre avantage. Mieux vaut dans ce cas éviter de donner des bâtons pour se faire battre car il est même possible que le résultat obtenu soit pire que si vous n’aviez rien fait.

à suivre …


10 idées reçues du marketing dans les médias sociaux (8/10)


reprenons notre panorama des mythes liés au marketing dans les médias sociaux commencé la semaine précédente. si vous le désirez, vous pouvez reconstituer l’intégralité de cet article au fur et à mesure de sa parution en tapant http://bit.ly/10mythessm

baro-largeIdée reçue numéro 8 :1.000.000 de fans c’est mieux que 500.000 !

Certes, sans réseau, aucune résonance. Toutefois, croire que le nombre de fans (le terme de « suiveurs » dans Twitter est d’ailleurs plus approprié) est le seul critère serait une erreur. Je connais, pour les animer ou les suivre de près, des comptes Twitter de 3 000 qui sont plus dynamiques que d’autres de 12 000.

Les apparences sont souvent trompeuses. Ce qui compte, c’est ce qu’on y fait : un compte de 500.000 fans bloqués et sans interaction vaut moins qu’un autre de 50.000 fans où l’interaction avec les clients et l’écosystème permet de co-construire des produits, de faire des études en temps réel, d’échanger avec ses communautés et même de travailler à plusieurs partenaires pour échanger, diffuser des contenus pertinents dans le cadre de ses objectifs business.

Pas convaincus ? alors lisez 1,000 true fans et voyez vous-mêmes que peut-être 3000 est un chiffre parfois encore trop gros.

à suivre …


10 idées reçues du marketing dans les médias sociaux (7/10)


reprenons notre panorama des mythes liés au marketing dans les médias sociaux commencé  il y a 2 semaines. si vous le désirez, vous pouvez reconstituer l’intégralité de cet article au fur et à mesure de sa parution en tapant http://bit.ly/10mythessm

tv-largeIdée reçue numéro 7 : Si mon concurrent fait ça, je vais m’y lancer moi aussi

La plupart des entreprises sont obnubilées par leur concurrence directe et se complaisent en copier/coller (dans les deux sens) qui ne servent qu’à se protéger des critiques internes. Ce n’est pas ainsi qu’une marque se positionne. Le but du marketing n’est pas de faire, mais de faire « autrement » et d’imposer sa personnalité. Ma recommandation est la suivante : si votre concurrent direct vient de faire quelque chose, prenez-en le contre-pied et inventez autre chose. Quitte à essuyer les critiques à court terme, de la part de gens qui vous féliciteront à long terme. Le courage est payant.

à suivre …


déconstruction du marketing collaboratif : un livre critique et fondateur du marketing postmoderne


Il y a livre de management et livre de management. C’est à un ouvrage majeur et fondateur que nous sommes confrontés aujourd’hui, oeuvre de Bernard Cova et de ses disciples, Marie-Claude Louyot-Gallicher et Audrey Bonnemaizon. Ajoutons par transparence que je m’inscris largement dans cette mouvance initiée par Bernard et Olivier Badot dès 92 avec le néomarketing, ce livre qui a ébranlé pour toujours nos convictions héritées de l’école classique du Marketing, et m’a donné une ligne de conduite pour les 15 ans qui ont suivi. Comme pour le néomarketing, cet ouvrage fait date car – tout en renforçant la mise en avant du SOCIETING, terme avancé dès la fin de 1992 dans le néomarketing – il ajoute une dimension critique des mythologies du marketing collaboratif. Tout ceci fait de cet ouvrage un ouvrage indispensable. En voici une description et une analyse en raccourci pour nos lecteurs de Visionary Marketing.

commander le livre "marketing critique"

commander le livre "marketing critique"

À la base de l’écriture de cet ouvrage, quelques constatations faites par les auteurs : d’une part, la rémanence d’un courant dit « réactionnaire » du marketing, en réaction à tout ce qui n’est pas issu du sérail, et notamment qui vient du monde de l’Internet. Pivot de la création de ce livre, la réaction des caciques à la vue du fameux tableau de Kathy Sierra sur les différences entre vieille et nouvelle école de marketing. En filigrane, "si Kathy Sierra est une blogueuse, et non une professionnelle du marketing, cela doit vouloir dire qu’elle n’est pas sérieuse". Bernard Cova et ses disciples ont voulu nous montrer le contraire. Toutefois, ce livre va plus loin que les bricolages souvent idéologiques et préparés à la hâte, des différents récits qui se bâtissent autour des mythes et des discours auto nourris des propagateurs des pensées du marketing postmoderne (ce que Cova, Badot, Ampelio et Bucci ont décrit comme étant les panacées marketing). C’est ce qui fait l’originalité de ce livre, un ouvrage qui sort des sentiers battus et qui ose contredire les théories ambiantes, tout en défendant une vision non réactionnaire du marketing précisons-le.

Contre le marketing "colonialiste"
À la base, la critique d’une approche communautaire dite « colonialiste », métaphore qui décrit le marketing qui essaie de convaincre de force la population du bien-fondé de sa démarche, proche du marketing traditionnel, où l’entreprise reste le centre du monde. C’est à cette vision que les auteurs opposent une vision non colonialiste, basée sur le respect des communautés. Pour quiconque a travaillé sur le marketing communautaire, notamment sur Internet, cette thèse s’impose comme une évidence.

Mais c’est aussi un livre qui s’élève contre l’idéologie du marché comme unique objet d’étude, auquel il tend à substituer la société au sens large dans laquelle s’insère ce marché (d’où le terme de societing).

Contre les discours marketing postmodernes préfabriqués
Ces discours postmodernes – souvent préfabriqués – sur le consomm’acteur, le consommateur 2.0 ou encore la fameuse génération Y (souvent dénoncée dans ces pages et aussi à l’ordre du jour d’un séminaire prévu le 22 octobre malheureusement annulé pour cause de grève et qui sera bientôt reprogrammé) ont leurs limites, même si la tendance de fond – comprise par tous – d’un consommateur qui s’extrait de la mainmise du marketing manipulateur, a toujours un sens certain. Pour dépasser ce discours « idéologique » pour reprendre le mot des auteurs, ceux ci se livrent à un véritable décodage de chacune de ces tendances en les passant au crible. La conclusion est somme toute plus complexe que celle des livres de management moyens dont les piles non négligeables passent entre nos mains chaque année et qui développent une thèse, simple et linéaire : ici, pas de développement en noir et blanc, l’approche est complexe, mieux vaut s’accrocher.

Du Web 2.0 à la génération Y : personne n’y échappe
Les auteurs passent ainsi à la loupe tous les discours incantatoires autour de la prétendue mutation du consommateur, la soi-disant révolution « Y » où les jeunes viendraient tout renverser sur leur passage tels une bande de Huns et sur l’impact – plus limité dans la réalité que dans les discours – du Web 2.0 sur nos comportements quotidiens. Les faits sont têtus et les habitudes lentes à changer. N’aurions-nous pas exagéré les changements que nous vivons ? La prétendue révolution d’innovation que représente le XXIe siècle existe-t-elle vraiment ? Ie siècle de l’innovation ne fut-il pas d’ailleurs le XIXe où tout était à inventer ?

Le nouveau consommateur-collaborateur, créature des chercheurs ?
Là encore, tout le monde en prend pour son grade, jusqu’à Bernard Cova lui-même qui remet en perspective son propre travail de vulgarisateur de la sociologie, de « Marketo sociologue » selon le vocable choisi par les auteurs eux-mêmes. Tout ceci dans une savoureuse mise en abyme, discrète mais amusante (p 39).  Nous les remercions néanmoins, ces "Marketo sociologues", de traduire pour nous des ouvrages écrits dans des sabirs souvent impénétrables et de faire progresser ainsi la connaissance.

Le consommateur-collaborateur est ainsi, selon les auteurs, moins une invention que la mise en avant arbitraire par les chercheurs – peut-être sous couvert de simplification – d’une des composantes de la post modernité (elle-même, une constante depuis les années 80). Ce n’est donc pas une création, ce consommateur-collaborateur, mais plutôt une sorte d’auto prophétie : on annonce le consommateur-collaborateur, les outils de collaboration se développent donc, et par là on salue le consommateur-acteur etc. etc.

Je suis en phase largement sur ce point. Le marketing des communautés est largement exagéré. Beaucoup de marques n’ont pas et n’auront pas de communauté; malgré tous leurs efforts. Une masse de gens qui achètent un produit ne constitue pas – ou pas toujours – une communauté, mettons-nous le dans le crâne une bonne fois pour toutes. Ajoutons à cela 2 chapitres dédiés à, pour le premier, les difficultés du consommateur-collaborateur, vues de l’intérieur (cas Warhammer) – et un deuxième où les consommateurs collaborent … sans l’entreprise. Ce dernier point me paraît particulèrement important. J’ai vu des marques paniquer à cause d’une page Facebook à leur gloire, réalisée sur eux et sans eux, au lieu de s’en réjouir, d’en encourager les auteurs (quitte à leur demander de rajouter la mention "non officielle ») et de … collaborer dans le respect de la communauté et non dans cet esprit "colonialiste" dénoncé par les auteurs et si souvent rencontré. Quel imbécile préférerait payer des millions de dollars une agence pour faire moins bien ? Hélas, beaucoup. Triste état du Marketing "réactionnaire" dénoncé aussi bien souvent par François Laurent sur son blog et dans ses livres.

Ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain: cela ferait trop plaisir aux "réactionnaires"
Le phénomène de la collaboration cependant, ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain, comme je l’entends de plus en plus, en provenance des fameux "réactionnaires" dénoncés par Cova, Louyot-Gallicher et Bonnemaizon (n’arrivant pas à travailler avec les communautés, mieux vaut tirer dessus, c’est plus confortable et cela évite de se remettre en question). Ce phénomène existe bel et bien … en certains endroits et pas forcément comme les marques aimeraient cependant. Notons aussi que paradoxalement, la collaboration est certainement plus aisée en B2B, même si elle est moins spectaculaire, je l’ai signalé maintes fois, ou d’autres comme Loïc Moisand de Synthesio, même si les discours des marketeurs – et aussi de nos auteurs – reste essentiellement basé sur un marketing de la grande consommation, paré de toutes les vertus, et pourtant bien moins sophistiqué souvent que son petit frère du B2B.

En conclusion
En conclusion, cet ouvrage est un ouvrage majeur et fondateur, en ceci qu’il renforce tout en le critiquant le travail initié dès les années 90 par Bernard Cova et ses disciples. Cependant il est d’autant plus important qu’il apporte cet élément critique, véritablement démystificateur, qui est indispensable à la compréhension du monde qui nous entoure et des approches marketing qui en découlent.

Mes réserves sur le livre sont limitées et amicales (qui aime bien châtie bien): d’une part, en critiquant de façon fort justifiée les mythologies en question, à mon avis, une version anglaise de ce livre me paraît indispensable de façon à faire connaître ce travail sur la scène principalement anglo-saxonne qui contribue à alimenter ces mythologies, afin d’aller porter le fer sur ce terrain là, et non sur le terrain transalpin, déjà acquis à ces causes. Une grosse réserve également sur le titrage et l’aspect extérieur du livre qui mériterait un emballage plus percutant et graphique et un titre plus polémique, ce qui lui donnerait une meilleure visibilité sur le marché. Un peu de Marketing que diable !

Cette visibilité serait méritée, tant cet ouvrage est fondateur et profond. A acheter absolument (134 pp, 29€ seulement, 27.55€ sur Amazon)

Marketing critique : le consommateur collaborateur en question (Collection EDF R&D)

Auteur(s) : COVA Bernard, LOUYOT-GALLICHER Marie, BONNEMAIZON Audrey

Date de parution: 06-2010
Langue : FRANÇAIS
134p. 15.5×24 Broché

acheter le livre sur Amazon


réservez notre livre


le 01 février 2011, Media Aces publiera son livre "les médias sociaux expliqués à mon boss" : par Hervé Kabla et Yann Gourvennec avec des tonnes de témoignages de membres de Media Aces et des meilleurs experts français et mondiaux du domaine… Il est déjà possible de le pré-commander en ligne directement


l’Adetem reboote le Marketing le 9 décembre 2010 à Sciences Po


cliquer pour le programme

l’Adetem, sous l’impulsion de son audacieux co-président, notre ami et confrère François Laurent, on annonce la couleur : "Marketing Reloaded" – un titre qui rappellera des souvenirs aux fans de The Matrix, nous annonce tout de go que le Marketing est en mouvement et en réflexion sur sa propre existence, ses valeurs, son efficacité et son futur ; une réflexion à laquelle les lecteurs de Visionary Marketing ont été associés depuis 15 ans. Et il est vrai que cette réflexion n’est plus une chose isolée, qui concerne uniquement quelques "marketo-sociologues" échevelés. Le changement est là, on peut le palper, c’est en train de se passer : autant de raisons de venir le Jeudi 9 décembre 2010 à Sciences Po pour ne rien rater des débats d’experts, auxquels j’aurai l’honneur de participer. J’y dévoilerai d’ailleurs en exclusivité un chapitre de notre ouvrage qui sortira en début 2011 "les médias sociaux expliqués à mon boss" dans lequel notre expérience chez Orange Business Services est – avec celles des autres membres de Media-Aces - à l’honneur.

Parce que la vitesse croissante des flux d’information, l’accélération des innovations technologiques mais aussi la crise ont changé la donne pour les entreprises, le marketing est aujourd’hui directement impacté ! Pour ses 10 ans, la Journée Nationale du Marketing se devait donc dresser un bilan de l’évolution de notre fonction et de ses outils pour mieux appréhender un avenir certes encore incertain, mais très largement stimulant pour notre profession. Quel sera l’impact d’Internet et des nouvelles technologies sur les prochaines années en termes de comportement de consommation, de nouveaux usages et de création de valeur pour le marketing ? Comment s’approprier les dernières innovations pour accroître son ROI ?

La mobilité est-elle le nouvel eldorado du marketing ? Quels sont les métiers marketing de demain ? Comment le marketer peut-il concilier créativité et rentabilité sans sombrer dans la schizophrénie ? Quels nouveaux territoires notre profession doit-elle explorer et comment adapter des modèles devenus parfois inopérants ? etc. C’est à toutes ces questions et bien plus encore que l’Adetem vous invite à répondre. Car autour des meilleurs orateurs présents à Sciences-Po, partenaire officiel de cette édition anniversaire, notre association vous invite à entrer dans un processus de partage, à vous exprimer, à débattre pour vous enrichir les uns les autres.

Car nous ne pouvions évidemment prôner l’échange sans le mettre en pratique ! Bar-Camp et Twittage seront donc au rendez-vous pour que vous soyez acteur de l’événement et regagniez vos entreprises, vos marques, vos travaux de recherche le cerveau oxygéné, libre et inspiré ! Pourquoi Marketing Reloaded : parce qu’il est temps de livrer une réflexion critique sur notre métier, de ”recharger” le sens du marketing ; il faut oser abandonner des modèles inadaptés, réajuster des solutions existantes en apprenant du passé pour mieux optimiser l’avenir. Grâce au retour d’expérience de nos orateurs et à la vision prospective de nos key speakers, venez ”reloader” votre vision et votre pratique du marketing !

>> télécharger la brochure de l’Adetem "Marketing Reloaded" du 9 decembre 2010

>> inscrivez-vous ici si vous ne l’avez déjà fait


co-création et implication du consommateur à l’ordre du jour d’une table ronde au SEMO 2010


Semo 2010Je me suis rendu le mercredi 3 novembre au salon des études marketing et d’opinion à la porte Maillot, le Semo, afin d’animer une réunion sur le principe de co-création avec le consommateur qui réunissait un panel d’experts et de praticiens du domaine. Tout d’abord, Oleg Curbatov, enseignant-chercheur et maître de conférences à l’université Paris XIII, puis Nathalie Perrio-Combeaux de Harris interactive accompagnée d’Anita Hughey, directeur du département études de Henkel France, et enfin Anne Eberlé, chef de projet chez Dream Orange.

Le sujet précis de cette table ronde, était "quand l’étude devient aide à la création : les nouvelles façons d’impliquer le consommateur".

co-création et communautés, rappel de contexte

J’ai introduit le sujet en revenant sur la co-création, ce concept si nouveau et pourtant développé il y a si longtemps par Bernard Cova et Olivier Badot au début des années 90 (Le Néo-marketing). Bien des concepts lancés par Badot et Cova en ces années ont été repris maintes fois dans ce que les auteurs eux-mêmes ont appelé les "panacées marketing", notamment outre atlantique (one-to-one marketing, consomm’acteurs, co-création, crowdsourcing, wikinomics etc. etc.) autant de concepts souvent présentés comme des réinventions du marketing et qui correspondent en effet à une certaine révolution. Et pourtant ces "panacées marketing" sont remises en cause par Cova lui-même, et Marie Claude Louyot et Audrey Bonnemaizon (présentes toutes 2 dans la salle), dans le cadre d’un nouvel ouvrage paru chez Lavoisier récemment (marketing critique le consommateur créateur en question) et qui sera analysé sur ces pages (publication prévue le 15/11 au matin).

Je suis revenu sur les trois principes qui guident le marketing des communautés : la passion, l’entraide entre les membres et enfin, le bénéfice commun. Mais il faut reconnaître, qu’avant d’atteindre ce nirvana, bien des tentatives peuvent être lancées à divers niveaux, et nous en avons vu deux exemples lors de cette table ronde.

retour sur la méthodologie

 

Oleg Curbatov

 

Tout d’abord, Oleg Curbatov est revenu sur les différentes typologies d’implication du consommateur dans le processus de création du produit ou du service. co-innovation, co-promotion, co-détermination et co-production sont les différents leviers qui existent et que l’on peut actionner dans l’entreprise. "On parle beaucoup de co-création" a ajouté Oleg, "mais il s’agit d’un concept vague". Toutefois, les facteurs clés de réussite de la co-création dans les études de marché existent bel et bien : ces facteurs clés identifiés par lui sont au nombre de trois : être attentif à l’intégration du consommateur individuel dans l’entreprise et dans la communauté, être attentif aux connaissances du consommateur et à ses compétences requises pour la co-création d’études (tous les consommateurs ne sont pas compétents), intégrer le consommateur à l’expérience de co-création en fonction de ses propres ressources.

Partant de ce constat méthodologique, nous avons pu voir deux interventions intéressantes sur ce sujet, l’une, celle de Henkel et de Harris interactive, une étude de marché faisant intervenir l’interaction client en ligne, et l’autre, celle de Dream Orange, plus communautaire et basée sur la durée à l’intérieur d’une communauté high-tech.

Henkel : au-delà des études de marché classiques

 

Anita Hughey et Nathalie Perrio-Combeaux

 

L’objectif principal de Henkel était de réaliser une étude plus interactive, même si l’objectif n’était pas véritablement d’aller jusque la co-création. À l’origine, l’entreprise souhaitait aller au-delà des études traditionnelles de consommateurs qui sont, ces consommateurs, "souvent enfermés à l’intérieur de segments, de sous segments, et à l’intérieur de tests en silos (packs, pub, concept… ) qui sont limités dans le temps" nous a confié Anita. Henkel voulait, ajouta-t-elle, quelque chose de plus transverse, avec un impact direct sur les marketeurs "sans même quitter l’entreprise", au travers d’un concept fédérateur d’hygiène et de beauté, qui regroupe à la fois les produits cosmétiques et les produits d’entretien (une première sur ces sujets habituellement traités séparément).

Cette présentation fut poursuivie par Nathalie de Harris Interactive qui nous a détaillé cette étude. Celle-ci, "directement accessible aux équipes marketing depuis leur bureau", s’est inscrite dans la durée "autour d’une idée de communauté". Le parti pris de cette étude était de recourir à un échantillon représentatif de femmes "qui n’était pas nées avec une souris entre les doigts » a précisé avec humour Nathalie. Il s’agit donc d’une communauté d’études, pas de marque, basée sur un recrutement de 600 personnes sur la base d’un access panel (celui de Harris interactive, fort de 6 millions de membres au monde et 750.000 en France). Il ne s’agissait pas non plus d’une communauté de passionnés ont précisé les intéressées, mais bien d’un échantillon représentatif d’études.

Cette étude s’est réalisée sur la base d’une plate-forme d’études non signée "Henkel", car la marque du groupe ne représente pas forcément quelque chose pour les consommateurs qui connaissent beaucoup mieux les produits marque par marque (Supercroix, Le Chat etc.). L’intérêt principal de cette étude était également la capacité de permettre de revenir jour après jour afin de permettre aux membres de la communauté de communiquer entre eux dans la durée. La communauté pouvait voter sur les idées, échanger les bonnes astuces, participer à des tests (réalisés pour faire revenir les membres au travers de jeux concours, sans pour autant verser d’incentives exorbitants).

Les clés du succès soulignés par nos deux protagonistes étaient les suivants :

  1. un rassemblement de thèmes hétérogènes (détergents et cosmétiques),
  2. une richesse de contenus énorme, encore exploités aujourd’hui,
  3. un accès en temps réel déterminant qui a permis de montrer l’importance du dispositif aux responsables marketing,
  4. Une liberté quant aux quali-quanti menés en ligne, et l’innovation dans l’animation de l’étude.

Les bénéfices de l’entreprise étaient les suivants : "un beau projet d’entreprise qui remettait le consommateur au centre de l’innovation", une boîte à idées intéressante et une association du client dans un dispositif d’études à l’opposé des silos évoqués par Anita au début de sa présentation.

Les bénéfices perçus par les consommatrices étaient également nombreux : elles ont beaucoup apprécié les astuces ainsi que les quiz, elles apprécié les tests produits (une constante dans les tests immersifs, les consommateurs adorent tester les produits et qu’on leur demande leur avis) et une amélioration des liens avec l’entreprise. Côté des desiderata, les consommatrices – qu’on se refuse à appeler méngère de moins de 50 ans j’ai remarqué – auraient aimé quand même un peu plus de co-création et d’interactivité, ce sera partie remise.

Lire la suite


réunion IABC : Marques et médias sociaux : faut-il en être ou pas ?


J’ai participé le 20/10 au matin à une réunion organisée par IABC (http://france.iabc.com/fr/, l’association Internationale des communicants d’entreprise) et ceci était ma 2ème réunion IABC d’ailleurs. L’organisation était impeccable, l’ambiance sympathique, le cadre superbe et j’ai découvert Stanislas Magniant de Publicis avec mon ami Hervé Kabla. Bonne table ronde, où tout le monde se renvoyait la balle, animée de main de Maître par notre confrère et ami Canadien Matthew Fraser.

Mais en rentrant hier soir, quelle surprise ! un compte-rendu intégral et circonstancié avec photos à l’appui et tutti quanti par  Olivier Cimelière himself, sur son superbe blog. Alors lecteurs, chapeau bas, j’abandonne le micro et je passe la parole à Olivier :

J’ai participé comme auditeur à une intéressante conférence intitulée « Digital Branding: The Latest Trends and What You Need to Do About Them » qui s’est tenue le 20 octobre à Paris à l’initiative de l’association IABC France et de l’American University of Paris (AUP). Les médias sociaux sont en effet au cœur des préoccupations des communicants. Qu’ils soient en charge de marques produits ou de marques d’entreprise, la question lancinante demeure identique : faut-il céder à la « mode » des réseaux sociaux ? En d’autres termes, doit-on engager la conversation avec les internautes ou doit-on finalement se taire quand on n’a rien à dire ou à partager, voire qu’on a guère la volonté de s’investir ?

Sous la houlette de Matthew Fraser, professeur associé à l’AUP et auteur d’un ouvrage sur le sujet (Throwing Sheep in the Boardroom: How Online Social Networking Will Change Your Life, Work & World), trois experts ont débattu des dernières tendances et enseignements des expériences menées par différentes entreprises dans l’univers fascinant et fluctuant du Web 2.0. Le Blog du Communicant 2.0 vous propose un substantifique (à ses yeux !) résumé des principales interventions de Yann Gourvennec, directeur Internet & médias numériques chez Orange Business Services (ainsi que membre fondateur de l’association Media Aces en France), Hervé Kabla, président fondateur de l’agence de communication stratégique Blog Angels (et autre membre fondateur de Media Aces en France) et enfin Stanislas Magniant, directeur de stratégies digitales de Publicis Net Intelligenz.

la suite de ce post sur le blog d’Olivier Cimelière


10 + 1 recettes pour dynamiser vos événementiels grâce au numérique et aux médias sociaux (2/2)


New Picture Ceci est la suite du précédent article introduisant les principes de l’introduction des médias sociaux dans les événementiels. Cette deuxième partie est dédiée aux conseils que nous pouvons donner aux marketeurs qui désireraient intégrer les médias sociaux à leurs événements traditionnels afin d’en faire quelque chose de différent et de positionnant pour leur marque :

Recette 1 : Prendre du plaisir

Peut-être est-ce là la première recette à mémoriser : prendre du plaisir à cette forme de reportage en direct est essentiel à la qualité du rendu de l’événement, c’est ce que je retire de l’expérience aux côtés de notre ami Glenn Le Santo.

Recette 2: commencer avant l’événement

La deuxième recette est de commencer bien avant l’événement, six mois peut paraître beaucoup, mais c’est sans doute un délai nécessaire et suffisant. Cela permet de se mettre en phase, en ligne et sur place, sur les objectifs de l’événement et la place à donner aux médias sociaux.

Recette 3 : mettre les médias sociaux au service de l’événement, pas l’inverse

Les médias sociaux doivent être au service de l’événement et de ses organisateurs, pas l’inverse. En effet, la tentation serait grande de lancer une bande d’huluberlus dans ce genre de rassemblement sans ordre et sans vue à long terme, mais ce serait inutile. Certes, s’amuser est un ingrédient important, mais ça ne suffit pas. La plus grande satisfaction à l’issue de cet événement fut de constater que :

  • les clients furent impressionnés par le dispositif mis en place et en firent part aux organisateurs
  • des rendez-vous furent organisés avec certains de nos clients afin d’échanger sur notre méthodologie

Recette 4 : le hashtag est le pivot d’un événement en ligne

Dans tout événement où les médias sociaux interviennent il y a un point commun : le hashtag. Cette étiquette qui sera collée dans tous les messages sur twitter (et ailleurs). Contrairement à ce que croient les béotiens, il ne faut pas s’inscrire à un service pour créer son hashtag. Il s’agit d’un tagging spontané. C’est un avantage car aucune autorisation n’est requise, mais en même temps c’est un risque car il faut veiller à :

  1. l’unicité du tag pour éviter qu’il se confonde avec celui d’autres événements
  2. sa brièveté et sa praticité : #orangebusinesslive2010amsterdam est hors de question (Twitter n’accepte que des messages de 140 caractères) et en outre, cette étiquette est trop complexe.
  3. enfin, c’est une spécificité aux médias sociaux appliqués aux marques, il faut respecter les règles de l’entreprise. Pour nous, il est hors de question d’abréger la marque : "OBS" est une abréviation interdite, à juste titre, afin de préserver la visibilité de la marque Orange. Notre choix s’est donc porté sur #orangelive10
  4. rendre possible la continuité: #orangelive10 faisait suite à #orangelive09 de l’an dernie

New Picture (1) Recettes 5 : le buzz précède l’événement

Voilà aussi une des raisons principales qui expliquent pourquoi il faut préparer l’événement longtemps à l’avance : un buzz se monte progressivement. Il n’y a pas de génération spontanée – sauf cas particulier ou extrême – de visites sans promotion adaptée d’un contenu. Cela suppose plusieurs choses :

  1. un hashtag doit être annoncé avant l’événement
  2. il doit être partagé avec tous les blogeurs participants
  3. annoncer l’événement par petits bouts, et notamment les intervenants en annonçant leur bibliographie
  4. prévenir les blogueurs participants des articles parus au fur et à mesure pour qu’ils les relaient

Recettes 6 : le mash up, une « purée » de contenu

Construire un mash-up (exemple : http://organicorangelive.com) qui reliera tous les fils RSS de l’événement en les agrégeant. Ce mash up permettra de montrer en un seul point l’ensemble de l’activité réalisée pour l’événement par les blogueurs participants et tous les autres sites relayant l’information.

Recette 7 : rendre l’équipe médias sociaux visible

Chaque membre de l’équipe médias sociaux de l’événement doit être clairement identifié par un badge et un tee-shirt, ce qui permettra au travail de l’équipe de gagner en efficacité et en visibilité par les participants de l’événement.

Recette 8 : la connectivité et la loi de Murphy

Même pour des experts des réseaux, mettre de la connectivité sur un événement est toujours un défi. Préparer cette étape longtemps à l’avance et dédier un réseau aux blogueurs. Si l’équipe des médias sociaux met beaucoup de vidéos en ligne, prévoyez un routeur et un réseau filaire, plus puissant et plus tolérant qu’un réseau Wifi.

Recette 9 : lâcher la bride

Si vous faites venir une équipe d’experts des médias sociaux pour les enfermer dans un discours d’entreprise, vous allez faire des frustrés ou risquer de vous attirer des experts des médias sociaux, sans parler des critiques sur les articles qui auraient été publiés et qui pourrait être stigmatisés en tant que propagande. Il faut donc jouer le jeu, c’est essentiel.

Recette 10 : rendre les flux et les résultats visibles

New Picture (1)Tout ce que vous ferez en ligne ne sera peut-être pas vu par les participants physiques de l’événement. C’est pour cela que la présence d’un écran pour montrer les résultats en temps réel est aussi primordiale. Au fil de nos différentes tentatives plus ou moins réussies nous avons fini par comprendre tout ce qui était utile de faire pour réussir l’événement. Je suis sûr que nous avons beaucoup encore apprendre. Bien des erreurs que nous avons commises et commettons encore sont à l’origine de cette liste de contrôle. Après tout, on apprend aussi, surtout, de ses erreurs.

Cela est d’ailleurs la règle 11 que je vous recommande, et qu’il faudra retenir ici :

Recette 11 : rester humble et apprendre

Se souvenir des erreurs passées et savoir qu’on ne sait jamais rien… Voici la base de l’apprentissage de la réussite dans les médias sociaux car il est l’apprentissage de la vie qu’il faut garder sans cesse en tête.

note: pictures by Ben Ellis, Rob Evans, Yann Gourvennec & Hervé Kabla

autres liens intéressants :

  • les conseils de Kristen Sukalac, en toute transparence, qui tire le bilan, positif et négatif de l’événement Orange Business live 2010 du côté des médias sociaux ;
  • les 5 recommandations de Benjamin Ellis quant à la nécessité d’ajouter de mettre une dose de médias sociaux dans ce genre d’événements ;
  • la vidéo hilarante de Glenn Le Santo sur le thème de “que trouve-t-on dans le sac d’un blogueur” qui, au delà de l’anecdote et de son côté amusant, permet de se faire une check list de tout ce qu’un blogueur/reporter devrait prendre avec lui sur ce genre d’événementiels.

10 + 1 recettes pour dynamiser vos événementiels grâce au numérique et aux médias sociaux (1/2)


imageIl est coutume de dire, principalement en b2b, que rien ne vaut les contacts humains et ce n’est pas moi qui vous dirai le contraire. Jusqu’à il y a encore quelques années (mois pour certains), il y avait cependant un hiatus entre l’organisation d’un événement – spectaculaire, en face-à-face et forcément déconnecté – et la vie en ligne. L’équipe marketing, parfois snobait, plus souvent ignorait l’équipe Web, reléguée à des tâches plus subalternes de mise à jour de pages sur un site Web Corporate statique. Au mieux, réalisait-on un micro site pour « fêter » l’événement sans pour autant susciter la passion ni même faire le lien entre l’événement lui-même et le Web.

Des temps révolus

New Picture (1) Ces temps sont révolus, et c’est ce que développe Stéphane Roche, directeur des événementiels chez Orange Business Services (transparence: je dirige les sites web d’Orange Business Services et Stéphane est un collègue). « Nous ne pouvons plus concevoir un événement sans l’apport des médias sociaux » nous a-t-il confié dans cette interview (http://bit.ly/sroche2010). Prenons-donc ici un exemple concret, l’événement annuel Orange Business Live (http://orangebusiness.posterous.com) pour démontrer le phasage et les bonnes recettes qui font d’un événement relayé dans les médias sociaux une réussite.

Apprendre de ses erreurs

C’est paradoxal – et ceci très peu compris en nos contrées – pour réussir, il faut d’abord beaucoup rater ! Notre expérience de l’organisation d’événements ne s’est pas construite sans effort. Au contraire, il nous a fallu échoué de nombreuses fois avant de réussir ; d’abord en interne, puis sur des événements ouverts, et enfin sur les événements clients. Plusieurs phases ont été nécessaires.

Procéder par phases

image Orange Business Live n’est pas un événement comme les autres pour Orange Business Services ; c’est l’événement annuel qui rassemble tous nos clients venus de toute l’Europe et du Moyen-Orient et de l’Afrique. Quelques invités américains et asiatiques agrémentaient également ce grand rassemblement de professionnels des TIC. Orange Business Live est organisé tous les ans et regroupe environ 300 clients. Il prend place dans une ville d’Europe différente chaque année. C’est l’événement majeur de l’entreprise pour ses clients, et la présence des médias sociaux ne s’est pas imposée d’évidence tout de suite.

D’abord il a fallu montrer la pertinence d’un dispositif des médias sociaux

Orange Business Live ne ressemble pas à l’archétype des événements commerciaux et c’est un point fondamental : pas de grandes messes, pas de bourrage de crâne, l’événement est réalisé comme un forum de contenus, débats et séminaires, entièrement dédiés aux problématiques des directeurs des systèmes d’information (DSI) et destiné à leur apporter des solutions. En ceci, cet événement qui fait intervenir nombre de personnalités, analystes, clients, experts divers, est en lui-même un énorme apport de contenus originaux et de qualité destinés à enrichir la relation client. C’est en cela qu’il nous a semblé pertinent des médias sociaux. Ceux ci réclament des contenus riches et de qualité, les visiteurs des médias sociaux en sont demandeurs également ; l’événement pouvait donc à l’évidence servir ce but, et c’est ce que nous avons montré dès 2009 avec l’édition londonienne de ce rassemblement clients.

image La preuve par l’exemple

En juin 2009, nous avons donc amené une équipe restreinte autour de cet événement, afin de démontrer

  1. la pertinence des médias sociaux dans ce contexte (voir ci-dessus)
  2. qu’il n’y avait pas de "danger" à proprement parler, que les médias sociaux étaient plus une opportunité qu’un risque. Notre objectif était de rassurer.
  3. que nous pouvions apporter l’événement au sein de l’événement grâce à des technologies très dynamiques et de pointe : quoi de plus éloquent en termes d’innovation que de montrer qu’Orange Business Services maîtrise elle-même les technologies web 2.0 pour elle-même ?
  4. que grâce à un contenu de qualité nous pouvions créer l’événement sur Internet aussi avec un microsite sur Posterous créé pour l’occasion et qui attirera autant de visiteurs en deux jours que le site Corporate en un mois !

Affûter ses armes et passer à l’étape suivante

Passée cette étape, reste l’étape suivante, celle de la montée en charge et de l’accroissement de la visibilité sur l’événement et hors de l’événement. Cette étape suivante était l’édition 2010 d’Orange Business Live qui eut lieu les 15-17 juin 2010 à Amsterdam, aux Pays-Bas. Cette fois-ci, nous nous y sommes pris à l’avance. Six mois avant l’événement, nous avons initié des réunions de sensibilisation afin de convaincre notre équipe événementielle que les médias sociaux pouvaient les aider à rendre a encore améliorer un événement déjà exceptionnel.

Le but n’était pas de permettre la retransmission de l’événement en ligne. À terme je pense que nous y arriverons, mais ce n’était pas le sujet encore cette année. Il y avait la crainte de perdre les visiteurs à cause d’Internet ; même si je ne pense pas que ce n’est pas le cas, ni qu’il y ait un risque, ni que les deux soient incompatibles, au contraire, mais il faut encore donner du temps pour rassurer les responsables. L’objectif de la présence des médias sociaux en 2010 à Orange Business Live était de montrer en quoi et comment les médias sociaux pouvaient créer l’événement dans l’événement, une fois ceux-ci acquis, nous pouvions ensuite nous mettre à travailler …

image Le cahier des charges : un petit dessin…

L’étape suivante fut de faire… un petit dessin : il n’y a pas que dans le dicton que cela a prouvé son efficacité. Ce mini cahier des charges a permis de faire toucher du doigt la réalité du dispositif – blogueurs, studio WebTV etc. – et la réponse, positive, fut immédiate et enthousiasmante. Finie l’équipe Web et isolée réduite à mettre en ligne un contenu "validé" préfabriqué. L’aventure était devant nous, il fallait préparer l’événement.

Des résultats tangibles

Les résultats – tangibles – furent tous rendez-vous (voir cartouche), même si l’interprétation des chiffres obtenus peut prêter à discussion, nous y reviendrons un peu plus loin dans ces lignes. 15 blogueurs répondirent présents pour Orange Business Live 2010 à Amsterdam dont une majorité de Britanniques, un Belge, une Australienne, une Américaine (binationale Française) et quelques Français. L’emphase fut mise sur le caractère international de l’événement, ce qui explique la forte proportion de représentants hors de France. La plupart de ces blogueurs fut rencontrés par nous-mêmes lors de représentations et événement dédiés aux médias sociaux, principalement à l’étranger.

Pourquoi suis-je invité ?

imageTous avaient répondu favorablement. Ils avaient été recrutés pour la plupart pour leur connaissance des médias sociaux et leurs compétences en termes de reportage, certains même me demandant pourquoi ils étaient là ?

« Pourquoi vouloir de moi ici – moi qui suis un ancien journaliste sportif – je ne le sais pas, mais je crois qu’on va bien s’amuser » déclarera Glenn Le Santo, alias le pirate, car son grand-père en fut un, alors qu’il fut l’animateur incontesté de cette session événementielle. Ceci est un enseignement en tant que tel, la capacité de bien apporter l’événement dans l’événement était la principale raison de ce recrutement.

… à suivre avec la 2ème partie et ses conseils pratiques

Add to FacebookAdd to DiggAdd to Del.icio.usAdd to StumbleuponAdd to RedditAdd to BlinklistAdd to TwitterAdd to TechnoratiAdd to Yahoo BuzzAdd to Newsvine


la présentation de Media Aces en images : faire de ses clients des ambassadeurs de la marque


transformer ses clients en ambassadeurs de la marque - Orange Business Services

transformer ses clients en ambassadeurs de la marque - Orange Business Services

Transformer ses clients en ambassadeurs de la marque, telle était ma présentation lors de l’association Media Aces du 22 Juin 2010 qui eut lieu à l’école nationale d’architecture. Media Aces, dont je suis co-fondateur, est l’association française – en attendant un prochain événement européen – des entreprises impliquées dans les médias sociaux. Outre le fait d’avoir contribué à la création et à la vie de l’association, j’y représente également Orange Business Services, membre fondateur de l’association.

Voici à gauche en cliquant sur la vignette la présentation filmée par Techtoc.tv généreux sponsor et partenaire des événements Media Aces depuis le début. Je tiens à souligner l’importance de ce partenariat et de l’efficacité des équipes de Webcastory.

Si vous n’êtes pas encore inscrits à TechtocTV, allez-y de ce pas.


Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Joignez-vous à 2 231 followers

%d bloggers like this: